Jinx : La critique
JINX
– Date de sortie : 25/02/2026
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Brian Michael Bendis
– Dessin : Brian Michael Bendis
– ISBN : 978-2413088998
– Nombre de Pages : 410
– Prix : 32,50 euros
DESCRIPTION
Après TORSO, nous continuons d’explorer la bibliographie Polar de BRIAN MICHAEL BENDIS avec cette réédition augmentée de JINX, dans un joli pavé de plus de 400 pages au format Intégra.
Une chasseuse de primes, un escroc de bas étage et son acolyte incontrôlable forment une alliance improbable pour retrouver le butin ultime : une réserve cachée d’argent de la mafia (trois millions de dollars), indétectable et susceptible de changer leurs vies. Mais pour cet improbable trio, le vieil adage " plus d’argent égal plus de problèmes " va s’avérer prophétique.
LA CRITIQUE
Avec Jinx, réédité par Delcourt dans un volume de plus de 400 pages, Brian Michael Bendis replonge dans un polar noir tendu autour de Juliet Alameda, dite Jinx, une chasseuse de primes bientôt embarquée dans une sale histoire d’argent mafieux avec un escroc de bas étage et son acolyte incontrôlable. Et ce, toujours dans les bas-fonds de Cleveland. Le point de départ est simple, presque classique, mettre la main sur un magot de trois millions de dollars. Mais très vite, l’affaire tourne moins autour du butin que des failles morales de ceux qui pensent pouvoir s’en emparer.
Ce qui fait le sel de Jinx, ce n’est pas tant son intrigue criminelle que sa manière d’installer une tension humaine permanente. Bendis travaille déjà ce qui fera sa force, des dialogues nerveux, des rapports de force instables et une galerie de personnages qui avancent tous avec leurs intérêts, leurs mensonges et leurs blessures. Le récit n’est pas toujours d’une fluidité parfaite, et on sent parfois une œuvre encore en train de chercher sa pleine maîtrise, mais cette rugosité sert aussi le propos. Jinx ressemble à un polar urbain sale, sec, sans glamour, où l’idée même d’une sortie par l’argent semble condamnée d’avance. C’est justement cette noirceur terre-à-terre qui donne au livre sa personnalité. Delcourt le présente d’ailleurs comme une nouvelle étape dans l’exploration de la veine polar de Bendis après Torso, et cela se ressent pleinement à la lecture.
Au dessin aussi, Jinx porte les marques d’un Bendis encore en construction. Le trait n’a rien de spectaculaire ni de séduisant au premier regard, mais il colle bien à l’atmosphère du récit. L’ensemble privilégie la sécheresse, les visages fatigués, les silences lourds et un découpage très orienté vers le rythme des scènes et des échanges. Ce n’est pas une BD qui cherche la beauté plastique, elle vise plutôt l’efficacité, le malaise et l’immersion dans un univers criminel sans éclat. Ce parti pris pourra diviser, mais il participe clairement à l’identité du livre.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Jinx n’est sans doute pas le polar le plus abouti de Brian Michael Bendis, mais c’est justement ce qui le rend intéressant. On y voit déjà un auteur avec une vraie voix, un vrai sens du dialogue, et une manière très particulière de faire exister la tension entre petites frappes, losers magnifiques et rêves de rédemption impossibles. Cette réédition Delcourt permet de redécouvrir une œuvre fondatrice, imparfaite mais habitée, qui tient encore largement debout aujourd’hui pour peu qu’on aime les polars noirs plus humains que démonstratifs. Sans oublier les 60 pages de bonus qui viennent compléter cette édition.
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