Titans : La critique du tome 4
TITANS
IV. IRENIS
– Date de sortie : 14/05/2025
– Éditeur : Éditions Oxymore
– Scénario : Gihef
– Dessin : Živorad Radivojevic
– ISBN : 978-2385611019
– Nombre de Pages : 64
– Prix : 16,50 euros
DESCRIPTION
Lors d’un duel qui les oppose à des dieux, des femmes vont devenir des déesses grâce aux pouvoirs des titans.
Irenis a vécu trois vies. La première s’acheva en mer, lorsque deux monstres entraînèrent le navire de ses parents dans les abysses. Sauvée de justesse, elle fut trahie par son cousin qui la vendit à un marchand d’esclaves. Elle vécut sa deuxième vie au service d’un notable d’Argos. Ce ne fut pas la pire des existences, mais elle n’y trouva ni liberté ni paix. Un dieu malicieux la lui arracha, la conduisant inéluctablement vers la troisième, qu’elle forgea de ses propres mains dans une forêt sombre, sous l’autorité d’un maître impitoyable. Sa métamorphose la prépara à un avenir qu’elle n’a jamais cessé de poursuivre. Les dieux avaient détruit son passé. Elle jura de changer son destin.
LA CRITIQUE
À 7 ans, et comme chaque printemps, Irenis prend le bateau à destination du Péloponnèse avec toute sa famille. À bord de leur vaisseau un vagabond s’invite et déchaîne les océans pour défier Héphaïstos qu’il venait de voler, laissant la jeune fille orpheline. Elle deviendra ensuite esclave, avant de croiser à nouveau le chemin de cet inconnu, qu’elle n’aura de cesse de tuer par la suite, pour venger sa famille.
Avec Irenis, la série Titans poursuit sa démarche anthologique ambitieuse : revisiter les mythes fondateurs de la Grèce antique à travers le prisme de figures féminines souvent reléguées à des rôles secondaires dans les récits classiques. Ici, c’est Irenis, une jeune fille/femme, qui devient malgré elle le jouet des dieux – et qui, contre toute attente, va se transformer en adversaire redoutable.
Ce tome 4 approfondit encore davantage les thématiques initiées dans les précédents volumes : le libre-arbitre, le poids des traditions mythologiques, la place des femmes dans une cosmologie dominée par des dieux capricieux. Gihef construit un récit poignant, où Irenis incarne la voix de toutes celles qui refusent d’être de simples pions dans un jeu divin. Le scénariste interroge avec finesse la notion de destin. Les choix d’Irenis, bien qu’entravés par les manipulations divines, marquent sa volonté de ne pas plier. Elle incarne un archétype de la résistance : fragile mais inébranlable.
C’est aussi un récit sur la douleur, la reconstruction et l’émancipation. La saga présente cette femme en colère, punie par la vie dans sa jeunesse, tourmentée par le destin, devenue orpheline, cherchant à venger les être aimés qu’elle a perdu. Le chemin de la rédemption et de la vengeance est long et semé d’embûche et une nouvelle fois, l’aide d’un Titan sera nécessaire pour qu’Irenis arrive à ses fins.
Visuellement, Zivorad Radivojevic fait des merveilles. Son style semi-réaliste, presque pictural par moments, s’accorde parfaitement à l’ambiance antique et onirique de l’œuvre. Les scènes marines sont sublimes de fluidité et de mystère, contrastant avec la brutalité sèche des séquences terrestres. La mise en couleur d’Arif Prianto mérite une mention spéciale : les teintes froides, tirant sur les bleus profonds et les verts sombres, évoquent à merveille les profondeurs océaniques et l’univers oppressant des dieux. L’ensemble crée une atmosphère cohérente, à la fois belle et inquiétante. N’oublions pas de mentionner les jeux de lumière très impressionnants.
Comme les autres tomes de Titans, Irenis peut se lire indépendamment. Cependant, les lecteurs fidèles apprécieront les résonances avec les tomes précédents, notamment sur le rôle des dieux et les liens entre les héroïnes. Il s’inscrit dans cette fresque mythologique contemporaine où chaque volume éclaire un pan de la légende sous un jour neuf.
ET FINALEMENT
Et finalement, Irenis confirme l’excellence de la série Titans. Avec sa protagoniste inoubliable et son regard lucide sur la cruauté divine, ce tome offre une lecture à la fois viscérale et poétique. Une réussite tant sur le fond que sur la forme. Ce quatrième tome sonne le glas de la série qui était construite comme étant une mini-série de 4 épisodes. C’est une excellente idée de s’arrêter là, pour présenter autre chose, et ne pas s’essouffler.
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