Terres d’Ynuma : La critique du tome 2
TERRES D’YNUMA
2. HIJO
– Date de sortie : 19/03/2025
– Éditeur : Éditions Soleil
– Scénario : David Courtois
– Dessin : Ma Yi
– ISBN : 978-2302105607
– Nombre de Pages : 72
– Prix : 16,50 euros
DESCRIPTION
Messager le jour, espion la nuit, Hijo fend les cieux d’Ynuma pour la nation Raïda. Devenu malgré lui le protecteur d’une Elfe et d’une fillette, il n’a plus qu’une mission : survivre aux samouraïs qui les traquent.
Sur son Ten-no-Tori, Hijo sillonne les cieux d’Ynuma pour livrer messages et artefacts précieux. Marqué par un passé douloureux, il nourrit une haine tenace envers les Elfes de Kitanaë. Pourtant, quand son maître l’envoie en mission au cœur de leur cité, il ne peut refuser. Traqué, piégé, Hijo doit protéger une Elfe et une enfant... sans savoir pourquoi elles sont la clé de sa mission.
LA CRITIQUE
Hijo est l’un des légendaires coursiers raida. Il sillonne les cieux d’Ynuma sur son fidèle destrier, Ten-no-Tori, pour livrer courriers et autres marchandises. Le problème, c’est qu’il est parfois obligé de servir les Elfes, qu’il déteste depuis sa plus tendre enfance, et pour cause : ils sont à l’origine de la mort de toute sa famille. Une nouvelle fois, la situation va se dégrader avec les Elfes, mais cette fois, le jeune homme est prêt à se défendre.
Hijo, le tome 2 de Terres d’Ynuma, poursuit l’exploration de ce nouveau pan du Monde d’Aquilon avec un album centré sur un personnage pris entre loyauté, haine et survie. Il suit Hijo, messager le jour et espion la nuit, lancé dans une mission qui le conduit à protéger une Elfe et une fillette alors même qu’il nourrit une rancœur profonde envers les siens.
Sur le fond, Hijo semble vouloir déplacer le centre de gravité de la série. Là où un premier tome sert souvent à poser un décor, celui-ci paraît davantage miser sur une trajectoire intime, presque contradictoire, avec un héros enfermé dans ses réflexes, ses blessures et ses préjugés. L’idée de confronter un homme à ce qu’il déteste, puis de l’obliger à devenir le protecteur de celles qu’il aurait sans doute rejetées en d’autres circonstances, donne au récit une tension morale intéressante. Ce n’est pas seulement une fuite ou une traque : c’est aussi un récit de friction intérieure, où le personnage doit avancer contre lui-même. Le cadre d’Ynuma, avec son imaginaire d’inspiration asiatique déjà installé par la série, semble ici surtout servir à renforcer cette impression de fatalité élégante, de guerre silencieuse et de violence contenue. Le tome est plus resserré, plus nerveux, et probablement plus émotionnel que démonstratif.
Graphiquement, Ma Yi paraît particulièrement à sa place dans cet univers. Tout indique un album qui joue autant sur le souffle de l’aventure que sur la grâce de la mise en scène, avec un héros lancé dans les cieux d’Ynuma sur son Ten-no-Tori, des samouraïs lancés à ses trousses, et un habillage visuel qui semble chercher la fluidité, l’élan et la verticalité. Sur un récit pareil, le dessin ne doit pas simplement illustrer l’action, il doit faire exister un monde, lui donner une texture, une identité, une poésie martiale. C’est souvent là que ce type de fantasy trouve sa vraie singularité, non pas seulement dans son lore, mais dans sa capacité à imposer une ambiance immédiatement reconnaissable.
ET FINALEMENT
Et finalement, Terres d’Ynuma – Hijo a tout du tome de confirmation. En recentrant la série sur une figure plus tourmentée et sur une dynamique de survie à hauteur d’homme, l’album semble chercher un équilibre entre souffle épique et tension plus personnelle. Cette promesse étant tenue sur toute la longueur, ce deuxième volume pourrait bien être celui qui donne à Terres d’Ynuma sa vraie identité, celle d’une fantasy de confrontation, de mouvement et de cicatrices, où le spectaculaire n’efface jamais complètement l’humain. Un second album très sombre, sanglant, très dur, intense, mais aussi très réussi qui aura droit à une suite.
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














