Il était une fois les téléfilms : Tête d’Horloge
TÊTE D’HORLOGE
– Type : Comédie - SF
– 1ère Diffusion Fr. : ORTF 1 (1970)
– Disponibilté : INA
– Réalisateur : Jean-Paul Sassy
– Scénaristes : Jean-Paul Sassy d’après Jean Pradeau
– Interprètes : Pierre Fresnay, Claude Cerval, Paul Le Person
À Paris, comme partout dans le monde, la panique s’empare de la population quand toutes les horloges s’arrêtent purement et simplement de fonctionner. Seul Monsieur Drouin, un vieux professeur, possède encore une montre qui donne l’heure. Il se voit bien vite affublé du surnom de "Tête d’horloge".
Avec ce départ d’histoire très original, surtout dans le presque désert de la SF française (et pourtant, il y en a), ce téléfilm se sert de la comédie en milieu scolaire pour évoquer le temps qui passe, et ses effets.
Au visionnage, on pensera très vite aux œuvres avec des enseignants marquants, comme Le Maître d’école (avec Coluche, en 1981), Le Plus Beau Métier du monde (avec Gérard Depardieu, en 1996), ou bien encore L’Instit (avec Gérard Klein, à la TV dès 1993). Et il y a un peu de cela dans le rôle de Mr Drouin, ce vieux professeur qui arrive tous les matins à la même heure et se soucie grandement de son enseignement et de l’effet que cela aura sur ses élèves. Conscient du rapport de forces, il sait comment les tenir en classe, en jouant sur les fortes têtes, les véritables héros de ce téléfilm. Il voudrait entrer dans le monde de ceux qu’il apprécie et c’est ce qu’il va réussir à faire petit à petit, alors que lui et sa montre, la seule qui donne encore l’heure après la catastrophe mondiale, aussi saugrenue que soudaine, qui vit toutes les autres s’arrêter partout dans le monde.
En effet, ces doux chenapans, qui ne sont en fait qu’un groupe d’amis débrouillards comme il en existait tant d’autres avant l’avènement des smartphones, ont décidé de vendre cette heure. Gourlette, Titi-Caramel, Verjoux, Plume, Lafleur, (des noms imagés qui évoquent un peu le groupe d’enfants de Deux ans de Vacances ou de la saga Harry Potter), ont des plans pour tout et créent ainsi l’association Motus, sorte de société secrète, à la Chiche-Capon (Les Disparus de Saint-Agil) ou aux Goonies. Pour cela, ils s’adressent à un homme riche du coin, un certain Fine Faisan, qui n’a pas grand-chose à envier à Jacques Tricatel, l’industriel de la malbouffe dans L’Aile ou la Cuisse (avec Louis de Funès et Coluche en 1976).
L’ambiance est celle des rues de bord de Seine, dans un Paris aux enseignes peintes sur les murs et aux autos aux lignes rudes et aux couleurs vives, qui a presque totalement disparu. On se croirait dans certaines scènes de la série Maigret avec Jean Richard, et pour cause, cette dernière est le fleuron de la télévision de cette époque. À peu près tous les acteurs de ce téléfilm passeront par cette dernière, comme beaucoup d’autres.
Guy Tréjean qui est la voix off de Tête d’Horloge (et qui développe un humour cousin de celui de Pierre Tchernia dans son propre film de 1972, Le Viager avec Michel Serrault et Michel Galabru), Paul Le Person, Philippe Castelli ou même certains des enfants.
D’autres sont des doubleurs reconnus, comme Christian Bénard (parfois la voix d’Adam Sandler, Vincent D’Onofrio, ou Mark Dacascos, mais surtout celle de Charlie dans Les Minipouss), ou encore William Coryn (qui incarne ici le petit Verjou, et la voix française régulière de Jackie Chan, Matthew Broderick, Michael Shanks, Dylan Walsh et James Spader.
Parlons enfin de l’incarnation du rôle-titre, par l’incomparable Pierre Fresnay qui, après une formidable carrière au cinéma dans Marius, Fanny, César, La Grande Illusion, L’assassin habite au 21 et Le Corbeau entre autres, apparaîtra dans quelques téléfilms pour achever son œuvre et sa vie. Son formidable jeu passe presque entièrement par son regard malicieux et doux qu’il pose sur ses enfants, même quand ils ne sont pas directement sous ses yeux. En voyant cela, il est impossible de ne pas penser que L’Instit de Gérard Klein ne s’en inspira pas.
De jeux en complotages (contre ces "maudites nanas"), de plans de filature en espionnage, l’aventure singulière arrivera à son terme, la révélation finale du secret du professeur Tête d’Horloge, qui, tout en rêvassant et en récitant du Musset, s’ouvrira pour plonger ce téléfilm dans un conte poétique et romantique.
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