Vente de Warner Bros : James Cameron vs Ted Sarandos
Ce n’est un secret pour personne : James Cameron est pour l’expérience cinématographique dans une salle obscure (mais il n’est pas contre l’idée de vendre des lunettes 3D pour agrémenter le visionnage de films à la maison), et quand Netflix envisage de s’accaparer d’un des plus grands studios hollywoodien, Warner Bros, il ne le voit pas d’un très bon oeil...
L’affrontement entre le cinéaste canadien légendaire et le co-PDG du leader du streaming a commencé quand le premier est allé écrire une lettre au sénateur américain trumpiste Mike Lee, pour lui expliquer que "le projet de vente de Warner Brothers Discovery à Netflix sera désastreux pour l’exploitation cinématographique en salles". Par ailleurs, se sentant suffisamment influent pour exprimer son opinion, Cameron souhaite également faire savoir à Lee qu’un courant d’opinion, certes discret mais néanmoins important, se dessine à Hollywood contre le rachat des actifs prestigieux du studio centenaire par la plate-forme de streaming.
"M. Sarandos est une bonne personne, un chef d’entreprise brillant et un innovateur, mais les objectifs de sa société sont en contradiction directe avec la santé du marché du cinéma", déclare le réalisateur de Titanic et Avatar. "Si de tels films ne sont plus produits en raison d’une contraction accrue du marché, qui ne manquera pas d’accélérer le rachat de Warner Brothers par Netflix, de nombreux emplois seront perdus. Les cinémas fermeront. On produira moins de films. Les prestataires de services, comme les sociétés d’effets spéciaux, feront faillite. Le chômage s’aggravera. À l’heure où le déficit commercial américain est une préoccupation majeure, l’un des plus importants secteurs d’exportation des États-Unis sera durement touché. Sans parler du coût pour notre plus grande exportation culturelle : le cinéma. Les États-Unis ne sont peut-être plus leaders dans la production automobile ou sidérurgique, mais ils restent le leader mondial du cinéma. Cela va changer, et pas en bien."
Lee lui a répondu : "Nous avons été contactés par des acteurs, des réalisateurs et d’autres parties intéressées au sujet du projet de fusion entre Netflix et Warner Bros., et je partage nombre de leurs inquiétudes. J’ai hâte de tenir une audition de suivi pour examiner plus en détail ces questions."
Et même si Sarandos a déjà dit agir en toute transparence, Cameron ne le croit pas : "Bien qu’une promesse de sortie en salles puisse être faite aujourd’hui pour apaiser les critiques de cette fusion mal conçue, rien ne garantit la manière dont Netflix gérera ses activités dans les années à venir", écrit Cameron, qualifiant de "ridiculement courte" la promesse de Netflix d’une fenêtre de sortie en salles de 17 jours. "Leur engagement à soutenir les sorties en salles (une activité fondamentalement incompatible avec leur modèle économique principal) risque de s’évaporer d’ici quelques années. Quel est le véritable impact de cet accord ?"
De son côté, Sarandos déplore que Cameron se soit associé à une "campagne de désinformation de Paramount"...
"J’ai été particulièrement surpris. J’ai rencontré James personnellement fin décembre et je lui ai exposé notre engagement de 45 jours pour la diffusion des films en salles et pour le catalogue Warner Bros. J’ai évoqué cet engagement à maintes reprises dans la presse. J’ai même juré sous serment devant la sous-commission antitrust du Sénat que nous respecterions cet engagement. Je suis donc particulièrement surpris et déçu que James ait choisi de participer à la campagne de désinformation de Paramount qui dure depuis des mois au sujet de cet accord. Je n’ai jamais prononcé les mots « fenêtre de 17 jours ». Je ne sais donc pas d’où cela sort ni pourquoi il ferait partie de cette machine."
Et allant lui aussi de sa petite lettre au sénateur Lee, Sarandos a déclaré : "Je respecte énormément M. Cameron et j’adore son travail. Mais sa lettre déforme sciemment notre position et notre engagement envers la sortie en salles des films Warner Bros. J’ai également dit la même chose à M. Cameron lors de notre rencontre le 20 décembre 2025, peu après l’annonce de notre accord pour l’acquisition de Warner Bros. Lors de cette rencontre, nous avons discuté des projets de Netflix concernant Warner Bros., notamment de notre engagement de 45 jours. M. Cameron s’est montré très favorable. Il était même plus enthousiaste à l’idée de parler des lunettes de visionnage de films à domicile qu’il développe avec Meta que des fenêtres d’exclusivité pour les films en salles."
Tout ce mic mac intervient alors que Sarandos a passé la semaine dernière à convaincre les médias et les acteurs du secteur que l’option Netflix était la meilleure possible pour le rachat de WBD. Pendant ce temps, Paramount Skydance a eu une semaine pour négocier son offre de 103 milliards de dollars adressée à David Zaslav. Du côté de Cameron, même s’il ne l’a pas dit clairement, il semble soutenir l’option Paramount dans le rachat, Paramount qui doit sortir en avril prochain son Hit Me Hard and Soft, le film-concert dédié à la tournée mondiale de Billie Eilish.
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