The Shards : Critique 1.02 Tu ne veux plus de moi ?

Date : 07 / 08 / 2026 à 11h00
Sources :

Unification


THE SHARDS

 Date de diffusion : 06/08/2026
 Plateforme de diffusion : Disney +
 Épisode : 1.02 Tu ne veux plus de moi ?
 Créée par : Ryan Murphy
 D’après : Bret Easton Ellis
 Interprètes : Igby Rigney, Homer Gere, Kaia Gerber

Bret enquête plus en profondeur sur le passé trouble de Robert et découvre des preuves choquantes.

LA CRITIQUE

Alors que notre jeunesse dorée fête on ne sait quoi dans la piscine éclairée au néon et arrosée d’alcool, l’ambiance bleutée et hypercontrastée est l’occasion d’ébats amoureux torrides, que l’on voit surtout par les yeux de Bret, dont on connaît l’interrogation sexuelle. Tout ceci lui permet de tenir son rôle, tout du moins en apparence, alors que la menace des tueurs en série plane sur la ville. Car, il n’y a pas que le tueur au doux surnom du "Chalutier" puisqu’on nous parle des Cavaliers de l’au-delà, inspirés des crimes sectaires de la famille Manson plus de 10 ans plus tôt.

Bien entendu, cela rappelle le film de Quentin Tarantino Il était une fois ... à Hollywood, dont la série de Ryan Murphy s’inspire aussi pour son récit sur les légendes du cinéma de la Côte Ouest, à l’image de l’agent et producteur Allan Carr qui apparaît ici sous d’autres traits. Assistant à Playboy Magazine avec Hugh Hefner pour qui il organisa des fêtes grandioses et orgiaques, il fut aussi l’agent de nombreuses stars comme Peter Sellers, Paul Anka, Olivia Newton-John et Tony Curtis, puis producteur de films (Grease), ou de théâtre à Broadway (La Cage aux folles). Il était un haut personnage de la "scène homosexuelle" du Hollywood de l’époque. La scène au restaurant entre Bret et le père de Debbie, qui le présente brièvement, est particulièrement "intéressante". Terry Shaffer a des vues sur le jeune Bret et ne fait pas dans la dentelle pour lui faire remarquer, sous couvert de discussions sur le cinéma. Pourtant, son attitude, représentée là proche de celle d’un prédateur, en fait un monstre aussi dangereux que le tueur en série. Son approche tordue sera sans doute plus dérangeante que les meurtres eux-mêmes (voir ceux de la série Grotesquerie, aussi de Ryan Murphy) et rappelle grandement l’affaire Epstein (il évoque d’ailleurs les massages pour adultes, dont était friand le magnat déchu). Producteur, Terry sait user de son pouvoir pour obtenir ce qu’il veut (un sport local à Hollywood, sexuellement parlant et sans, bien sûr, que cela se cantonne au milieu homosexuel, comme on le sait très bien).

À cause de tout ce qui se passe, pour l’instant en toile de fond, la paranoïa de Bret augmente, et l’épisode distille de petits indices qui pourraient déjà annoncer une partie de la suite. Le héros de la série, le narrateur, l’écrivain, a une vision prophétique précise de ce qu’il va se passer depuis l’arrivée de Robert dans son groupe d’amis. Il sait aussi que le clip vidéo est l’avenir de la musique.

En cette nuit chaude de septembre 81, alors que je n’avais que 18 ans, je l’ignorais encore et je vivais porté par l’espoir.

Tout ceci est une parabole du passage à l’âge adulte, de l’insouciance vers les peines profondes et durables. Une représentation de la dualité aussi, un thème auquel le créateur de la série est très attaché. En effet, Ryan Murphy, ne filme pas seulement des actes amoureux dans la position de la levrette, son plaisir coquin, semble-t-il, que l’on retrouve aussi ici (mais voir aussi la scène avec l’hôtesse de l’air dans l’avion de Byron Forst dans sa série précédente, The Beauty entre autres).

Après l’introduction aux personnages de l’épisode 1, il est normal que ce second nous fasse un peu plus entrer dans l’intrigue à proprement parler. Pourtant, on remarque vite une chose, si les ébats amoureux et les secrets entre jeunes adultes sont plutôt montrés en point de vue central, le fil rouge du tueur en série, qui pour l’instant navigue presque autour de la légende urbaine malgré la véracité des faits annoncés à la télévision, coule plutôt vers une narration illustrée d’images, comme si ces deux éléments n’étaient pas encore vraiment liés. Bien entendu, on pense à cette narration du film Il était une fois ... à Hollywood qui nous fera attendre en vain le meurtre de Sharon Tate. Si l’on parle d’autres rapprochements cinématographiques, une phrase de Robert (qui semble en savoir plus qu’il n’en dit) à Bret, nous rappelle, elle, l’une des intrigues de fond du premier Scream. La révélation sur le passé de Robert pourrait plutôt nous faire penser à la saga Halloween. Ce sont des indices ou de fausses pistes ? Encore trop tôt pour le dire, même si quelque chose se dessine...

Et toi tes parents, Bret, ils sont toujours en Europe ?

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