Festival national du film d’animation 2026 : Le bilan
Le Festival national du film d’animation vient de s’achever et c’était un véritable plaisir, et un privilège, d’être présente afin d’assister à des projections de courts métrages d’animation d’une si belle qualité.
En effet, en dehors de la possibilité de revoir sur une semaine tous les longs métrages d’animation français sortis dans l’année, d’en découvrir certains plus anciens associés à une présentation spéciale ou de découvrir en avant-première certaines œuvres à venir, ce sont bien les courts métrages qui attirent l’attention.
Dix séances permettaient de visionner des œuvres aussi bien d’étudiants en fin d’année, que des films professionnels. Ces derniers utilisaient des techniques extrêmement variées allant de la stop motion et du papier découpé à de l’animation plus traditionnelle en 2D, voire en 3D.
L’imagination des œuvres sélectionnées était vraiment immense et ces dernières s’adressaient à un public extrêmement varié. Il est d’ailleurs très plaisant que les sujets évoqués soient si vastes, donnant la possibilité à un jeune public, dès 3 ans, de pouvoir voir ces dernières sur grand écran. Alors que d’autres plus difficiles étaient vraiment réservées à un public de grands adolescents et d’adultes.
Les thématiques étaient aussi extrêmement variées. Ainsi, entre la rêverie, des tranches de vie, des rencontres improbables ou des voyages fantastiques, des thèmes plus délicats étaient abordés d’une fort belle manière.
Deux salles, le TNB et le cinéma Arvor permettaient de découvrir le programme proposé, donnant l’occasion d’avoir toujours deux choix en même temps. Toutefois, il était aussi possible d’assister à des clips et à des courts métrages supplémentaires dans d’autres lieux. Alors que deux expositions étaient visibles.
La première, vraiment magnifique, montrait quelques décors et personnages du très beau film d’animation Le Secret des mésanges d’Antoine Lanciaux. Un petit documentaire d’une dizaine de minutes donnait plein de détails passionnant à découvrir concernant la création de l’œuvre, la façon dont la musique a été composée, le choix des voix, la direction d’acteurs et une multitude de petits détails qui apportent un beau supplément d’informations sur le film.
La seconde exposition se focalisait sur le très beau Slocum et moi de Jean-François Laguionie. Des esquisses, des dessins et des explications permettaient de se plonger avec plaisir au cœur de cette œuvre autobiographique d’un très grand réalisateur d’animation. Un film était aussi diffusé en continu, permettant d’en apprendre plus sur la manière dont ce film d’animation à vu le jour.
Le public était bien au rendez-vous et certaines séances affichaient d’ailleurs complet. Ce qui fait vraiment plaisir, car les courts métrages, et encore plus lorsqu’ils sont animés, ne sont pas facilement visibles sur grand écran. Le public local s’est donc déplacé en nombre pour assister à ce très beau festival.
En dehors des superbes œuvres que j’ai pu découvrir, deux temps fort ont été marquants. Le premier était un hommage au réalisateur Co Hoedeman que je ne connaissais absolument pas. Et vraiment, si vous avez l’occasion de voir certaines de ses œuvres, n’hésitez absolument pas, tant elles sont toutes éblouissantes.
La sélection a mis à l’honneur cinq véritables chefs-d’œuvre bénéficiant tous d’une animation complètement différente les unes des autres, Le Hibou et le corbeau, Le Théâtre de Marianne, Matrioska, Tchou-tchou et dont la dernière, réalisée avec du sable, Le Château de Sable, a été primée en recevant l’Oscar du meilleur court métrage en 1978. C’était à chaque fois un moment féerique de découvrir une nouvelle histoire, des personnages singuliers et une inventivité visuelle et scénique forçant l’admiration.
Il était aussi possible de découvrir la dernière œuvre de Michel Ocelot qui est un compte absolument charmant. Ce très beau film de 20 minutes a été créé exprès pour les planétariums et il faut avouer que le lieu s’y prête fort bien et permet de s’immerger au plus près des personnages que l’on suit.
