Duck and Cover : La critique
DUCK AND COVER
– Date de sortie : 25/05/2025
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Scott Snyder
– Dessin : Raphael Albuquerque
– ISBN : 978-2413049753
– Nombre de Pages : 128
– Prix : 17,50 euros
DESCRIPTION
Scott Snyder (Clear, La Nuit de la goule) retrouve son compère d’American Vampire, Rafael Albuquerque, pour un récit complet influencé par les mangas postapocalyptiques, qui se déroule dans une étrange Amérique uchronique.
Dans les années 1950, la menace nucléaire nourrit les peurs issues de la guerre froide. On enseigne aux élèves de se cacher sous leur bureau en cas d’attaque ("duck and cover" en anglais). Mais quand une bombe atomique détruit bel et bien les États-Unis en 1955, seuls ceux qui ont suivi ces consignes sont épargnés. Ces adolescents doivent désormais tenter de survivre dans une Amérique post-apocalyque, étrange et sauvage.
LA CRITIQUE
Del est un passionné de cinéma et c’est à 9 ans que son père va casser sa tirelire pour lui offrir une caméra amateur Modackchrome 330. Et même l’attaque du doberman du très blanc, monsieur McKenna, et de son oeil perdu ne va pas entacher son envie de cinéma. Mais à 17 ans, lorsqu’il est sur le point de partir conquérir Hollywood, l’apocalypse arrive... mais s’agit-il des Russes ou d’extraterrestres ?
En 1952, l’Administration fédérale de la protection civile américaine produisit un court-métrage qui avait pour objectif de former les élèves des écoles aux gestes d’urgence en ca : ttaque nucléaire. Dans ce court-métra une tortue appelée Bert enseignait, en chanson, que le geste le plus sûr était de se cacher sous son bureau t d’entrelacer ses doigts derrière sa tête. Ce film avait pour titre Duck and Cover.
Duck and Cover est une bande dessinée captivante signée Scott Snyder et Rafael Albuquerque. Ce récit mêle habilement science-fiction, nostalgie des années 1950 et critique sociale, offrant une expérience de lecture à la fois divertissante et réfléchie. L’histoire se déroule en 1955, en pleine Guerre froide. Alors que les États-Unis vivent sous la menace constante d’une attaque nucléaire, les élèves sont formés à la procédure “duck and cover” : se cacher sous leur bureau en cas d’attaque ennemie.
Lorsque l’apocalypse survient réellement, seuls les adolescents ayant suivi ces consignes survivent. Ils se retrouvent alors dans une Amérique post-apocalyptique peuplée de créatures mutantes, de robots géants et de dangers inattendus. Le protagoniste principal, Del Reeves, doit guider ce groupe de survivants, qui n’est pas composé que d’amis à lui, à travers ce nouveau monde chaotique. Mais il faut se serrer les coudes faces aux menaces de plus en plus intimidantes.
Scott Snyder, connu pour ses travaux sur American Vampire et Batman, explore ici les peurs et les absurdités de l’ère nucléaire. En s’inspirant des vidéos de propagande des années 1950, il souligne l’ironie d’une génération préparée à l’impensable par des méthodes dérisoires. Le récit aborde des thèmes tels que la survie, la résilience de la jeunesse et la critique de la politique de la peur, tout en rendant hommage au cinéma et aux histoires de science-fiction et de monstres mutants de l’époque. H.G. Wells n’est vraiment pas loin...
Rafael Albuquerque offre des illustrations dynamiques et expressives, renforçant l’atmosphère rétro-futuriste du récit. Son style, influencé par le manga, apporte une énergie particulière aux scènes d’action et aux moments plus introspectifs. Les décors, les costumes et les véhicules évoquent avec précision l’esthétique des années 1950, tout en intégrant des éléments de science-fiction qui accentuent le contraste entre le monde d’avant et celui d’après l’apocalypse.
ET FINALEMENT
Et finalement, Duck and Cover est une nouvelle plongée dans les abysses malfaisants de l’âme humaine (la haine des Russes, le racisme...), mais c’est surtout une œuvre qui réussit à combiner divertissement et réflexion. En revisitant les peurs de la Guerre froide à travers le prisme de la science-fiction, Scott Snyder et Rafael Albuquerque offrent une bande dessinée riche en action, en émotion, en humour aussi, et en satire sociale. Une lecture recommandée pour les amateurs de récits post-apocalyptiques et de critiques sociétales.
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