Rat City : La critique du tome 1

Date : 27 / 11 / 2025 à 09h00
Sources :

Unification


RAT CITY
TOME 1

 Date de sortie : 22 octobre 2025
 Éditeur : Éditions Delcourt
 Scénario : Erica Schultz
 Dessin : Zé Carlos
 ISBN : 978-2413092162
 Nombre de Pages : 288
 Prix : 32,95 euros

DESCRIPTION

Un incroyable univers cyberpunk voit le jour avec cette nouvelle série, créée par Todd McFarlane, écrite par Erica Schultz (Moon Knight : Black, White & Blood) et dessinée par Zé Carlos (Captain America, Strange Academy).

2107 - Un futur ravagé par la guerre où des soldats transformés en cyborgs mènent des combats aussi violents qu’inutiles. Peter Cairn est un ex-soldat, amputé des deux jambes. Il dispose cependant de pouvoirs inimaginables grâces aux nanites (des nano-robots) qui activent ses prothèses de jambes. Des nanites d’un genre un peu nouveau, puisqu’ils sont mus par des pouvoirs qui empruntent autant à la magie qu’à la science...

LA CRITIQUE

En 2107, le monde est ravagé par une guerre où la technologie et la mutation se sont entremêlées. Peter Cairn, est un ancien soldat qui a perdu ses deux jambes. Au sein de Pharmatech Solution, il se fait greffer des prothèses qui lui donnent des capacités extraordinaires. Ces nanites ne sont pas de simples pièces de haute technologie, elles flirtent avec ce qui pourrait devenir de la magie, ou tout du moins franchissent la frontière entre science pure et phénoménal. Mais encore faut-il être à la hauteur de ce cadeau.

Le scénario d’Erica Schultz introduit un monde où la guerre ne semble plus avoir de sens, des cyborgs, des soldats modifiés, des conflits qui dépassent les motivations humaines classiques et une violence accrue. Cette absence de sens rend le récit à la fois brutal et fascinant, l’héroïsme traditionnel est mis à mal, remplacé par l’abandon, la survie, l’adaptation, et une technologie qui s’est retournée contre l’homme. Peter Cairn incarne cette tension, son corps brisé, ses prothèses nouvelles, son rôle flou entre victime et arme vivante. L’enjeu n’est pas seulement de vaincre un ennemi, mais aussi de se reconstruire, de questionner la réalité de cette force nouvelle, et ce que cela coûte.

L’univers mêlant science et "magie," via les nanites, offre une belle liberté narrative : on ne sait pas toujours où s’arrête la technologie et où débute le pouvoir. Cela rend l’intrigue plus riche, car au-delà des combats, se pose la question de l’identité, de la transformation, de la perte de l’humain. Et cette transformation n’est pas embellie, elle est brutale, douloureuse, pleine de doutes. Cela donne au tome 1 une ouverture forte qui promet de creuser des thèmes profonds.

En revanche, Le rythme peut paraître dense ou le monde un peu trop chargé dès l’ouverture, l’univers étant très ambitieux, la mise en place prend du temps, ce qui peut ralentir l’entrée en matière. Mais globalement, l’équilibre entre action, questionnements et construction d’un univers tient bien. On a cette impression que ce premier tome donne le cadre et annonce la suite tout en assumant d’être un récit à part entière.

Visuellement, l’album se distingue par une intensité graphique qui colle parfaitement à son univers dystopique. Le dessinateur Zé Carlos parvient à rendre à la fois l’horreur de la guerre, la froideur de la technologie et la vulnérabilité du corps humain dévasté. Les prothèses, les nanites, les ravages autour de l’homme sont dessinés avec un souci du détail qui crée un réel impact visuel. Le corps de Peter, amputé, augmenté, est une image forte, l’illustration ne l’épargne pas, ce qui renforce l’empathie pour le personnage.

Le design de l’univers, entre science-fiction dure, éléments post-apocalyptiques et touches presque magiques, est globalement cohérent et immersif. Les couleurs, les jeux de lumière et d’ombre renforcent l’ambiance lourde, sans pour autant tomber dans le glauque gratuit : il y a un équilibre. On sent que l’auteur sait jouer des contrastes pour donner à voir autant que pour le ressenti. Cependant, tout n’est pas parfait : dans certains passages, le tout est très chargé. La densité visuelle peut nuire légèrement à la lisibilité, notamment lorsqu’on passe d’une scène d’action à une explosion de détails technologiques. Certains arrière-plans sont très détaillés, et le lecteur doit parfois « chercher » où se situe l’œil narratif.

Ce tome 1 de Rat City comprend les 12 premiers chapitres des aventures de ce nouveau justicier aux faux airs de Spawn. Mais du coup, avec ces 288 pages pour 32,95€, nous passons un cap psychologique. Aurait-il fallu le découper en 2 parties et proposer 2 fois 16€ ? Le cap des 30€ dépassé pourrait être rédhibitoire pour les acheteurs. Mais il est certain qu’il n’y a plus vraiment de règles maintenant, une histoire doit être racontée comme elle veut par l’auteur, si c’est sur 400 pages alors pourquoi pas, si l’histoire est bonne et le dessin beau, et surtout que l’on ne paie pas plus cher à la page. Dans le cas de Rat City et ses 288 pages, les auteurs se donnent la place de développer un univers conséquent et d’installer une intrigue plus large que la seule quête individuelle.

ET FINALEMENT ?

Et finalement, ce tome 1 de Rat City est une belle surprise pour les fans de science-fiction et de "superhéros" à portée humaine, dans un univers dur et visuellement ambitieux. Il combine un personnage central fort, un monde construit avec soin, et un dessin qui ne triche pas. Il ne révolutionnera peut-être pas le genre, mais il propose une entrée en matière très solide et plante une intrigue qui donne envie de découvrir la suite de cet univers cyberpunk initié par Todd McFarlane.


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