On découvre ainsi dans Les Lapins Trois-Oreilles un jeune homme voulant épouser une princesse retenue prisonnière par son tuteur et qui doit surmonter plusieurs épreuves mettant en scène des lapins aux trois oreilles. L’œuvre est très plaisante, extrêmement mélodieuse et pleine d’inventivité. Aussi, si vous voyez le programme passer près de chez vous, n’hésitez pas à sauter sur cette opportunité de découvrir un film visible par tous.
Avec le Festival national du film d’animation, les années se succèdent et se ressemblent. En effet, la qualité de la programmation est extrêmement élevée et on n’a jamais de déception, quels que soient les choix que l’on fait. Il ne faut donc pas hésiter à s’y rendre pour la prochaine édition qui aura lieu en avril 2027, en espérant avoir la possibilité de visionner, soit dans d’autres festivals, soit dans des anthologies de courts métrages, certaines des œuvres projetées en 2026.
Et un immense merci à tous les bénévoles et à toutes les personnes travaillant d’arrache-pied pour permettre au festival d’avoir lieu dans des conditions aussi agréables.
Vous pouvez découvrir ci-dessous le palmarès de cette édition avec un petit commentaire sur les films que j’ai eu l’opportunité de voir.
BANDE ANNONCE
GRANDS PRIX
GRAND PRIX DU COURT MÉTRAGE PROFESSIONNEL
Doté par L’AFCA
Sous ma fenêtre la boue de VIOLETTE DELVOYE
Production : La Cellule Productions, OZU Productions
Avis : Il s’agit d’un magnifique film parlant du sujet extrêmement délicat de la séparation des parents et de la maladie mentale. D’une grande délicatesse et avec des personnages non-caricaturaux, l’œuvre est à la fois poignante et très touchante.
MENTION SPÉCIALE DU JURY POUR UN COURT MÉTRAGE PROFESSIONNEL
Im Auto Tapes Und Butterbrod de KIANA NAGHSHINEH
Production : Laïdak Films, ManicMonday
GRAND PRIX DU COURT MÉTRAGE ÉTUDIANT
Doté par l’AFCA
Minuit moins l’infini de BAPTISTE RATAJSKI
Production : La Poudrière
MENTION SPÉCIALE DU JURY POUR UN COURT MÉTRAGE ÉTUDIANT
Agathe doit partir de DYLAN HALL et MAYA MATAR
Production : Atelier de Sèvres
PRIX DE LA COMPOSITION ORIGINALE POUR UN COURT MÉTRAGE PROFESSIONNEL
Doté par le SNAC, L’U2C, I’UNAC
BARBARA DRAZKOV
Autokar de SYLWIA SZKILADZ
Production : Amopix, Novanima, OZU Productions, Vivi
Avis : Il s’agit d’un film marquant racontant le voyage en autocar d’une petite fille qui doit rejoindre la Belgique pendant la guerre froide où les habitants de son pays n’avaient pas forcément le droit de le quitter. L’imagination débordante de la jeune fille se marie bien avec la musique qui a été primée.
PRIX SACD POUR UN COURT MÉTRAGE ÉTUDIANT
Doté par la SACD
Zootrope de LENA MARTINEZ
Production : ENSAD
Avis : Une œuvre originale utilisant une animation réduite pour parler de la captivité et de la liberté à travers un narrateur commentant la vie de loups en cage dans un zoo.
PRIX DU PUBLIC POUR UN COURT MÉTRAGE EN COMPÉTITION
Doté par Toon Boom
Quelqu’un de spécial d’ALICE GERVAT
Production : ENSAD
PRIX ALICE-GUY - FNFA 2026 POUR UN COURT MÉTRAGE PROFESSIONNEL
Doté par Brefcinema
Une fugue d’AGNÈS PATRON
Production : Sacrebleu Productions
Avis : Un très beau film parlant avec une grande délicatesse de la disparition à travers le souvenir. L’animation est très belle et laisse un goût doux-amer chargé de nostalgie à l’issue de la dernière image.
