Utopiales 2025 : Le jeudi 30 octobre

Date : 31 / 10 / 2025 à 07h00
Sources :

Unification


Que seraient les Utopiales sans la conférence d’ouverture géniale du brillantissime Roland Lehoucq ? Et cette année, elle a pris une tournure particulière avec un grave problème technique qui a privé de visuels l’astrophysicien. Celui-ci ne s’est pas laissé démonter et a offert aux spectateurs, tenus en haleine par sa virtuosité verbale, une démonstration passionnante sur la singularité en physique.

Il sait, mieux que quiconque, faire comprendre des concepts scientifiques extrêmement pointus à des personnes n’ayant parfois jamais entendu parler de certaines lois ou démonstrations qu’il fait. C’est donc un vrai plaisir que de l’écouter, qui s’est achevé par une expérience sur scène magistrale montrant qu’une loi physique tendant envers l’éternité n’est pas complètement fonctionnelle et que passé un moment, le mouvement animant un corps physique soumis à elle s’arrête brutalement, car d’autres lois physiques comme la friction empêche à la première d’aller jusqu’au bout. Vous pouvez retrouver la petite vidéo ci-dessous qui en est la parfaite démonstration.


La première journée permet aussi de lancer les compétitions des cours et des longs métrages qui sont, cette année encore, de haute volée et préfigurent de nouvelles journées à venir composées d’œuvres diversifiées et très bonnes.

Vous pouvez trouver ci-dessous un avis rapide sur les longs et courts métrages que j’ai visionné.

 SITE OFFICIEL


COURT MÉTRAGE SESSION 1

C’était une très belle session de court métrage à laquelle on a pu assister et qui repasse dans le festival le samedi 1er novembre.

The Saint Antoine de David Masson San Gabriel - États-Unis - 2025
Après un long voyage, le vaisseau Saint Antoine arrive en pilotage automatique à la station internationale. L’équipage ne réagit pas. La station décide d’envoyer une équipe en reconnaissance…

Avis : Ce film de science-fiction bénéficie d’un très beau visuel et de bons maquillages. On voit vite venir le rebondissement principal et il est plutôt générique. Toutefois, il fait passer un bon moment et il est efficace.

Faceless City de Riko Murakami - Japon - 2024
Une femme lutte dans un monde où changer de visage est devenu la norme, où l’identité est marchandée... Un film d’horreur psychologique à l’atmosphère totalitaire et inquiétante.

Avis : Ce très bon court métrage s’interroge sur l’apparence, dans une société où en changer régulièrement est ce qui attendu. Cette réflexion originale sur l’identité est très bien mise en valeur, bien qu’elle laisse un petit arrière-goût d’inachevé.

Praying Mantis de Joe Hsieh - Hong-Kong | Taïwan - 2025
Pour sauver son enfant, une mante religieuse mutante séduit et dévore des hommes. Un jour, une mission tourne mal et son passé ressurgit, dévoilant des secrets aussi sombres que sa soif de survie.

Avis : Un très bon film d’animation montrant une mère prête à tout pour son enfant. Mélangeant horreur et fantastique, l’œuvre est visuellement fort intéressante et fait une belle proposition extrêmement sombre et nihiliste.

Blood Machine de Xiao Wenbo - Chine - 2024
Après une guerre inimaginable, subsistent d’importantes radiations mortelles et des robots militaires incontrôlables. Mourir au combat ou abandonner son identité humaine ? Telle est la question.

Avis : Si le scénario n’est pas bien mis en valeur et que l’histoire n’est pas forcément très claire, le visuel de cette œuvre d’animation est particulièrement bluffant.

Klonter de Levi Stoops - Belgique - 2025
Frankie croit mourir dans une complète solitude. En route vers les étoiles, il se transforme accidentellement en planète et une explosion de vie se produit sur son corps…

Avis : Un très bon film d’animation montrant une vie très originale se développant sur un homme en souffrance. La proposition visuelle sort de l’ordinaire et l’œuvre fait parfois bien rire.

