Warner Bros Discovery : Netflix remporte les enchères ; Paramount ne lâche pas l’affaire
Netflix et Warner Bros. Discovery ont trouvé un accord pour fusionner, alors que le tout Hollywood voit l’affaire d’un très mauvais oeil. De son côté, Paramount est prêt à lancer les hostilités...
Le conglomérat de David Zaslav a donc annoncé que Netflix avait fait la meilleure offre pour racheter l’entreprise. L’accord fait déjà l’objet de vives critiques et Paramount ne compte pas renoncer à ses ambitions. Ainsi, une fois de plus, l’avenir de la société propriétaire de Star Trek est incertain.
Le rachat de Warner Bros. par le géant du streaming s’élève à près de 83 milliards de dollars. Cette acquisition fait suite à la scission prévue de Warner Bros. l’année prochaine, les actifs câblés (CNN, TBS, etc.) devant être transférés dans une entité distincte. Selon Netflix, l’opération "offrira plus de choix et une meilleure valeur ajoutée aux consommateurs, créera davantage d’opportunités pour la communauté créative et générera de la valeur pour les actionnaires". Cependant, cette vision a suscité le scepticisme de Wall Street : l’action Netflix a chuté de plus de 3%, après une baisse de près de 10% depuis l’annonce de leur intérêt en octobre.
Pour la communauté créative hollywoodienne, l’annonce de l’accord a été accueillie avec véhémence, suscitant des inquiétudes quant à la réduction des sorties en salles et à la concurrence accrue pour les contenus originaux. Alors que les rumeurs concernant l’accord se répandaient, un groupe de célébrités a adressé une lettre au Congrès, affirmant que cet accord "étoufferait le marché de l’exploitation cinématographique". Maintenant, la Writer’s Guild of America (le syndicat des scénaristes, la WGA) s’est jointe à ce mouvement, déclarant : "Cette fusion doit être stoppée", et la Director’s Guild a exprimé de "vives inquiétudes".
Des organisations professionnelles représentant les exploitants de salles de cinéma aux États-Unis et en Europe ont également annoncé leur intention de faire pression contre l’accord. Le Congrès a déjà condamné l’accord de manière bipartite, la sénatrice Elizabeth Warren le qualifiant de "cauchemar anti-monopole" pour les consommateurs. Tout accord de cette nature devrait obtenir l’approbation des autorités de régulation du monde entier, et il semblerait déjà que l’administration Trump l’envisage avec un "grand scepticisme". La plupart des analystes estiment que Netflix aura fort à faire pour obtenir l’approbation des autorités de régulation, ce qui explique en partie pourquoi l’entreprise a ajouté un bonus de 5,8 milliards de dollars à son offre, que WBD pourra conserver si l’accord n’aboutit pas.
De son côté, Paramount prépare sa contre-attaque. L’un des atouts du studio de David Ellison dans cette bataille résidait dans ses relations plus étroites avec l’administration actuelle. Il est clair que le nouveau PDG souhaite utiliser cet accord pour propulser Paramount Skydance au rang des plus grands groupes de médias, capable de rivaliser directement avec Disney. Paramount envisagerait de porter l’affaire devant les actionnaires via une OPA hostile, arguant de la supériorité de son offre. Le groupe proposait 30 dollars par action contre 27,75 dollars pour Netflix. Cependant, Paramount visait l’intégralité de WBD, tandis que Netflix n’était pas intéressé par les chaînes câblées de WBD.
Finalement, Paramount Skydance a déjà lancé les hostilités, en adressant hier une lettre au conseil d’administration de WBD. L’entreprise y affirme que l’accord avec Netflix comporte des risques "substantiels" et accuse le conseil d’avoir agi de mauvaise foi et dans l’intérêt des actionnaires. Tous les analystes s’accordent à dire que cette saga est loin d’être terminée et pourrait durer des années. À court terme, il semble peu probable que la société productrice de Star Trek fusionne avec un studio et une plateforme de streaming encore plus importants.
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