Obscurius : La critique du tome 1
OBSCURIUS
TOME 1. LUCY
– Date de sortie : 27/08/2026
– Éditeur : Éditions Soleil
– Scénario : Corbeyran
– Dessin : Alex Lins
– ISBN : 978-2302090880
– Nombre de Pages : 88
– Prix : 17,50 euros
DESCRIPTION
Entre action, horreur et fantastique, ce diptyque traduit le mal-être d’une civilisation à bout de souffle.
Paris, capitale en ruines sous un ciel écarlate permanent, est la proie de démons qui ont ouvert une brèche dans notre monde et pris possession des vivants. Les fantômes errent dans les rues et les humains vivent retranchés. Seule une jeune femme, Lucy, membre d’un groupe de résistants, est capable de les " absorber ".
LA CRITIQUE
Lucy a le don d’absorber les fantômes qui ont envahi Paris et les parisiens, en plus d’autres monstres arrivés via une déchirure. Lorsqu’elle rencontrera Stan, son existence en sera encore plus chamboulées et les choses vont s’accélérer quand elle va en apprendre un peu plus sur elle-même et son passé.
Un ciel rouge qui ne s’éteint jamais, un Paris en ruines, des survivants terrés dans l’ombre et des présences qui s’emparent des corps. Dès ses premières pages, Obscurius installe une ambiance de fin du monde étouffante, où l’horreur ne surgit plus de l’inconnu mais semble avoir définitivement gagné la ville.
Corbeyran entre vite dans le vif du sujet. Lucy, capable d’absorber les entités qui rôdent parmi les vivants, est aussitôt placée au cœur de l’action. Le récit ne cherche pas encore à expliquer tout son univers. Il préfère faire sentir l’urgence, la peur et l’épuisement d’un groupe qui avance sans jamais être vraiment à l’abri. Cette efficacité donne au démarrage une énergie immédiate, même si Lucy demeure pour l’instant davantage définie par son pouvoir que par son histoire personnelle.
Corbeyran nous immerge immédiatement dans un monde clos oppressant. L’aventure se déroule quasiment en huis-clos dans un Paris méconnaissable, étouffant et semblant abandonné à son triste sort. La bataille livrée par ces survivants semble perdu d’avance. Il règne une sentiment de soumission et d’abandon malgré cette envie de (sur)vivre. Et une fois de plus comme dans tous les récits post-apocalyptique, le plus grand danger pour l’homme ne vient pas uniquement des monstres, très impressionnants, mais il vient de ses congénères.
Le dessin d’Alex Lins apporte beaucoup à cette entrée en matière. Son trait nerveux, très physique, excelle dans les visages crispés, les corps en mouvement et les irruptions monstrueuses. Les cases serrées renforcent l’impression d’enfermement avant de laisser place à des vues plus larges d’une capitale dévastée. La mise en couleurs de Natália Marques joue pleinement la carte du contraste, avec des intérieurs aux tonalités froides et des extérieurs noyés dans un rouge malade qui imprègne tout le récit.
L’univers n’invente pas une nouvelle grammaire du post-apocalyptique, mais il possède déjà une vraie présence visuelle. Obscurius démarre comme un récit fantastique brutal et sans détour, porté par un décor urbain asphyxiant et une héroïne dont on attend maintenant qu’elle gagne en profondeur. Un premier contact accrocheur, qui donne envie de voir si le diptyque saura dépasser la seule efficacité de son entrée en scène.
ET FINALEMENT
Et finalement, Lucy, ce tome 1 de 80 pages d’Obscurius, plutôt long il faut le préciser pour un format franco Belge, laisse présager d’un avenir tout à fait plaisant pour cette nouvelle série de Corbeyran et Alex Lins, qui malheureusement est annoncée comme un diptyque. Mais tout est là, une histoire accrocheuse, un univers futuriste inquiétant et des dessins pour nous immerger dans ce futur dystopique, comme on peut le voir sur cette couverture aussi belle qu’effrayante. Il y a donc matière à une nouvelle série post-apocalyptique/horreur de grande envergure qu’il pourrait être intéressant de développer.
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