Rambo First Blood : La critique

Date : 15 / 07 / 2015 à 10h07
Sources :

Unification


Incontestablement le meilleur opus d’une saga qui a gâché son héros, suite après suite, alors que cet excellent film de Ted Kotcheff pouvait au moment de sa sortie prétendre si ce n’est à l’appellation de chef d’oeuvre, au moins à celle de "pépite".
Courageux et brillant, ce plaidoyer en faveur des anciens combattants du Vietnam, malmenés par la population américaine lors de leur retour au pays, m’avait à l’époque bouleversée.
Encore jeune et toute auréolée d’une fougue innocente, farouchement antimilitariste, confondant mes envies de Paix avec la Non Violence, j’ai pris une véritable claque.

Pas plus que ça attirée par les "films d’action", c’est avant tout l’histoire qui m’avait amenée dans la salle, et connaissant l’interprète, rendu célèbre par son personnage de Rocky Balboa, j’étais curieuse de voir ça. Je savais Sylvester Stallone capable de m’étonner après l’avoir vu aussi dans l’admirable F.I.S.T de Norman Jewison où il campait un membre du syndicat des camionneurs dans les années trente.

Quelques années plus tard, dans la peau de John Rambo, je trouve qu’il avait remarquablement pris la défense de "ces petits gars" qui au retour du front asiatique s’étaient vus conspués par une population, devenue entre temps pacifiste et qui leur avait mis sur le dos toute la rancoeur qu’elle aurait dû réserver à son élite politique.

Derrière l’esbroufe, la pyrotechnique, les explosions en matière de ponctuation, il faut lire dans ce scénario bien mené, le cheminement d’une catégorie d’êtres humains particulière dans un contexte tout aussi spécial. Encore frais dans l’esprit du public, moins d’une décennie après le conflit.
John qui revient de la guerre traumatisé, ne demande rien à personne et n’aspire qu’à la paix. Mais on lui a appris à maîtriser l’art du combat. Et lorsqu’il se trouve acculé, par, il faut bien l’avouer, une troupe "d’abrutis de classe mondiale", menés par le sublimement détestable Brian Dennehy (formidable acteur - particulièrement dans le rôle du "sheriff plus bourrin tu meurs"), il n’a d’autre choix que de faire usage de sa force et de sa détermination, toutes deux redoutables.

On peut évidemment trouver le film, déjà un peu "too much", trop "explosif"... personnellement, j’en ai souri, autant la première fois que je l’ai vu, qu’aujourd’hui, mais j’estime que cela lui donne tout de même pas mal de "relief". Sans avoir besoin de recourir à la 3D. (Sourire). Voyons... Rambo a ses détracteurs, mais il faut avouer que ce premier volet, qui méritait de mon point de vue de rester un "one shot", unique, par sa thématique militante, est plutôt réussi.
Personnellement, il m’a conquise dès sa première sortie et cette restauration rend hommage à l’oeuvre conçue à l’époque. Gageure technique.
On gardera en mémoire la splendide bande originale de Jerry Glodsmith (Alien, Mulan, Poltergeist, j’en passe...) passé maître dans l’art d’habiller un film.

La conjoncture actuelle pourra voir les vétérans d’hier remplacés par de plus jeunes, revenus de plus récents combats, de pays encore en guerre à cette heure, et d’aucuns ressentir de la compassion à leur égard, en voyant le triste traitement fait à Rambo qui du coup prend à nouveau valeur de symbole.

Si seulement cela pouvait faire réfléchir... pas aussi simpliste que "la guerre c’est pas bien", ce film a le mérite de montrer à quel point le respect de l’être humain peut être bafoué, et je ne parle pas que de ceux qui ont risqué leur peau pour défendre leur patrie !

Je suis restée non violente dans l’âme, mais j’ai appris à comprendre l’utilité de l’armée, pas uniquement depuis Rambo, on pourrait citer de nombreux films qui exaltent l’aura de "nos héros" par delà les frontières. Ceci dit sans ironie, car j’avoue qu’il m’a aidé à repenser ma position vis à vis des soldats, de leur notion du sacrifice, avec laquelle j’ai encore du mal...
Respect.

Un film intelligent, en dépit de l’exubérance de ceux qui ont suivi, ridiculisant un personnage qui méritait bien mieux que ça. A l’origine emblématique d’une génération perdue, de jeunes GI désavoués, Rambo s’est par la suite enlisé dans une autre forme de bourbier, un peu trop commercial, devenant une caricature de lui-même. Dommage.

Puissant, ce premier épisode de la série reste mon préféré, le seul que je revois toujours avec la même émotion.

Mythique.


SYNOPSIS


Interdit aux moins de 12 ans

John Rambo est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d’armes.
Alors qu’il s’apprête à traverser une petite ville pour s’y restaurer, le Shérif Will Teasle l’arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s’enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents.
Traqué comme une bête, l’ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le fugitif. Le Colonel Trautman, son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s’entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 1 h 37
 Titre original : First Blood
 Date de sortie- version restaurée : 15 juillet 2015
Année de production : 1983
 Réalisateur : Ted Kotcheff
 Scénaristes : David Kozoll,William Sackheim, Sylvester Stallone, Michael Kozoll
D’après l’oeuvre de David Morrell
 Interprètes : Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy
 Photographie : Andrew Laszlo
 Montage : Joan E. Chapman
 Musique : Jerry Goldsmith
 Décors : Wolf Kroeger
 Producteur : Carolco Pictures
 Distributeur : Tamasa Distribution

LIENS


 SITE OFFICIEL
 ALLOCINÉ
 IMDB

PORTFOLIO



Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


Maximilien Kolbe : La critique
Les Goûteuses d’Hitler : La critique
La Vénus électrique : La critique
Obsession : La critique
The World of Love : La critique
The Punisher - One Last Kill : Comment Marvel a créé l’histoire la (…)
Scream : Le conflit juridique concernant les droits du masque de (…)
The Testaments : Critique 1.08 Brisée
James Bond : Nina Gold se met en chasse !
Les séries des années 80 impossibles à produire aujourd’hui : (…)
Maximilien Kolbe : La critique
VisionQuest : Une première image énigmatique du spin-off de WandaVsion
La Défense Lincoln : La série annulée
Les Renouvellements et Annulations : 16 mai 2026
Crunchyroll - Bandes annonces : 16 mai 2026
Unification france est copyright (c) 1997 - 2026 Unification France. Tous droits réservés.