L’Homme qui rétrécit : La critique
L’HOMME QUI RÉTRÉCIT
– Date de sortie : 22/10/2025
– Titre original : L’Homme qui rétrécit
– Durée du film : 1 h 40
– Réalisateur : Jan Kounen
– Scénaristes : Jan Kounen, Christophe Deslandes d’après l’œuvre de Richard Matheson, Jack Arnold
– Interprètes : Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Daphné Richard
LA CRITIQUE
L’Homme qui rétrécit est le très bon remake du film éponyme de Jack Arnold, sorti en 1957, qui est un véritable chef-d’œuvre et qui adapte le même texte de Richard Matheson.
Le scénario de Jan Kounen et de Christophe Deslandes montre un homme qui, après une sortie en mer, se met inexorablement à rétrécir. Celui-ci va alors se retrouver enfermé dans la cave de sa maison où il va essayer de survivre, tout en cherchant de l’aide.
Le comédien Jean Dujardin, qui incarne parfaitement le personnage principal, a eu un véritable coup de cœur lorsqu’il a découvert le film original. Il s’est battu pendant de nombreuses années afin que la France puisse en faire sa propre version. Car c’est extrêmement rare que d’avoir un remake fait en France d’un film américain.
C’est d’ailleurs Universal qui coproduit le long métrage, après que l’équipe française ait obtenu les droits de cette nouvelle mouture de l’un des grands classiques du cinéma fantastique.
Le réalisateur Jan Kounen a voulu revenir sur le texte original, ce qui offre des variations par rapport à l’œuvre de Jack Arnold. Il s’interroge encore plus longuement sur le sens de l’existence et, en offrant une voix off du personnage principal omniprésente, il montre au plus près les états d’âme qui l’agitent, alors qu’il rétrécit de plus en plus et se retrouve confronté à des dangers grandissants.
Que l’on ait vu le film original ou non, qui est aussi une réflexion philosophique sur la condition humaine, on a tous visualisé des extraits avec un homme poursuivi par un chat géant ou se battant contre une tarentule. Évidemment, ces éléments attendus se retrouvent dans l’œuvre, tout en n’étant pas des copiers-collers de celle originale.
D’ailleurs, il s’agit d’un seul véritable chat, qui est impressionnant, dans le long métrage, alors qu’il en avait fallu une quarantaine dans celui de Jack Arnold. L’effet de réalisme est renforcé par un très gros travail fait, à la fois, sur les mouvements des caméras qui ont été automatisés et sur de vrais décors qui ont été créés à des échelles différentes. Ce qui permet de voir de près ce que perçoit le personnage principal quand il évolue dans des environnements de plus en plus grands.
De plus, en ce qui concerne l’araignée, cette dernière est commune dans les maisons. Ainsi, elle est beaucoup moins imposante qu’une tarentule, mais au fur et à mesure du rétrécissement du personnage principal, elle devient de plus en plus menaçante.
Les décors de Marie-Hélène Sulmoni sont remarquables. Ils apportent beaucoup de réalisme à ce que vit le personnage et à son état d’esprit qui évolue au fur et à mesure que le temps passe, et qu’il rapetisse. Les séquences de l’aquarium ou de l’escalade sont vraiment magnifiques et doivent beaucoup à l’environnement où elles se déroulent.
Le travail sur le son est aussi formidable. En effet, avec ses changements d’état constant, le bruit se fait aussi dangereux pour le personnage principal. Ce qui apporte une dimension anxiogène supplémentaire, surtout lorsque l’on entend des bruits que l’on ne perçoit pas à notre hauteur, mais qui prennent une autre ampleur lorsque on se retrouve à une autre taille.
La superbe musique d’Alexandre Desplat renforce aussi l’impact de cette plongée au cœur d’un monde de plus en plus transformé, dont on découvre les éléments d’une manière différente, alors que le crissement des pattes des divers insectes, le moindre souffle de vent ou les voix humaines résonnent d’une manière dont on n’a pas l’habitude.
Le long métrage offre des passages spectaculaires. Certains moments de suspense, voire d’horreur sont vraiment très efficaces. Alors qu’il est difficile de ne pas être touché par la condition d’un homme auquel on s’identifie rapidement.
L’interprétation de Jean Dujardin, qui porte le film sur ses épaules est remarquable. Non seulement le comédien est omniprésent, qu’il s’agisse physiquement ou grâce à sa voix off, mais la quasi-totalité de l’histoire tourne autour du huis clos de la cave où il est enfermé. Son jeu est d’une grande justesse et il permet de capter l’attention du spectateur et de ne jamais la laisser se relâcher.
L’Homme qui rétrécit est un très bon film qui, s’il n’a pas la dimension impressionnante d’une œuvre qui avait été une révolution cinématographique à son époque, offre un remake intéressant à cette dernière. L’histoire, donnant l’occasion de s’interroger sur le sens de la vie, associée à une réalisation très spectaculaire se mettant à la hauteur d’un personnage qui rétrécit et qui est remarquablement interprété par Jean Dujardin, offre un récit très fort. D’autant que l’on soit fan du premier long métrage ou que l’on veuille découvrir cette nouvelle version, c’est une très belle surprise qui attend les spectateurs qui pourront l’apprécier au mieux sur grand écran.
Intime et poignant.
SYNOPSIS
L’homme qui rétrécit, nouvelle adaptation du roman culte de Richard Matheson, nous entraine dans le sillage de Paul, un homme ordinaire, qui partage sa vie entre son entreprise de construction navale, sa femme Elise, et leur fille Mia. Lors d’une sortie en mer, Paul se retrouve confronté à un étrange phénomène météorologique inexpliqué. Dès lors, Paul rétrécit inexorablement, sans que la science ne puisse lui expliquer pourquoi ni lui être d’aucun secours. Quand, par accident, il se retrouve prisonnier dans sa propre cave, et alors qu’il ne mesure plus que quelques centimètres, il va devoir se battre pour survivre dans cet environnement banal devenu périlleux. Lors de cette expérience, Paul va se retrouver confronté à lui-même, à son humanité, et tentera de répondre aux grandes interrogations de l’existence. L’homme qui rétrécit est tout à la fois un récit initiatique et un grand film d’aventure.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Christophe Nuyens
– Montage : Anny Danché
– Musique : Alexandre Desplat
– Costumes : Sybille Langh
– Décors : Marie-Hélène Sulmoni
– Producteurs : Patrick Wachsberger, Alain Goldman pour Pitchipoï Productions
– Distributeur : Universal Pictures International France
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
GALERIE PHOTOS
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.
















