Dracula : La critique du dernier Luc Besson
DRACULA
– Date de sortie : 30/07/2025
– Durée du film : 2h09
– Réalisateur : Luc Besson
– Scénariste : Luc Besson
– Interprètes : Caleb Landry Jones, Christoph Waltz, Zoe Bleu
Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.
LA CRITIQUE
Il y a peu, quand les rares informations sur le prochain film de Luc Besson ont filtré, tout le monde se demandait : "A-t-on besoin d’un nouveau Dracula ?"
Le réalisateur français s’en sort bien, il faut l’avouer.
Après un début qui raconte la classique histoire de la malédiction de Vlad Tepes, tout en y intégrant déjà de menus éléments originaux (la mort de son épouse), le film pose une ambiance pleine de violence et de guerre (contre l’Empire ottoman de Mehmed II) mais surtout d’amour fou entre le Comte et sa princesse Elisabeta.
Tout de suite, on voit que Caleb Landry Jones est parfait dans son rôle, grâce aux traits de son visage, mais surtout grâce à ses yeux clairs, comme fantomatiques. Il jouera au plus juste ses regards lancés sur son amour éternel, et sa terrible colère.
Zoe Bleu qui joue la princesse Elisabeta et sa "réincarnation" Mina est époustouflante, et une découverte féminine comme sait le faire si bien Luc Besson. Cette actrice qui n’est autre que la fille de Rosanna Arquette (Le Grand Bleu) est une femme fatale chaude et profonde...
On ne peut alors se remémorer ses amours, ses passions immenses, avec les actrices de ses films passés. Quelque chose qui fait étrangement écho avec l’amour dévorant du Comte aux dents longues.
Par la suite, on ne pourra qu’admirer les différents costumes et les splendides décors (surtout à travers les époques de la longue vie de Dracula, moins dans son histoire d’origine, dans son château des Carpates). La réalisation est à la hauteur du célèbre cinéaste et les musiques de Danny Elfman (associé à Tim Burton pour presque tous ses films), dont c’est la première collaboration avec le français, sont un enchantement... qui nous rappellent un autre film célèbre.
En effet, on ne peut s’empêcher de voir resurgir l’esprit du Dracula de 1992 par Francis Ford Coppola avec Gary Oldman et Winona Ryder. C’est que tous les deux sont des visions du mythe créateur d’origine, le roman de Bram Stoker. Ainsi le comte apparaît tout d’abord décrépit avec sa chevelure en cœur, et au fond l’histoire reste la même. D’autres éléments de Dracula Untold ou même des airs de La Belle et la Bête, des plans inspirés du Nosferatu de 1922 par Murnau, ou le costume noir de l’incarnation du Comte par Béla Lugosi et ses suiveurs (Christopher Lee...), feront de petits clins d’œil aux adeptes du plus célèbre des vampires.
Pourtant, Luc Besson trace vraiment sa propre voie dans la neige ensanglantée de la Roumanie. C’est justement parce qu’il s’en éloigne assez vite pour décrire bien autre chose qu’un film d’horreur, ce que son film n’est pas. Si des scènes d’affrontement dans le château pourraient y faire penser, il s’agit avant tout d’une histoire d’Amour avec un grand A.
Dracula est le héros du film, cela ne fait aucun doute, et il n’est pas un monstre. C’est là la grande force de cette nouvelle adaptation et le spectateur s’y attachera fatalement. Face à lui, pas de Van Helsing, mais un duo improbable et plein d’humour (oui, il y en a, beaucoup, et presque toujours drôle et bien placé) constitué d’un prêtre (Christoph Waltz, toujours parfait, mais pas vraiment servit par ce rôle) et d’un médecin (Guillaume De Tonquédec, pas si loin de Fais pas ci fais pas ça que l’on pourrait l’imaginer). Petit coup de cœur aussi pour le dépassé notaire (Ewens Abid) et la descendante vampirique de Dracula, Maria (dont la folie débordante est magnifiquement incarnée par une méconnaissable Matilda De Angelis vue dans Lidia fait sa loi et dont on entendra longtemps parler).
Dracula a aussi la troublante habitude de surprendre malgré l’histoire déjà connue de tous, surtout dans le passage des époques et grâce à une petite touche d’opéra musical.
Pas exempt de défauts (quelques dialogues qui décrivent trop les vampires et mettent maladroitement l’accent sur ce qui va arriver au final), le film arrive tout de même à surmonter un défi qui paraissait très périlleux, marcher dans les pas du mythe, tout en apportant vraiment un autre point de vue.
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