Vitis Prohibita : La critique
Vitis Prohibita est un très intéressant documentaire revenant sur l’histoire des vignes non autorisées ou interdites en France d’origine américaine.
Le réalisateur Stephan Balay a parcouru plusieurs pays, dont la France, pour comprendre pourquoi des souches qui ont permis de sauver les vignes européennes ont subitement été frappées d’un tabou est interdites à la vente.
En effet, en 1854, la crise de l’oïdium a fait des ravages et en 1882, le phylloxéra a achevé de décimer les vignes européennes et les souches utilisées traditionnellement pour la production de vins. C’est des États-Unis, où des chercheurs français ont récupéré des cépages pour travailler dessus, qu’est venue la solution. Car les souches américaines, ayant évolué avec ces organismes et y étant naturellement résistantes, ont permis, grâce au greffage, de faire croître les vignes européennes sur des pieds de vigne américaine.
Mais en 1934, l’Europe se trouve confrontée à une grosse surproduction viticole, entre autres liée aux cépages américains : Noah, Othello, Isabelle, Jacquez, Clinton et Herbemont.
Ces vins n’ont plus le droit d’être commercialisés, mais restent autorisés pour la consommation familiale. Ce qui est toujours le cas dans un certain nombre de régions ou les viticulteurs essayent maintenant de réhabiliter ces vignes et de commercialiser un vin différent de ceux que l’on consomme traditionnellement.
1958 a vu un classement des cépages, avec certains interdits et d’autres dont la production est non autorisée à la vente. Ce sont principalement les cépages hybrides producteurs directs qui sont concernés, alors que les souches locales, considérées comme plus "nobles", sont mises à l’honneur. Par la suite, l’interdiction a été levée, alors que la vente a continué à être interdite.
Stephan Balay donne la parole à des vignerons, des experts et des historiens français, européens et américains. Ces derniers permettent de comprendre mieux pourquoi ces vignes, après avoir été des sauveuses, ont été considérées comme des parias. Un véritable travail est mené actuellement pour proposer de nouveaux produits, parfois appelés vin de fruits, n’ayant pas le droit à l’appellation de vin.
Le documentaire est rempli d’anecdotes et de faits très intéressants concernant l’histoire des vignes mondiales. Les personnes rencontrées sont captivantes et donnent une grande envie de découvrir la production de ces raisins naturellement plus biologiques que les vignes européenne et dont la différence gustative doit incontestablement apporter un plus à un repas.
Vitis Prohibita est un très sympathique documentaire parlant de vignes ostracisées et expliquant pédagogiquement la raison de ce statut. En donnant la parole à des passionnés et des connaisseurs, le film permet d’apprendre de nombreuses choses et de voir les vignes d’un autre œil.
Sympathique et didactique.
SYNOPSIS
Cela pourrait-être une légende, mais c’est l’histoire bien réelle d’une tentative d’assassinat réglementaire, la mise au ban d’une poignée de cépages déclassés, des vins interdits, accusés de tous les maux, rendus coupables d’avoir mauvais goût et incriminés de rendre fou. Leur crime ? Résister. Résister aux maladies, être naturellement adaptés aux changements climatiques et s’affranchir des pesticides et autres produits qui inondent la viticulture moderne. Bravant une législation extrêmement hostile et en dépit de la très mauvaise réputation de ces cépages, des paysans rebelles, convaincus de leurs vraies valeurs, n’ont cessé de cultiver les interdits. Les cépages résistants n’ont pas dit leur dernier mot. Le film propose un voyage œnologique en France, Italie, Autriche et Roumanie et États-Unis afin de mieux comprendre l’histoire et les enjeux des cépages résistants.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 31
– Titre original : Vitis Prohibita
– Date de sortie : 06/11/2019
– Réalisateur : Stephan Balay
– Distributeur : Les Films des Deux Rives
LIENS
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