Japan Expo 2014 : La conférence avec Kitarô Kosaka
Monsieur Kitarô KOSAKA, comment êtes-vous rentré dans le studio Ghili ?
Kitarô Kosaka : Je suis rentré en 1984 dans le studio et j’ai commencé comme animateur clé sur le film Nausicaä de la vallée du vent.
Est ce que Hayao Miyazaki est très exigent ?
Kitarô Kosaka : C’est un homme très exigeant et il demande beaucoup de travail. Quand débute un projet, il n’explique pas beaucoup ce qu’il a en tête c’est-à-dire les personnages, le scénario etc. et donc il faut beaucoup d’expérience pour le comprendre.
Nasu, un été andalou a été présenté au festival de Cannes durant la quinzaine des réalisateurs en 2003. Qu’a-t-il ressenti ?
Kitarô Kosaka : Je ne m’attendais pas à être nominé. Ce fut une très grande expérience et je fus content de pouvoir visiter Cannes.
Vous avez travaillé sur Yawata de Naoki Urasawa (auteur de Monster, 20th Century Boys..). Pouvez vous nous en parler ?
Kitarô Kosaka : J’ai beaucoup travaillé avec avec le studio Madhouse qui a adapté Yawara, Master Keaton et Monster. Cela change des projets du studio Ghibli.
Est-il plus intéressant de travailler pour le studio Ghibli ou bien d’adapter un manga à succès en série d’animation ?
Kitarô Kosaka : Que ce soit le travail pour Ghibli ou un autre projet, cela ne change pas beaucoup. Je m’investis tout autant.
Hayao Miyazaki a pris sa retraite après le vent se lève, aura-t-il plus de liberté dans son travail ?
Kitarô Kosaka : Que ce soit les projets de Miyazaki ou même ceux du studio Ghibli en général, ce n’est pas moi qui impose ma personnalité dans les projets.
Quel genre de projet souhaitez-vous faire ?
Kitarô Kosaka : Je ne peux rien dire. C’est un secret.
Quel est votre rôle au sein du studio Ghibli ?
Kitarô Kosaka : Cela dépend des films. Des fois je suis animateur et d’autre assistant de réalisation.
L’animé de Pluto était en cours de discussion où cela en est ?
Kitarô Kosaka : J’ai déjà beaucoup travaillé sur les œuvres de Naoki Urasawa et je suis prêt à le refaire ?
Miyazaki et Takahata ont pris leur retraite comment voit-il l’avenir de Ghibli ?
Kitarô Kosaka : Ce n’est pas la première fois que Monsieur Miyazaki annonce prendre sa retraite.
Y a t-il deux pendants dans l’animation japonaise l’une intellectuelle et humaniste comme Ghibli et le reste de la production plus commerciale ?
Kitarô Kosaka : Effectivement c’est ce que l’on voit. Le coté commercial s’impose de plus en plus. Pour Miyazaki c’est un des problèmes et il faut le résoudre et être capable d’avoir des œuvres à la fois pertinente mais qui attire du monde.
Comme on en a parlé en 2003, il y a eu Nasu, un été Andalou qui parle du Tour d’Espagne. Allez-vous suivre une étape du Tour de France qui débute ce week-end ?
Masao Maruyama : C’est mon film préféré parmi mes collaboration avec Kitarô Koaska. Monsieur Kosaka adore le vélo et il le pratique. Donc oui il va le regarder.
A Monsieur Masao Maruyama, il y a deux ans vous disiez vouloir finir le dernier film inachevé de Satoshi Kon : Yume miru kikai. Est-ce que cela a avancé depuis ?
Masao Maruyama : Je cherche actuellement des sponsors afin d’achever le film. C’est un de mes plus grand désir.
Comment a évolué le travail dans l’animation ?
Masao Maruyama : Effectivement le monde de l’animation a évolué avec l’arrivé et l’utilisation du numérique, mais cela reste tout de même dessiné à la main.
