La Ferme des animaux : La critique
LA FERME DES ANIMAUX
– Date de sortie : 08/10/2025
– Titre original : Animal Farm
– Durée du film : 1 h 13
– Réalisateurs : John Halas, Joy Batchelor
– Scénaristes : Joy Batchelor, Philip Stapp, Lothar Wolff, Borden Mace d’après l’œuvre de George Orwell
– Interprètes VF : Jean-Claude Michel
– Interprètes VO : Maurice Denham, Gordon Heath
LA CRITIQUE
La Ferme des animaux est un véritable chef-d’œuvre du cinéma d’animation qui, bien que sorti en 1954, est toujours éblouissant et d’une, malheureuse, actualité folle.
Le scénario de Joy Batchelor, Philip Stapp, Lothar Wolff et de Borden Mace, adaptant le roman éponyme de George Orwell, montre les animaux d’une ferme qui, suite à la maltraitance de leur fermier, décident de le chasser et de faire tourner la ferme en collaborant tous ensemble. Mais bientôt, une nouvelle hiérarchie au sein des animaux apparaît.
Le film de John Halas et de Joy Batchelor est considéré comme un joyau de l’animation anglaise et l’une des œuvres les plus emblématiques de leur studio. Au Royaume-Uni, il a d’ailleurs été élu meilleur film de l’année 1954 et il est clair que, tant dans sa forme que dans son fond, le long métrage est toujours impressionnant visuellement et narrativement.
Il a fallu au studio plusieurs années pour réussir à offrir un long métrage d’animation en Technicolor, une révolution à l’époque. Mais ce qui est impressionne encore plus, c’est que seulement 80 personnes ont travaillé dessus pour offrir l’adaptation d’une œuvre majeure de la littérature anglo-saxonne qui n’a pas pris une ride. Bien qu’il faille noter l’absence, mais c’est un marqueur de l’époque, de personnages féminins.
L’animation est très belle et tous les animaux de la basse-cour sont particulièrement crédibles. C’est un vrai plaisir de voir leur évolution et de s’attacher à certains, notamment Malabar, le cheval au grand cœur qui est apprécié par tous.
Toutefois, si les enfants s’amusent en regardant cette révolution particulière des animaux, il s’agit d’un long métrage qui a été pensé pour des adultes, là aussi une première, à une époque où les films d’animation de Disney étaient divertissants et avaient des connotations légères. D’ailleurs, certains moments où la mort rode sont suggérés ou montrés hors plan où d’une manière ou les plus jeunes ne se rendront pas forcément compte de la violence et de l’horreur qui se cachent derrière les images.
Certains des personnages principaux sont inspirés des hauts dirigeants de l’Union Soviétique, dont la révolution sert aussi de point de départ à la décision des animaux de se fédérer et de mutualiser leur travail. Un système dont l’histoire montre rapidement les déviations, notamment avec les règles de la ferme peintes sur un mur qui évoluent au cours du temps. Cela explique d’ailleurs que le livre est interdit dans certains pays où il est censuré, alors qu’en France, le film n’est sorti sur grand écran qu’au début des années 90, car jugé trop anti-communistes.
Ce conte très noir, dont la fin diverge avec l’œuvre de papier, est non seulement inspiré de la réalité, mais sa démonstration implacable est aussi un avertissement sur la manière dont certaines personnes peuvent mettre la main sur un modèle et l’utiliser à des fins personnelles.
La version originale est très bonne avec un narrateur que l’on prend plaisir à écouter. La musique de Matyas Seiber est somptueuse et apporte beaucoup au long métrage. Certains de ses extraits sont d’ailleurs devenus célèbres. Elle renforce aussi bien l’impact des séquences de batailles que fait planer le malaise dans quelques passages très sombres.
La Ferme des animaux est un film d’animation exceptionnel qui est une pertinence folle et qu’il faut vraiment voir lorsqu’on l’apprécie l’animation et les œuvres sortent de l’ordinaire. Avec une histoire très bien adaptée, donnant aussi une grande envie de (re)découvrir le livre de George Orwell, une très belle animation, des personnages marquants et une musique entêtante, le long métrage n’est vraiment pas culte pour rien.
Remarquable et pertinent.
SYNOPSIS
Lassés des mauvais traitements, les animaux de la ferme de M. Jones décident de prendre le pouvoir et instaurent une nouvelle société fondée sur un principe d’égalité entre tous les animaux. Mais quelques uns des “quatre pattes” décident que certains sont plus égaux que d’autres...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : S.G. Griffiths
– Musique : Matyas Seiber
– Producteurs : Joy Batchelor, John Halas pour Halas and Batchelor Cartoon Films
– Distributeur : Malavida Films, Malavida Films
LIENS
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GALERIE PHOTOS
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