Il était une fois les séries : Ma sorcière bien aimée
MA SORCIÈRE BIEN AIMÉE
– Type : Sitcom
– Titre Original : Bewitched
– Diffusion US : ABC (1964-1972)
– 1ère Diffusion Fr. : ORTF (1966)
– Épisodes : 254 x 25 minutes
– Créée par : Sol Saks
– Interprètes : Elizabeth Montgomery, Dick York, Dick Sargent, Agnes Moorehead, David White, Marion Lorne
La série suit les aventures magiques de Samantha, une sorcière, mariée à un mortel, Jean-Pierre, qui travaille dans l’agence de publicité McMann & Tate. Il refuse qu’elle utilise sa magie, alors que les situations lui imposent.
Dans ce sitcom (inspiré du film de René Clair sorti en 1942 Ma femme est une sorcière), multi-rediffusé partout dans le monde depuis 60 ans, le vaudeville est roi. Tournant principalement autour de quelques pièces de la maison des Stephens (salon, cuisine, chambre à coucher conjugale et chambre de leur fille Tabatha) et de l’agence de publicité où travaille le mari, les situations incroyables s’enchaînent à la vitesse d’une sorcière volant sur son balai.
Miroir de la société américaine des années 60, le couple représente le rêve américain de cette époque, consumériste et s’axant sur le foyer, où la femme est cantonnée.
La structure scénaristique de chaque épisode est presque toujours immuable :
Jean-Pierre présente d’abord un projet publicitaire à un important client, mais, à cause de l’effet d’un sort, échoue piteusement. Furieux, il rentre à la maison et sa femme Samantha, avec ses contre-sorts et son ingeniosité, renverse la situation après moult péripéties, sous les yeux médusés de son supérieur, Alfred Tate, qui l’avait d’abord renvoyé (ou au minimum sérieusement réprimandé).
L’amour triomphe toujours. Jean-Pierre est terriblement amoureux de sa femme, mais refuse qu’elle utilise ses pouvoirs, qui pourraient pourtant lui simplifier la vie quotidienne. Samantha, elle, est exemplaire, malgré l’autoritarisme que montre son mari sur ce point, elle l’aime au moins tout autant. C’est ce refus puis l’utilisation forcée de ceux-ci ensuite qui rend l’absurde des situations très diversifié.
Pour varier les menaces, la série fait quasiment toujours appel à la belle-mère, Endora, qui ne voulait pas d’un gendre mortel. En plus de l’appeler Jean-Piètre ou Machin-Chose, elle lui met toujours des bâtons dans les roues et n’hésiter pas à en faire son souffre-douleur.
Plus tard, apparaîtront d’autres personnages haut en couleur. Le père de Sam, Maurice, le fantasque Dr Bombay, la loufoque tante Clara, la cousine Serena (aussi interprétée par la fantastique Elizabeth Montgomery), Esmeralda, la bonne des Stephens dont les éternuements font apparaître des objets au pire moment).
L’apparition des enfants du couple Stephens (Tabatha en 1965, puis Adam en 1969), est une astuce scénaristique qui suivi les deux grossesses que connu véritablement l’actrice d’Elizabeth Montgomery pendant le tournage.
Le passage du Noir & Blanc à la couleur, à partir du 1er épisode de la troisième saison (Telle mère, telle fille -Nobody’s Perfect- en 1966, dans lequel Samantha découvre que Tabatha a aussi des pouvoirs de sorcière) fut l’occasion pour la télévision américaine de rentrer définitivement dans ce mode de diffusion. Plus tard, les deux premières saisons furent recolorisées, mais les rediffusions leur préférèrent souvent le charme désuet des anciennes versions.
La série a bien entendu connue des remakes et des adaptations (dont le film éponyme avec Nicole Kidman en 2005) dans de nombreux pays, toutes sans aucun intérêt.
Une série dérivée suivant les aventures de la fille des Stephens devenue adulte a aussi été créée en 1977, mais ne dura que 13 épisodes. Tabitha (le prénom donna Tabatha en français) y était interprétée par Lisa Hartman (Côte Ouest). Notez que dans la série originale, la jeune Tabatha fut incarnée par 5 actrices différentes, allant jusqu’à changer dans le même épisode.
Au rayon des anecdotes notables, rappelons que Jean-Pierre fut tout d’abord interprété par Dick York puis remplacé pour raison de santé par Dick Sargent, qui, au-delà de porter le même prénom, partageait une certaine ressemblance physique. Il avait d’ailleurs initialement auditionné pour ce même rôle avant le lancement de la série. Ce changement forcé coïncida avec le début de la chute des audiences.
Pour rentrer dans les détails, après un accident sur le tournage du film Ceux de Cordura (1959) avec Gary Cooper, Dick York est victime d’un grave accident qui va lui coûter sa carrière et le déranger toute sa vie. Son dos étant touché, il prend des analgésiques en grande quantité, ce qui entraînera des malaises sur le tournage de la série Ma sorcière bien-aimée, dont les retards s’accumulent.
Il ne réapparaîtra que dans les années 80, pour quelques tournages pour les séries L’Île fantastique ou Simon et Simon.
La recette de la série fait toujours effet aujourd’hui, et il est toujours agréable de retomber sur quelques épisodes, d’un charme intemporel.
Elle représente à elle seule l’histoire de la télévision et de la société américaine. Chose amusante d’ailleurs, deux éléments de la série sont à l’origine de deux expressions rentrées dans le vocabulaire de la production de série, dont nous vous avons déjà parlé : Le "Darrin syndrome" et le "Gladys Kravitz syndrome".
GÉNÉRIQUE
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.
















