Salem : La critique du tome 1 de Jerusalem
JERUSALEM
1. SALEM
– Date de sortie : 22 octobre 2025
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Jean-Pierre Pécau
– Dessin : Alexandre Jubran
– ISBN : 978-2413042877
– Nombre de Pages : 72
– Prix : 16,50 euros
DESCRIPTION
L’histoire antique et épique de l’une des cités les plus fascinantes et emblématiques au monde.
Sion, Jérusalem, Al-Qods. Fondée vers 3000 av. J.-C. cette cité abrite des lieux sacrés des trois religions du Livre : le Mur des Lamentations, le Saint- Sépulcre et la Mosquée Al-Aqsa... Le premier tome d’une ambitieuse trilogie consacrée à la naissance de cette cité millénaire, l’une des plus illustres créées par l’Homme.
LA CRITIQUE
En prenant la ville de Sion par la force, le roi David promet, une fois le roi déchu battu, de ne pas s’en prendre à la population et de faire de cette ville une ville indépendante, forte et berceau de son nouveau royaume. Découvrez la création de la ville de Jérusalem sous le règne de David et de ses descendants.
La BD nous invite aux origines de Jérusalem, alias Sion, Al-Qods, une cité fondée vers 3000 av. J.-C., qui deviendra le carrefour spirituel des trois grandes religions du Livre. Ce premier volume jette les bases de ce récit ambitieux : la naissance d’une ville-mythe, dans un monde de tribus, de divinités, de guerres et de mythes fondateurs. Et une fois de plus Pécau brille dans son domaine de prédilection : l’histoire. On y découvre une partie agitée de la vie du roi David et de ses descendants où politique, pouvoir et foi font un drôle de mélange.
Pécau s’attaque ici à un sujet vaste et chargé, la construction d’une cité légendaire, avec ses tensions entre peuples, ses contradictions religieuses et politiques. On sent l’ambition, créer une fresque qui ne se limite pas à un simple récit historique, mais qui convoque le sacré, le pouvoir, les mythes fondateurs. Le choix de démarrer par « Salem » comme appellation ancienne de la ville évoque à la fois la paix (shalem) et la dimension symbolique.
Le récit pose bien les enjeux : appropriation de la terre, affirmation du pouvoir, émergence d’un lieu-pivot. Dans ce premier tome, on peut ressentir parfois le classicisme du procédé narratif : exposition, mise en place des personnages, mise en scène des conflits. L’équilibre entre documentation et fiction est plutôt bien trouvé, mais le lecteur averti pourra attendre davantage de surprenant ou de « rupture » dans la construction.
Le dessin d’Alexandre Jubran se montre à la hauteur de l’ambition. Les traits sont soignés, les décors bien posés, offrant une belle immersion dans l’Antiquité. On ressent la pierre, la poussière, la densité d’un lieu qui se construit. L’ambiance visuelle parvient à restituer l’essence d’un site ancien, entre rudesse et sacré. Le format renforce cette impression de tableau historique. L’illustration reste globalement classique dans sa mise en page et son découpage, mais aussi très détaillée. Et la couverture est juste magnifique.
Même si la genèse de Jérusalem est un sujet ambitieux et peu traité dans la BD grand public, l’alliance scénaristique/fictive permet d’accrocher un large public (amateurs d’histoire, de mythes, de récits fondateurs). Et dotée d’un dessin immersif et très détaillé, la BD est une franche réussite, passionnante et accessible au grand public.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Salem, le tome 1 de la BD Jérusalem, est un lancement de série prometteur. Il pose les fondations d’un récit ambitieux, fascinant et passionnant, tant sur le plan historique que symbolique. Pour les lecteurs qui aiment les récits fondateurs, les grandes fresques visuelles et les intrigues qui prennent le temps de s’installer, c’est une excellente lecture. Cette tranquille montée en puissance qui laisse entrevoir de belles perspectives pour la suite.
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