Joe Hill : La critique
Tourné à l’aube des années 1970, le film de Bo Widerberg, Joe Hill ressort en version restaurée ce 18 novembre 2015 pour commémorer le décès de ce militant du début du vingtième siècle, considéré par ses pairs comme un assassinat.
Au terme d’un procès inique et sans preuve réelle de sa culpabilité, Joe Hill fut en effet condamné à mort et exécuté par une élite, qu’il dérangeait visiblement.
On sent bien l’influence des années soixante-dix, pour peu qu’on les ait vécues, sur ce tournage.
L’époque, propice à la révolte, dans bien des parties du monde, notamment aux Etats-Unis, a été riche en productions contestataires ou relatant la vie de rebelles comme Joe Hill. Si bien chantée par la passionaria des causes perdues, Joan Baez (qui sortit à peu près en même temps La ballade de Sacco et Vanzetti, célèbre hommage à deux anarchistes des années 20).
Il y a cette "patte 70", sur la pellicule. On a beau assister à une reconstitution des toutes premières années du siècle, l’ambiance est reconnaissable entre toutes.
Une sorte de naturel qu’on obtient en faisant appel à de nombreux amateurs, qui entourent un acteur au charisme évident, renforçant ici le caractère messianique du héros.
Plus qu’un simple syndicaliste, meneur d’hommes, c’est surtout le poète et l’homme curieux de son temps et de son environnement qui a séduit Widerberg, qui nous conte à la fois le tragique destin de Joe Hill mais aussi, nous montre dans sa course, tout un pan de la société américaine alors en plein essor, paradoxalement à la misère dans laquelle vivait une majorité de la population.
A comparer, à celle de ses contemporains, en 70. Une forme "d’étude" remarquée (et récompensée) à Cannes en 1971.
Un film contextuel, admirable pamphlet contre la peine de mort, qui sera malheureusement toujours d’actualité ici ou là dans le monde, où des voix s’élèvent régulièrement contre l’oppression.
Qui risque pour le coup de paraître s’adresser à un public concerné.
Mais qui se laisse pour autant regarder, avec plaisir, surtout au début, pour les aventures rocambolesques du protagoniste, tantôt clochard, tantôt fermier, épris toujours de liberté et de justice.
Pour ceux qui comme moi, trop jeune, l’ont manqué à l’époque, pour les curieux et les nostalgiques.
Intéressant.
SYNOPSIS
En 1902, deux immigrants suédois, Joel et Paul Hillstrom, arrivent aux Etats-Unis. Ils doivent faire face aux amères réalités, une langue nouvelle et l’effroyable pauvreté qui règne dans les quartiers de l’East Side à New-York. Paul quitte la ville, Joel y reste, amoureux d’une jeune Italienne. Mais l’aventure est de courte durée. Rien ne le retenant à New-York, Joel, devenu Joe Hill, se met en route vers l’Ouest pour retrouver son frère.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 50
– Titre original : Joe Hill
– Date de sortie version restaurée : 18 novembre 2015
– Réalisateur, Montage : Bo Widerberg
– Interprètes : Thommy Berggren, Anja Schmidt, Kelvin Malave
– Scénaristes : Bo Widerberg, Steven Hopkins, Richard Weber
– Photographie : Peter Davidsson et Jörgen Persson
– Musique : Stefan Grossmann
– Costumes : Marianne Carlberg, Ingrid Dahl, Anne von Sydow
– Décors : Ulf Axen
– Producteur : Waldemar Bergendahl, Bo Widerberg
– Distributeur : Malavida
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