The Man That I Wave At de Ben S. Hyland - Royaume-Uni - 2025
Après avoir été gentiment taquiné par sa femme, un homme traverse une crise existentielle.

Avis : Un très bon film de science-fiction qui sait surprendre et faire réfléchir sur le couple et le sens de la vie. C’était clairement l’un des plus originaux de la session.

Animalia de Marius Rolfsvag - Norvège - 2025
Dans cette fable, la nature a repris ses droits : les villes sont envahies par la végétation et les humains transformés en animaux, à l’exception de quelques-un•es, enfermé•es dans une ville hermétique…

Avis : Une très bonne œuvre de science-fiction montrant des humains survivants à une apocalypse ayant renvoyé certains d’entre eux à l’état d’animaux. Il s’agit aussi d’une belle réflexion sur l’humanité et sur la survie qui est à la fois brutale et poétique.

COURT MÉTRAGE SESSION 4

C’était une très belle session de court métrage à laquelle on a pu assister et qui repasse dans le festival le samedi 1er novembre.

Weird to be Human de Jan Grabowski - Pologne | France - 2025
An 2194. Dans des installations spécialisées, des corps sont créés pour des IA. Un jour, un agent du « service des Incarnations » y entre et parle à un être qui achève sa transformation.

Avis : L’œuvre est surprenante et parle d’une façon tout à fait singulière de l’intelligence artificielle et de l’obsolescence des supports permettant à ces dernières de continuer à exister. Cette rencontre surprenante permet d’obtenir un très bon court métrage sortant de l’ordinaire.

First Sight de Andrew McGee - Royaume-Uni - 2024
À l’ère de l’intelligence artificielle, Luna est enfin prête à renouer avec les rencontres amoureuses. Elle se tourne vers les lentilles de contact intelligentes pour surmonter son anxiété.

Avis : Un très bon court métrage vraiment immersif jouant beaucoup sur la frontière entre la réalité et la fiction. Ce qui permet d’obtenir un mélange qui fonctionne parfaitement entre romance, suspense et horreur.

Europa de Jacqueline Elyse Rosenthal - États-Unis - 2025
Lors d’une mission mortelle visant à extraire de l’eau d’Europa (la lune de Jupiter), trois astronautes doivent choisir entre la nature et l’humanité.

Avis : Un très bon court métrage s’interrogeant sur l’évolution de l’humanité et sa relation avec la nature à travers une mission privée lancée à la recherche d’eau dans l’espace.

Le grand party annuel des créatures de la lune de Francis Desharnais - Canada | Québec - 2024
Les humains ont enfin quitté la Lune ! LET’S PARTY ! Un film joyeux réalisé à l’écran d’épingles.

Avis : Un tout petit film d’animation complètement déjanté avec une fête improbable sur la Lune.

Transformation de Marcel Barsotti - Allemagne - 2024
Dans un futur lointain, les derniers Drakzuls ont dû fuir leur planète, détruite par leurs ennemis. Ils sont à la recherche d’un nouveau monde pour survivre. Et ils l’ont trouvé…

Avis : Il s’agit d’une œuvre qui a beaucoup fait réagir les spectateurs, plutôt en sa défaveur. En effet, elle montre parfaitement les côtés positifs, et surtout négatifs, de l’utilisation de l’IA pour faire un film. Car, si les prompts permettent d’obtenir des images très belles, leurs juxtapositions ne créent pas pour autant un vrai court métrage. Il manque ainsi une narration solide, un personnage que l’on peut suivre et une mise en scène inspirée.

Fish de Bishrel Mashbat - États-Unis - 2024
La soirée d’un couple riche dans un restaurant d’élite prend une tournure inquiétante lorsqu’on leur propose un plat unique et énigmatique.

Avis : Un court métrage qui fonctionne parfaitement et qui fait beaucoup réfléchir sur la richesse et sur ce qu’elle peut acheter à travers un couple se régalant d’un poisson.

