Capes : La critique du tome 1
INVINCIBLE UNIVERS - CAPES
TOME 1
– Date de sortie : 24 septembre 2026
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Robert Kirkman
– Dessin : Mark Englert
– ISBN : 978-2413096221
– Nombre de Pages : 151
– Prix : 17,95 euros
DESCRIPTION
Cette nouvelle série sort de l’esprit constamment en ébullition de Robert KIRKMAN, et se déroule dans l’univers d’INVINCIBLE. Elle propose une variation sur le thème des super-héros... Car cette fois-ci, les super-héros louent leurs services, et interviennent seulement s’ils ont un contrat en bonne et due forme et s’ils sont payés pour le faire !
Bienvenue chez Capes Inc., l’employeur de vos super-héros préférés qui protègent New York contre des pires menaces... du moins tant qu’ils sont payés pour cela ! Ces nouveaux super-héros - payés à l’heure - font des pauses syndicales et discutent conditions de travail. Ils s’appellent BOLT, KID THOR, KNOCK OUT, CAPTAIN COSMIC, CLAIRE VOYANT, BIG BRAIN ou encore COMMANDER CAPITALISME !
LA CRITIQUE
Chez Capes Inc., sauver New York est un métier. Avec des horaires, un salaire et des collègues qu’on n’a pas forcément choisis. Bolt, Kid Thor, Knockout et leurs compagnons combattent les menaces qui pèsent sur la ville, tout en composant avec les contraintes de leur entreprise.
Robert Kirkman et Mark Englert explorent ainsi un autre versant de l’univers d’Invincible, où les préoccupations professionnelles survivent très bien au port du collant.
Sauver le monde, d’accord, mais qui paie les heures supplémentaires ? Capes tire une bonne partie de son charme du décalage entre les exploits de ses personnages et leurs préoccupations ordinaires. On peut affronter une créature gigantesque et avoir des problèmes avec ses collègues. Kirkman s’amuse de cette cohabitation entre héroïsme et routine, avec une équipe dont les pouvoirs ne règlent manifestement ni les jalousies ni les complications sentimentales.
Le couple formé par Kid Thor et Knockout apporte notamment une dimension plus intime à cette comédie collective. Derrière les costumes et les plaisanteries, les personnages ont besoin d’être rassurés, reconnus et aimés. Ces moments donnent un peu de chair à des figures dont les noms et les apparences semblent parfois avoir été conçus pour servir une blague.
L’arrivée du Chronodile permet de pousser le concept dans ses retranchements. Avec un adversaire capable de perturber le temps, même le calcul d’une journée de travail devient un casse-tête. Mais les affrontements finissent aussi par laisser des traces autrement plus graves. Les pertes et la nécessité de reconstruire l’équipe donnent du poids à l’aventure. Kirkman retrouve alors un terrain qu’il affectionne, celui des conséquences humaines derrière les démonstrations de puissance. Sauver la situation ne fait d’ailleurs pas automatiquement de vous quelqu’un de fréquentable.
L’humour reste cependant inégal. Certains personnages peinent à dépasser leur fonction de caricature, et les plaisanteries appuyées peuvent émousser la satire. La bonne idée de départ ne suffit pas toujours à renouveler les situations. Capes convainc davantage lorsque les relations et les responsabilités prennent le relais du simple gag professionnel.
Mark Englert joue volontiers sur l’exagération. Les silhouettes imposantes et les menaces démesurées donnent de l’énergie aux affrontements, avec un Chronodile dont la présence écrasante fournit un véritable morceau de bravoure. Le dessin sait aussi revenir aux échanges entre personnages, indispensables pour que cette équipe existe au-delà de ses capacités de destruction.
Cette démesure a toutefois ses limites. Les anatomies outrées, notamment celles des personnages féminins, conservent un aspect daté que le travail de remaniement n’efface pas complètement. L’action reste lisible, mais les choix graphiques ne feront pas l’unanimité. Le trait fonctionne surtout lorsqu’il accompagne les changements de ton, du grotesque aux moments plus sensibles.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Capes propose une comédie héroïque dont les meilleurs moments naissent de la rencontre entre les petites contrariétés du travail et les conséquences bien réelles des combats. L’humour manque parfois de finesse et le dessin conserve quelques excès, mais les personnages gagnent en intérêt lorsque leur quotidien se fissure. Une lecture divertissante, qui trouve sa force quand la vie de bureau ne suffit plus à tenir le drame à distance.
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