The Boys : La critique de la saison 5

Date : 24 / 05 / 2026 à 16h00
Sources :

Unificationfrance


THE BOYS - SAISON 5

 Date de diffusion : du 15/04 au 20/05/2026
 Plate-forme de diffusion : Prime Video
 Épisode : 5.03, Vous êtes tous des gros bâtards - 5.04, Roi des Enfers - 5.05, Cul sec - 5.06, Même si le Ciel s’effondre - 5.07, Le Français, la Femme et un mec qu’on appelle La Crème - 5.08 On Ne Prend Plus De Gants
 Réalisateurs : Karen Gaviola, Phil Sgriccia, Catriona McKenzie, Sylvain White
 Scénaristes : Ellie Monahan, Geoff Aull, Judalina Neira, David Reed, Anslem Richardson
 Interprètes : Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr, Erin Moriarty, Laz Alonso, Tomer Kapon, Nathan Mitchell, Chace Crawford, Colby Minifie, Susan Heyward, Valorie Curry, Asa German, Maddie Phillips, David Andrews, Daveed Diggs, Cameron Crovetti, Jensen Ackles, Tim Daly, Giancarlo Esposito, Jared Padalecki, Misha Collins, Jaz Sinclair, London Thor, Lizze Broadway, Frances Turner, Marisa McIntyre, Jim Beaver, P.J. Byrne

LA CRITIQUE

Les Boys et les Supers ne tombent pas forcément comme des mouches, dans une ultime saison de The Boys, la série de pseudo super-héros de Prime Video, qui n’a pas vraiment mis les petits plats dans les grands...

Que dire de la saison 5 de The Boys ? Était-elle extraordinaire ? Non, pas vraiment. Était-elle mauvaise ? Non, pas vraiment non plus. Située entre "moyenne" et "bonne", cette dernière saison aura été aussi décevante que captivante à regarder.

Décevante

Si le créateur Eric Kripke, les producteurs délégués en tout genre et les stars de la série n’avaient pas passé la dernière année écoulée à nous prévenir que les épisodes seraient la scène d’un véritable carnage, l’attente pour la saison 5 n’aurait pas été la même, et les téléspectateurs auraient visionné les épisodes sans se demander qui allait mourir, et qui allait rester en vie. Car il est là le problème : on nous a promis un carnage, que ce soit du côté des Boys - après tout, c’étaient les plus vulnérables de la série, les personnages étant pour la plupart humains et n’ayant donc pas de pouvoirs - ou du côté des membres de ce qui restait des Sept.

De carnage, il n’y en a pas eu, en tout cas pas comme on l’entend si on parle le langage de The Boys. Après un début marqué par la chute d’un membre des Sept (pas le plus populaire, ni même le plus connard du groupe), on avait pensé que la série commençait doucement, prenant ainsi à contre-pied ce que disait Kripke lui-même. Puis, on a suivit les épisodes les uns après les autres, et le massacre annoncé, tant espéré, tant redouté, n’a pas vraiment eu lieu. Quelques Supers sont bel et bien tombés, mais il s’agissait de recrues arrivées en cours de route, pas de personnages originaux, et rien de ce qui leur est arrivé n’a été plus choquant que ce qui était déjà arrivé à certains Supers tout au long de la série.

Du côté des Boys, combien de fois Le Protecteur (Antony Starr) aurait-il pu pulvériser certains de ses plus grands détracteurs ? Des milliers de fois (et il le dit lui-même dans le dernier épisode de la série). Pourtant vulnérables, les Boys sont pourtant ceux qui s’en sortent le mieux en quantité. Car la perte de leurs membres les plus tourmentés est un véritable déchirement, tant du côté de leurs acolytes que des téléspectateurs, qui ont appris à comprendre et à aimer les imperfections de ces personnages.

On a également l’impression que la production n’avait pas vraiment les moyens de ses ambitions. Les saisons précédentes de la série nous avaient habitué à du grand luxe d’un point de vue décors et autres effets visuels décalotants. Cette année, et Kripke nous avait également prévenu sur ce point, il n’y a pas vraiment eu de révolution technique. Bref, on est loin du compte.

Captivante

Mais la saison 5 de The Boys, cela avait déjà été dit ultérieurement, c’est une pure saison de The Boys. On y retrouve, tout au long des épisodes, cette satire si caractéristique de la série : la société américaine, voire occidentale, y est taclée de tous les côtés, que ce soit la politique, les multinationales, les riches milliardaires (y en a même un dans la vraie vie qui s’est un peu senti visé), et les leaders religieux, tout y est passé à la moulinette Vought, et c’est presque jouissif.

De plus, au delà du massacre qui n’a pas eu lieu, sujet du précédent paragraphe écrit plus haut, les histoires des épisodes étaient satisfaisantes. L’idée de rendre Le Protecteur immortel est glaçante et a permis aux épisodes d’avoir une certaine matière narrative. Et quand il s’est agi de carrément le rendre l’égal d’un dieu, cela avait une certaine résonance, quand on pense par exemple aux diverses et variées églises fondamentalistes qui fleurissent aux États-Unis, et suivies par une population conservatrice égale à elle même, qui gobe à peu près tout ce qu’on leur met sous le nez. Là encore, ce phénomène décrit avec le langage The Boys est glaçant, tant on a l’impression que c’est quelque chose de complètement possible dans une Amérique acquise à MAGA.

Enfin, on explose de rire quand on voit comment certains des pires personnages de la série passent de vie à trépas. On ne pouvait pas imaginer qu’un bâillon-boule pouvait tuer de cette manière. On ne pouvait pas non plus imaginer une barre à mine utilisée tel un décapsuleur de crâne. Et pourtant, The Boys l’a fait. Et quel bonheur que de voir un pseudo super-héros finir dévorer par un milieu dont il est soit-disant le porte-étendard... De l’autre côté de la table, on a des morts franchement touchantes dans le rang des Boys. Les producteurs avaient véritablement un parti-pris dans la série - et on ne pas ne pas être d’accord avec eux, et la façon dont ils ont conçu la mort des personnages qui y sont passés en est la preuve irréfutable.

Conclusion

La saison 5 de The Boys n’est pas la meilleure de la série (la première me paraît être la mieux placée pour obtenir La Palme d’Or, mais ce n’est que mon humble avis). Dans ce cas, est-elle la pire saison ? Je ne le pense pas non plus (et je me refuse de me prononcer sur ce point). La saison est faite de quelques bas, rattrapés par des hauts, excusez mon manque d’originalité ou de vocabulaire, franchement à la hauteur. L’émotion y a sa place, et même en plein milieu du carnage final de la série, Kripke et ses sbires - aidés par d’excellents acteurs - arrivent à nous toucher et à faire fondre nos petits coeurs de brutes épaisses...

NOTE SAISON 5

BANDE ANNONCE



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