PRIX ANDRÉ-MARTIN POUR UN LONG MÉTRAGE
Doté par l’AFCA et CITIA
Amélie et la métaphysique des tubes de MAÏLYS VALLADE et LIANE-CHO HAN
Production : Ikki Films, Maybe Movies, Puffin Pictures
Avis : Il s’agit d’une superbe adaptation de l’œuvre éponyme d’Amélie Nothomb. Brillant visuellement et remarquable narrativement, il s’agit d’une œuvre très plaisante à regarder. Vous pouvez en retrouver la critique complète ICI.
COUP DE CŒUR
COUP DE COEUR DU JURY ÉTUDIANT POUR UN CLIP
Doté par TVPaint
Crenoka-Business de LÉA ENJALBERT et FLORINE PAULIUS
Production : Phénomènes Films
COUP DE COEUR DES SCOLAIRES POUR UN COURT MÉTRAGE JEUNE PUBLIC
Doté par Benshi
Le jour ou j’ai léché un caillou de GOLI ATEFI, CHLOÉ BERNUCHON, FLAVIE ELIÉZER, NATHAN JAUZE, MAU KOLAS et MARIE PIKOLLET
Production : EMCA
COUP DE COEUR BENSHI POUR UN COURT MÉTRAGE TRÈS JEUNE PUBLIC
Doté par Benshi
Piccolo Piccolo de MARTA GENNARI
Production : Folimage, Nadasdy Film
Avis : Il s’agit vraiment d’un adorable film qui s’adresse à tout public. On y suit une petite souris qui se perd dans la montagne et va vivre plein d’aventures. L’animation en papier découpé est extrêmement agréable et le court métrage se laisse découvrir avec beaucoup de plaisir.
COUP DE COEUR LES FEMMES S’ANIMENT POUR UNE PRODUCTION AUDIOVISUELLE
Doté par Les Femmes s’Animent
La grande révasion de RÉMI DURIN
Production : Autour de Minuit, Kwassa Films
Avis : L’œuvre est sortie en salle dans l’anthologie de courts métrages animés La grande rêvasion. Le film est vraiment très agréable découvrir, plein d’imagination et d’une certaine poésie. Il parle magnifiquement du trac et montre la manière de le surmonter avec une grande inventivité.
COUP DE COEUR AGRAF POUR UNE SÉRIE ORIGINALE JEUNESSE
Doté par l’AGrAF
Les dangers de DANIEL KLEIN et CYRIL DEYDIER
Production : Tchack
PRIX MAISON DU FILM POUR UN COURT MÉTRAGE AUTOPRODUIT
Doté par la Maison du Film
Le permis de GEORGE MILLIET
PRIX CICLIC CENTRE-VAL DE LOIRE POUR UN COURT MÉTRAGE EN DÉVELOPPEMENT
Doté par CICLIC
Dioarama de PAUL MAS
PRIX AGRAF POUR UN PROJET DE COURT MÉTRAGE EN CONCEPT
Doté par l’AGrAF
Rizoma de JULIETTE GANGL
PRIX AGRAF POUR UN PROJET EN DE SÉRIE EN CONCEPT
Doté par l’AGrAF
Coton, tout petit mouton de CÉCILE ROBINEAU et AMANDINE TONDINO
PRIX CARTOON SPRINGBOARD POUR UN PROJET DE SÉRIE DE JEUNE AUTEUR-RICE
Doté par Cartoon
Very Dad Trip de ROXANE PAVARD
PRIX TRANSPERFECT POUR UN PROJET DE SÉRIE EN DÉVELOPPEMENT
Doté par Transperfect-Hiventy
Biörn et Ramona de CHARLOTTE CAMBON DE LAVALETTE
Production : Have a Nice Day Films
Festival national du film d’animation de Rennes 2026 © AFCA
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