Deathbringer : La critique
DEATHBRINGER
– Date de sortie : 12 novembre 2025
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Ismaël Legrand
– Dessin : Ismaël Legrand
– ISBN : 978-2413088547
– Nombre de Pages : 200
– Prix : 25,50 euros
DESCRIPTION
Un guerrier énigmatique et une inquisitrice unis sans le savoir dans leur lutte contre une redoutable entité maléfique. Avec ce premier album au noir et blanc puissant, Ismaël Legrand pose un regard neuf sur la dark fantasy.
Un guerrier solitaire arpente les terres ravagées d’un univers médiéval hanté par des forces occultes. Au même moment, une jeune inquisitrice renoue avec son ascendance païenne afin de percer le secret de ses origines. Le lien qui les unit se révèlera à travers leur lutte commune contre un dévoreur de mondes qui s’est échappé de sa prison magique pour corrompre les âmes et détruire le vivant.
LA CRITIQUE
Henge est une jeune inquisitrice tiraillée entre son devoir et sa nature profonde. Elle remet en question le bien-fondé de ses actions tout en cherchant désespérément à comprendre ses origines. En parallèle, un guerrier mystérieux traverse des terres ravagées par des forces occultes, au sein d’un univers médiéval sombre et brutal. Peu à peu, leurs destins se rejoignent. Tous deux se retrouvent unis dans une lutte commune contre une menace terrifiante, un dévoreur de mondes, emprisonné depuis des siècles par la magie et désormais échappé, prêt à corrompre les âmes et à répandre la destruction.
Ismaël Legrand signe ici un one-shot ambitieux de Dark Fantasy mais vraiment très très Dark. Tellement qu’il pourrait être compliqué d’accès mais croyez moi, le jeu en vaut la chandelle.
Le récit mêle quête personnelle, mysticisme et grand combat cosmique. Le cœur du récit prend la forme d’une double narration, d’un côté, le guerrier errant, à la figure christique (tour à tour symbole de solitude et de puissance, et de l’autre, l’inquisitrice qui, en renouant avec ses racines païennes, remet en question l’ordre établi et les dogmes qu’elle est chargée de défendre. Cette tension entre devoir et identité nourrit l’intrigue, rendant leurs actions profondément humaines, même dans un univers surnaturel.
L’enjeu principal va bien au-delà d’une simple bataille, il s’agit de la survie de l’âme, et du monde. Le dévoreur de mondes n’est pas seulement une menace physique, mais spirituelle, sa corruption vise à altérer les êtres, à pervertir ce qui vit, à détruire la frontière entre la matière et l’âme. Cette dimension eschatologique installe un poids moral, et la quête devient une course contre le mal primordial. Legrand réussit à équilibrer les moments d’introspection (l’inquisitrice explorant ses origines) avec les scènes d’action imposantes, sans sacrifier la profondeur. Le récit invite le lecteur à réfléchir sur le pouvoir, la foi, la rédemption, mais aussi sur la nature du mal et des sacrifices nécessaires pour le contenir.
Ismaël Legrand n’est pas seulement scénariste sur ce projet, il assure également le dessin, ce qui donne une forte cohérence artistique à Deathbringer. Il nous offre un noir et blanc de toute beauté. Son trait, à la fois fin et expressif, fonctionne particulièrement bien pour représenter les paysages désolés, les cités ravagées et les figures occultes. Les planches résonnent d’une atmosphère lourde, presque oppressante : les ombres sont profondes, les contrastes marqués, et les moments magiques ou mystiques sont traités avec sobriété, renforçant l’aspect inquiétant.
Les personnages, quant à eux, sont bien rendus, le guerrier impose par sa stature, sa posture, l’action le définit autant que son regard, tandis que l’inquisitrice se dessine avec des traits plus subtils, plus sensuelle, presque fragiles, mais porteurs d’une force intérieure. Les décors païens, imprégnés de symboles anciens, sont travaillés avec minutie, et les séquences liées à la magie ou à l’entité maléfique sont visuellement puissantes, sans tomber dans l’excès.
Cette histoire intense où la magie côtoie la religion et l’inquisition, saura séduire particulièrement les lecteurs qui aiment les univers fantastiques imposants, les quêtes mystiques et les récits où le combat n’est pas seulement physique, mais aussi spirituel. Les amateurs de Dark Fantasy vont donc se régaler, Deathbringer mérite clairement une place dans leur bibliothèque.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Avec Deathbringer, Ismaël Legrand nous sert une histoire sombre, très sombre, profondément ancrée dans un monde de Dark fFantasy à la Michael Moorcock. C’est une très belle réussite, un one-shot ambitieux, dense, émotionnellement riche, et visuellement abouti, mais qui pourrait sembler difficile d’accès. Legrand prouve qu’il maîtrise à la fois le récit épique et les interrogations intimes, il livre une histoire qui n’est pas seulement une bataille du bien contre le mal, mais une exploration profonde de l’identité, du devoir et du sacrifice.
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