Heartware de Leander Behal - Allemagne - 2024
Les androïdes Clu et Lia travaillent dans un glacier rétro-futuriste. Récemment, leur collègue s’est autodétruit. Clu s’accroche à son ami brisé, mais Lia veut un remplaçant au plus vite.

Avis : Un très bon court métrage qui s’interroge sur le sens de l’existence à travers deux androïdes n’ayant pas du tout la même façon d’appréhender leurs tâches. L’œuvre est touchante et fait beaucoup réfléchir sur les relations à l’autre.

ANNIHILATION

De Alex Garland - États-Unis | Royaume-Uni - 2018 - 115’

Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations. Malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale.

Avis : Annihilation est un film remarquable qu’il était possible de voir, pour la première fois, sur grand écran. En effet, celui-ci devait bénéficier d’une sortie au cinéma avant d’être racheté par Netflix et proposé sur la plate-forme. Pensé et tourné pour être visible sur un immense écran, l’œuvre est extrêmement spectaculaire et entraîne le spectateur au cœur d’un cauchemar de plus en plus étrange et visuellement fascinant. Il faut donc remercier le festival qui a eu la bonne idée de le programmer pour fêter en beauté ses 25 ans. D’autant que l’auteur du livre, Jeff VanderMeer, est venu présenter le film et a raconté de nombreuses anecdotes passionnantes que vous pouvez découvrir dans la petite vidéo ci-dessous. Vous pouvez aussi trouver l’article complet sur le film ICI.


TAMALA 2030 : A PUNK CAT IN DARK

De K. Kuno - Japon - 2025 - 130’

Dans le Tokyo félin dystopique de 2030, Tamala, une chatte coquette et capricieuse, se retrouve impliquée par hasard dans l’enquête de son ami détective Michelangelo. À la recherche de sept chats disparus, ils arpentent des sentiers mystiques, cosmiques et apocalyptiques !

Avis : Tamala 2030 : A Punk Cat in Dark est le deuxième opus des aventures incroyables d’une étrange chatte qui avait, à l’époque, soit charmé, soit ennuyé, les spectateurs qui avaient pu la voir, il y a une vingtaine d’années. Cette suite tient toutes ses promesses et donne l’occasion de retrouver un félidé bien particulier à l’humour caustique et qui est incontrôlable. La narration va dans tous les sens, mais l’œuvre sait relier tous les bouts pour offrir une histoire originale et une animation singulière qui ne peut que réjouir au plus haut point les amateurs du premier volet. Celui-ci n’est pas du tout nécessaire pour comprendre la suite, mais si on apprécie le long métrage, il ne faut pas hésiter à le découvrir. Par contre le film est clivant et peu ne pas plaire du tout aux spectateurs.

CHAO

De Yasuhiro Aoki - Japon - 2025 - 90’

Dans un monde où humains et sirènes coexistent, Stephan, un employé de bureau, fait la rencontre de ChaO, une princesse du royaume des sirènes. Qu’adviendra-t-il de leur improbable histoire d’amour ?

Avis : ChaO est à un très beau film bénéficiant d’une magnifique réalisation en dessins 2D qui ont entièrement été réalisés à la main. Ce qui se fait de plus en plus rare à l’heure actuelle. L’œuvre est d’ailleurs produite par la productrice de Miyazaki, qui a d’ailleurs permis à celui-ci de sortir certains de ses films les plus célèbres. Elle a été séduite par cette proposition et s’est battue pour qu’elle voie le jour. Le récit est à la fois drôle, décalé et charmant. En effet, un homme normal doit épouser la fille du roi des sirènes pour permettre aux humains et aux sirènes de vivre en paix. Mais la rencontre de deux mondes aussi différents n’est pas si simple que cela. Si vous aimez les très belles œuvres d’animation et les histoires d’amour contrariées, n’hésitez pas à vous plonger au cœur de ce récit très singulier.

