Rat City : La critique du tome 2
RAT CITY
TOME 2
– Date de sortie : 17 septembre 2026
– Éditeur : Éditions Delcourt
– Scénario : Erica Schultz
– Dessin : Zé Carlos
– ISBN : 978-2413095071
– Nombre de Pages : 304
– Prix : 32,95 euros
DESCRIPTION
Cette nouvelle série cyberpunk créée par Todd McFarlane, écrite par Erica Schultz (Moon Knight : Black, White & Blood) et dessinée par Zé Carlos (Captain America, Strange Academy) est un vent de fraicheur qui dépoussière totalement le concept de Spawn.
Comment Quinlan va-t-il parvenir à survivre maintenant qu’iel est sans aucune aide ? Son passé finit par le rattraper, et après avoir reçu une balle dans la tête, le Président se réveille dans un endroit des plus inattendus. Peter étant coincé dans l’Entre-deux, la Progéniture se concentre sur un autre objectif.
LA CRITIQUE
Pendant que Peter Cairn se débat avec les pouvoirs du Deviant et les visions qui brouillent ses repères, d’autres destins convergent vers lui. Arif poursuit les responsables de la mort de ses proches, tandis que Viktor devient lui aussi un acteur de cette lutte. Dans l’ombre, les créatures animales de la Progéniture orientent leurs pas avec des intentions autrement moins attendrissantes que leur apparence. Le costume de Peter suscite décidément beaucoup de convoitises.
Le principal intérêt de cette suite tient au déplacement du regard. Peter n’est plus seulement un ancien soldat malmené par les événements. Il devient aussi celui auquel d’autres demandent des comptes. Avec Arif, Erica Schultz fait entrer les conséquences humaines des conflits dans le parcours de son héros. La vengeance prend alors une autre couleur selon le personnage qui la réclame, et le passé militaire de Peter cesse d’être un simple élément de biographie. Les chroniques américaines avaient déjà relevé cette réorientation dès l’arrivée d’Arif.
La Progéniture apporte une autre source d’intérêt. Ses membres manipulent les protagonistes sans toujours s’accorder entre eux, ce qui introduit de l’incertitude jusque dans le camp des puissances surnaturelles. Sous leurs allures de compagnons à poils ou à écailles, ces créatures ont surtout le sens du recrutement intéressé. Leur présence donne au récit une menace sournoise, progressivement reliée à la mythologie infernale de Spawn.
Reste que l’intrigue se complique parfois au point de perdre de sa force. Entre souvenirs, visions et changements de temporalité, on passe un peu trop de temps à retrouver ses repères. Les idées ne manquent pas, mais leur enchaînement manque de fluidité. Le mystère entretient d’abord la curiosité, puis finit par tenir le lecteur à distance. À force de chercher à comprendre ce qui se joue, on s’intéresse moins au sort de ceux qui s’affrontent.
Zé Carlos donne de l’ampleur au récit grâce à un bestiaire saisissant et des combats qui occupent pleinement l’espace des planches. Les doubles pages d’action offrent de beaux moments de spectacle, particulièrement dans les derniers chapitres, où les affrontements gagnent en puissance. Le dessin fournit ainsi à cette suite une énergie bienvenue, même lorsque l’intrigue s’emmêle.
Le trait manque toutefois de régularité, notamment dans les visages, où les expressions forcées et les rictus répétitifs finissent par limiter la palette des émotions. Cette monotonie accentue les faiblesses du rythme. À force de grimacer et de cogner, les personnages donnent parfois l’impression de rejouer la même scène, et l’action perd en impact ce qu’elle gagne en volume.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, l’angle qui se dégage de ces lectures croisées est celui d’une suite généreuse en affrontements et en ramifications surnaturelles, mais moins convaincante dans la conduite de son récit. La vengeance d’Arif et les manœuvres de la Progéniture enrichissent les enjeux autour de Peter. La confusion narrative et les irrégularités graphiques en limitent toutefois la portée. De quoi prolonger l’exploration de l’univers de Spawn, avec une personnalité qui peine encore à s’imposer pleinement.
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