The Neon People : La critique

Date : 21 / 10 / 2025 à 12h00
Sources :

Unification


THE NEON PEOPLE

 Date de sortie : 22/10/2025
 Titre original : The Neon People
 Durée du film : 2 h 04
 Réalisateur : Jean-Baptiste Thoret
 Scénariste : Jean-Baptiste Thoret

LA CRITIQUE

Las Vegas est la ville de la démesure. Plantée au milieu du désert, dédiée aux loisirs, c’est une ville qui ne dort jamais et où les rêves d’argent facile et les addictions s’y côtoient plus que de coutume. Sous cette apparente abondance, s’étend un réseau peu connu de tunnels de plus de huit cents kilomètres de long destiné à évacuer les eaux pluviales. Mais ce n’est pas malheureusement leur seule fonction. Près de deux milles personnes les peuplent.

Jean-Baptiste Thoret est parti à leur rencontre et à leur écoute. Il en résulte un travail respectueux. Le film, The Neon People, est sobre. Il ne tombe jamais dans le spectaculaire ou le voyeurisme. Le réalisateur a fait le choix de ne pas mettre de voix-off, de narration. Il ne s’agit pas de mettre en scène une histoire, mais de nous faire partager les témoignages de ces personnes oubliées de la société.

On imagine la difficulté à mettre en confiance toutes ces personnes éloignées de la société. Face caméra, ces hommes et ces femmes partagent leurs histoires, leurs vies. Des parcours variés, mais toujours douloureux et un jour la décision de descendre en ces lieux.

On plonge dans un quotidien difficile à mille lieux et pourtant tout près des lumières de Las Vegas. On suit des femmes et des hommes que la vie a conduit à se terrer. Bien souvent, le documentaire ne montre pas des gens statiques, mais des gens qui s’activent à améliorer leur cadre de vie, que ce soit l’hygiène ou l’aménagement. Pourtant, tout ceci peut être réduit à néant d’une minute à l’autre par des torrents d’eau. Une vie de misère dans l’incertitude.

La photographie du film permet de se rendre compte de la pénombre qui règne dans ces tunnels où les gens survivent. Cela fait contraste avec les plans du « monde d’en haut ». Cette ville toujours scintillante et brillante de mille feux que ce soit le jour avec son soleil de plomb ou la nuit avec ses multiples enseignes lumineuses.

The Neon People est un film poignant qui donne la parole aux invisibles et nous met face à la dualité de la société américaine.

G

The Neon People est un très bon documentaire se déroulant à Las Vegas et permettant de faire la connaissance d’un certain nombre de sans-abris qui vivent dans les tunnels servant à faire circuler l’eau sous la ville américaine.

Le réalisateur Jean-Baptiste Thoret est allé à leur rencontre et leur donne la parole. Ces derniers peuvent donc conter leur histoire, parler de leurs rêves et de leurs espérances. La caméra s’aventure d’ailleurs souvent dans les tunnels. On en découvre ainsi quelques-uns de ce réseau de plus de 800 km, tout en se focalisant sur les tronçons habités par les sans-abris que l’on rencontre.

On découvre ainsi des habitations parfois élaborées avec des "murs", des lits ou des canapés récupérés et des petites armoires pour stocker les choses que possèdent les différentes personnes. Toutefois, vu la dangerosité des lieux, en cas de pluies importantes, toutes les possessions des personnes installées dans les tunnels peuvent être balayées par les coulées d’eau qui s’y déversent et qui peuvent aussi mettre leur vie en grand danger.

D’ailleurs, ces derniers ont parfois du mal à trouver des abris, car ils peuvent se faire arrêter, voire envoyer en prison. De plus, les points d’accès aux tunnels sont de moins en moins nombreux, les obligeant à être extrêmement prudents ou à utiliser des couloirs parfois peu fréquentables.

L’œuvre se focalise principalement sur des sans-abris blancs. Toutefois, quelques personnes de couleur, vivant dans leur communauté, prennent aussi la parole. Il se passe donc peut-être des choses différentes, avec une organisation qui peut l’être tout autant, dans d’autres endroits et dans d’autres communautés de sans-abri.

De plus, de nombreuses femmes s’expriment. Ce qui est très intéressant, vu qu’elles ne sont pas majoritaires parmi les sans-abris et qu’elles ont des problématiques de sécurité différents. Sans compter que ce sont des personnes que l’on invisibilise encore plus.

Le contraste entre la ville lumière, lieu de tous les plaisirs et de toutes les addictions, et la déchéance de certains individus vivant aux marges de la société est vraiment très grand. Toutefois, ces derniers gardent une certaine dignité et montrent les moyens qu’ils mettent en place pour continuer de survivre jour après jour.

L’addiction aux drogues est aussi très bien montrée. En effet, il faut peu de temps avant que l’individu ayant un travail et une famille décroche et se retrouve à la rue. Le cas concernant un couple touché par l’OxyContin, un opiacé fourni comme médicament aux États-Unis et qui entraîne une addiction très forte, en est un exemple glaçant.

Les portraits proposés sont très diversifiés et font prendre conscience de la manière dont une vie peut changer du tout au tout extrêmement rapidement. Les liens entre les différents protagonistes sont très forts et cette étrange communauté de rescapés a des règles strictes leur permettant de vivre bien ensemble et de s’entraider sans hésiter.

Le long métrage montre aussi les relations que certains d’entre eux ont avec leur famille et avec l’extérieur. Et comment cela peut avoir un impact, positif, ou négatif, sur leur existence actuelle et sur leur état psychologique.

Les paroles de certaines personnes sont d’ailleurs d’une grande force, alors qu’ils s’expriment sur les années passées et sur leur avenir. Car les rencontres faites au cœur du documentaire sont passionnantes et peuvent être aussi source d’inspiration devant la force, la volonté, ainsi que la résilience de certains face à leurs destinées compliquées.

La très belle photographie de Colin Lévêque et de Coline Petit permet de capter un Los Angeles, notamment nocturne, que l’on n’a pas l’habitude de voir. Les déambulations des différents protagonistes, aussi bien en surface que dans les profondeurs des entrailles du réseau des eaux, est non seulement fascinant, mais parfois envoûtant.

The Neon People est un très bon documentaire à la fois instructif et permettant de brosser le portrait d’un microcosme fourmillant d’individus qui ont leur histoire à raconter. Des récits de vie passionnants à écouter qui font passer le film à toute vitesse.

Touchant et profondément humain.

SYNOPSIS

Sous le célèbre Strip de Las Vegas, des milliers de sans-abris vivent dans un immense réseau de tunnels obscurs et insalubres. The Neon People s’intéresse à une poignée d’entre eux et décrit leurs conditions de vie. Mais aussi leurs espoirs.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Photographie : Colin Lévêque, Coline Petit
 Montage : Sébastien de Sainte Croix
 Musique : Jean-Baptiste Thoret
 Producteurs : Alexandre Perrier, Joseph Rouschop pour Kidam
 Distributeur : Lost Films

LIENS

 SITE OFFICIEL
 ALLOCINÉ
 IMDB

GALERIE PHOTOS

The Neon People


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