Il était une fois les séries : La Cloche tibétaine

Date : 04 / 11 / 2026 à 08h00
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LA CLOCHE TIBÉTAINE

– Type : Mini-série d’aventure
– Disponibilité : INA
– Diffusion Fr. : ORTF 1 (1974)
– Épisodes : 7 x 74 à 55 minutes
– Réalisateurs : Michel Wyn, Serge Friedman
– Scénariste : Henri Viard
– Interprètes : Wolfgang Preiss, Philippe Léotard, Coluche, Gilles Béhat, Henri Villerouge, André Lawrence...

En 1931, l’industriel André Citroën entend prouver qu’aucun obstacle ne peut arrêter ses véhicules modernes. Il organise donc la traversée en autochenilles de l’Asie centrale, de Beyrouth à Pékin. Un feuilleton d’aventures haletant, avec Coluche, tourné dans des paysages grandioses, et inspiré d’une véritable expédition, la "Croisière Jaune".

La Croisière Jaune (qui fut nommée aussi Expédition Citroën Centre-Asie ou encore Grande Expédition sino-française de la 19e année) fut lancée pour un coup publicitaire du constructeur automobile. Reliant Beyrouth à Pékin, elle est la troisième du genre après la traversée du Sahara puis la Croisière noire à travers le continent Africain. Elle fut confiée à Georges-Marie Haardt, comme les deux premières, pour commander le groupe Pamir qui voyagea d’ouest en est. Le groupe Chine fut, lui, confié au jeune Victor Point pour voyager d’est en ouest.

La série La Cloche tibétaine, du nom de celle que l’on attache au véhicule de tête pour porter chance à l’expédition, retrace avec largesse cette épopée légendaire. En exploitant la dualité de l’expédition en alternance à chaque épisode pour finir par la rencontre et la descente sur Pékin, la mini-série adopte un format original, du double point de vue de personnages attachants. Pour la narration, au véritable trajet et aux véritables noms des participants, on ajoute des caractères plus marqués et de nombreuses péripéties sans véritablement trahir l’expédition originale. Si les affrontements armés furent moins nombreux et moins épiques, la consistance même des dangers fut similaire, impliquant arrestations, tensions politiques locales et nombreux soucis mécaniques.

La série met en avant le génie français, fait de débrouille et d’honneur, face aux autres nations coloniales et aux populations locales. On y retrouve un peu de MacGyver dans les plans à base de sciences et de mécanique pour se sortir, à la volée, de toutes situations dangereuses, un peu des convois périlleux du Salaire de la Peur ou d’Un Taxi pour Tobrouk (un personnage, le cuisinier du groupe Pamir ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à Charles Aznavour dans ce dernier), un peu des moqueries entre Français et Anglais de La Grande Vadrouille, un peu des turpitudes de Lawrence d’Arabie, et beaucoup des défis du Tour du Monde en 80 jours (un carton citant Jules Verne ouvre d’ailleurs les hostilités), entre autres. Toutes ces œuvres ont certainement grandement inspiré la mini-série.

Chaque groupe est attachant et surmonte l’adversité avec courage tout en utilisant ses propres forces et soutiens (locaux ou lointains). Si les groupes sont gouvernés par les véritables héros de la série, l’expérimenté mais malade du cœur Georges-Marie Haardt et le jeune et charmant Victor Point qui désire plus que tout faire ses preuves (sans doute les portraits les plus proches des personnes réelles), d’autres membres ont des heures de gloire. Dans le groupe Pamir, le gouailleur mécanicien (Cécillon) incarné par Coluche lui prête son humour, et dans le groupe Chine, le second (Petro) incarné par Philippe Léotard, est, lui, parfaitement calme et empathique. On se souviendra aussi du cuisinier et de sa tambouille, du père Teilhard mais surtout de celui qui incarne le chef de tout cela, Haardt, interprété par Wolfgang Preiss, cet acteur allemand qui joua beaucoup d’officiers nazis (Le Jour le plus long, Paris brûle-t-il ? Un pont trop loin), mais aussi qui fut le Dr Mabuse dans les nombreux films de la franchise et qui, dans la série, est doublé par Raymond Loyer, la voix française de John Wayne, de Charlton Heston ou de Zoltar dans La Bataille des Planètes.

Le plus incroyable dans tout cela fut le tournage que l’on devine terriblement difficile, dans des lieux naturels et magnifiques, faisant ressembler l’ensemble, parfois, à un reportage de l’extrême. Les décors n’en sont pas (les bâtisses sont authentiques, tout le temps) et les figurants sont des locaux qui regardent la caméra. Les épisodes 5 et 6, qui constituent les deux points les plus dangereux de l’expédition (l’Himalaya pour le groupe Pamir et le désert de Gobi pour le groupe Chine) se passent presque de paroles tellement le danger est partout dans ces grands moments d’aventure.

La fin, à la fois dramatique et poétique, renforce la philosophie qui imprègne l’ensemble.

Voici le descriptif des 7 épisodes :

1. Les Nomades : L’expédition, ou plutôt les expéditions, se préparent. Bien que le médecin lui déconseille les hautes altitudes, l’élégant ingénieur en chef des usines Citroën, Georges Marie Haardt, commandera le groupe Pamir. Victor Point, lieutenant de vaisseau de 28 ans, dirigera le groupe Chine. L’expérimenté Haardt ne réserve pas le meilleur accueil au jeune Point...

2. Le Coeur de la vieille Chine : Victor Point et Petropavlovsky, sont arrivés les premiers à Tien Tsin pour accueillir le cargo français portant le matériel automobile. Ils retrouvent à la gare le groupe "Chine" qui a traversé l’Asie avec le transsibérien soviétique. Le montage des voitures peut commencer...

3. Le Piège : Le groupe Haardt en a fini avec les plateaux désertiques et surchauffés de l’Afghanistan oriental et aborde la cuvette de l’Indus. Il pénètre dans le territoire contrôlé par les Britanniques et prend contact avec les officiers du First Gordon Highlanders qui surveillent les passes de Khyber, où les tribus locales sont en révolte.

4. L’Escadron d’or : Le groupe Chine continue sa progression en Orient. Les autoschenilles arrivent à Kalgan, ville frontalière avec la Mongolie, aux portes du désert de Gobi. L’expédition porte secours à deux trafiquants de fourrures poursuivis par une bande de pillards...

5. Le Toit du monde : Arrivés à Srinagar, tous les membres sont introduits dans le palais féerique du maharadjah de Cashmere. Le gouvernement britannique leur présente le colonel Vivian Gabriel, spécialiste des Hautes Indes, délégué par le Colonial Office pour aider au franchissement de l’Himalaya. Haardt décide de risquer le tout pour le tout.

6. Les Chevaux de fer : Le groupe Chine a atteint le désert de Gobi, sous la conduite de Gumbo, le guide mongol. Il n’y a pas de piste dans le Gobi et la mission progresse grâce aux "obos", de petits rochers faisant office de bornes. En chemin, Gumbo s’aperçoit que les "obos" ont été déplacés. Et l’équipe semble tomber au beau milieu d’une guerre...

7. Les Chemins de l’espérance : Une fois l’Himalaya franchie, le groupe Haardt retrouve les plateaux désertiques. Il ne reste plus que deux véhicules pour faire la jonction avec la caravane de Victor, disparue des radars. Bloqués dans leurs véhicules depuis quatre jours par un ouragan au milieu du désert, l’équipe Haardt vit peut-être ses dernières heures...

GÉNÉRIQUE



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