LESBIAN SPACE PRINCESS

De Emma Hough Hobbs & Lella Varghese - Australie - 2025 - 86’

Une princesse de l’espace doit sauver son ex, kidnappée par des mAliens blancs hétérosexuels. Avec ses allures de Rick et Morty queer, le film détourne joyeusement les codes à coups de couleurs bariolées et de punchlines dévastatrices. On s’amuse comme des fous•lles devant cette satire. Et même si les méchants kidnappeurs utilisent des aimants à poulettes pour chopper les filles, l’ère masculiniste est ien terminée. Un monde idéal en quelque sorte !

Avis : Lesbian Space Princess est un très bon film d’animation humoristique et complètement barré. Comme le dit si bien le titre, on y suit une princesse qui est lesbienne et qui va faire un périple spatial incroyable. L’œuvre est très pop et colorée. Les dialogues sont truculents, la musique formidable et les personnages invraisemblables. On s’amuse beaucoup devant des aventures qui sortent de l’ordinaire et qui entraînent le spectateur loin, très loin au-delà de l’infini. Oubliez donc vos préjugés et plongez vous avec bonheur dans une histoire d’amour bien étrange. D’autant que le film parle aussi merveilleusement de la famille, de la maltraitance, de l’abandon et de la dépression. Et le vaisseau spatial est tout simplement génial !

40 ACRES

De R.T. Thorne - Canada - 2024 - 113’

Dans un futur proche décimé par la famine, l’agriculture est devenue le principal enjeu de la guerre. Hailey Freeman et sa famille sont les derniers descendant•es d’agriculteur•ices afroaméricain •es qui se sont installé•es dans les zones rurales du Canada après la guerre civile. Ils•elles résistent pour protéger leur terre contre des milices sauvages prêtes à tout pour leur arracher leurs seize hectares.

Avis : La Terre va mal et avec le changement climatique, il devient bien difficile d’y vivre. C’est pour cela que les agriculteurs possédant des terres doivent les protéger au mieux. 40 Acres est un très bon film permettant de suivre une famille ayant des règles extrêmement strictes pour vivre en autarcie. Mais, évidemment, l’œuvre n’aurait pas beaucoup d’intérêt sans que d’autres personnes ne veuillent s’approprier leurs ressources. Le long métrage est violent, ne fait pas de cadeau et montre un monde apocalyptique bien sombre. Il est passionnant à suivre, d’autant qu’en plus de la science-fiction, une pointe de thriller horrifique s’invite dans le récit. Sans compter que certaines séquences d’action sont vraiment très spectaculaires et que la famille est fort attachante. L’interprétation est aussi très bonne, ce qui fait qu’il est plaisant de suivre ce divertissement cauchemardesque où l’on ne sait plus à qui se fier.

TAKLEE GENESIS X WORLDS COLLIDE

De Chookiat Sakveerakul - Thaïlande - 2024 - 146’

Lors d’un voyage chez sa mère malade, Stella est contactée par son père, bloqué dans une configuration spatio-temporelle différente. Pour le ramener, Stella doit se lancer dans une odyssée à travers sept millénaires.

Avis : Taklee Genesis x Worlds Collide est un film foisonnant qui va dans tous les sens, peut-être un peu trop d’ailleurs. Avec un récit se focalisant sur une femme voulant sauver sa famille et se retrouvant de plus en plus en mauvaise situation, le réalisateur explore aussi bien le passé que le futur pour offrir quelques séquences très surprenantes et parfois bien sympathiques visuellement. Une ultime scène expliquant un moment clé se trouve à la fin du générique final. Un peu trop long et redondant, mais on s’amuse bien. De plus, les films thaïlandais ne sont pas souvent visibles sur grand écran, encore moins lorsqu’il s’agit de science-fiction. Aussi, il ne faut pas bouder son plaisir devant cette proposition étonnante.

© Stéphanie Hans


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