Quel films vous a posé à tout deux le plus de difficulté ?
Kitarô Kosaka et Masao Maruyama : Nous pensons que chaque projet a ses difficultés, mais nous nous investissons au maximum à chaque fois.
Monsieur Kosaka, quel film est votre film préféré parmi ceux auxquels vous avez participé ?
Kitarô Kosaka : C’est Nausicaä de la vallée du vent.
Quels sont vos sources d’inspiration pour les films ?
Kitarô Kosaka : Je m’inspire principalement du quotidien pour mon travail.
Quelle fut votre implication dans l’adaptation de l’anime Monster ?
Kitarô Kosaka : Je n’ai participé qu’au début à vrai dire. J’ai surtout fait du character design.
Quels sont les éléments dont vous faites particulièrement attention en tant qu’animateur ?
Kitarô Kosaka : Comment je le disais Miyazaki n’explique pas toujours ce qu’il a en tête donc l’équipe découvre le projet petit à petit et on essaie d’atteindre ce qu’il a en tête. Miyazaki fonctionne selon ses humeurs. L’expérience est importante pour s’adapter à ses exigences.
Comment décririez-vous en un mot Hayao Miyazaki ?
Kitarô Kosaka : Il est difficile de le décrire en un seul mot. Mais on pourrait le comparer à Steve Jobs. Miyazaki rentre vraiment dans les personnages qu’il dessine. Pour Miyazaki le scénario importe peu, c’est surtout les personnages et comment ils expriment leur émotion qui est primordial.
Est-ce difficile de faire un film d’animation qui fonctionne ?
Kitarô Kosaka : Même si le numérique a pris une place importante je reste attaché à l’analogique.
Comment décrivez vous les relations réalisateur/producteur dans la réalisation japonaise ?
Masao Maruyama : Cela dépend du studio. Pour moi tout dépend si c’est une réalisateur expérimenté ou non. Un très expérimenté sera plus libre alors qu’un jeune sera beaucoup plus dirigé.
Nous avons des objectifs différents. Le producteur souhaite que l’on prenne moins de temps et d’argent sur un projet alors que c’est l’inverse pour le réalisateur. Donc cela s’engueule dans le bon sens du terme, et dans une bonne ambiance.
Kitarô Kosaka : En effet on s’engueule mais quand on arrive à un bon équilibre cela donne un bon film.
Monsieur Kosaka, comment avez-vous débuté votre carrière et être vous arrivez sur Nausicaä de la vallée du vent ?
Kitarô Kosaka : Au début je travaillais sur une société de sous traitant à la fois de Toei et de Ghibli. Et un jour ce dernier est venu me voir car il avait besoin de personne d’expérience.
Comment êtes vous venu à l’animation et quel conseil donneriez-vous ?
Kitarô Kosaka : J’aimais bien les films d’animation, ceux de Leiji Matsumoto, Lupin III ou encore ceux de Miyazaki. Et j’ai voulu faire de l’animation. J’étais jeune et bête. Mon meilleur conseil, il ne faut pas réfléchir, car si on réfléchit on ne fait pas d’animation.
A tous deux, quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Masao Maruyama : Ce sera mon prochain film et ce sera à chaque fois ainsi.
Kitarô Kosaka : Je travaillais sur Laputa ; le château dans le ciel, et j’étais dans le vague me sentant pas très efficace. Et Miyazaki est venu m’engueuler. C’est son plus gros souvenir.
Quelle est la scène pour laquelle vous êtes le plus fier ?
Kitarô Kosaka : C’est le passage dans Laputa où Pazu bondit pour sauver Sheeta. C’est d’ailleurs le même passage où je me suis fait engueuler par Miyazaki (Rire).
Comme Miyazaki a du temps à présent pourrait-il passé à la JE l’année prochaine ?
Kitarô Kosaka : Je doute que Miyazaki vienne, mais je lui passerai le message.
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