Lanterns : Analyse critique 1.06
Difficile de savoir exactement quoi penser de cet épisode 6 de Lanterns. Non pas parce qu’il ne se passe rien, bien au contraire, mais parce que la série prend ici une décision assez radicale : abandonner une partie des conséquences immédiates des événements précédents pour retrouver ses personnages dix ans plus tard.
Un choix qui crée forcément énormément de questions. Que s’est-il passé durant cette décennie ? Comment les personnages en sont-ils arrivés là ? Et surtout, pourquoi certaines relations semblent-elles avoir autant changé ?
À seulement deux épisodes de la fin, Lanterns transforme presque sa dernière ligne droite en nouvelle enquête.
John Stewart face à la vie qu’il s’est construite
Ce saut temporel permet d’abord de découvrir un John Stewart très différent.
La série raccroche enfin clairement le personnage à l’une de ses caractéristiques historiques : John est devenu architecte. Il semble avoir réussi professionnellement, travaille avec son frère et cherche désormais à protéger les populations d’une manière beaucoup plus concrète.
Mais derrière cette réussite se cache un personnage qui n’a visiblement jamais complètement quitté son passé.
C’est même probablement l’un des aspects les plus intéressants de l’épisode : John a construit une nouvelle existence, mais reste défini par ce qu’il s’est passé dix ans auparavant. Ses rapports familiaux restent compliqués, certaines rancœurs sont toujours présentes et sa relation avec l’univers des Green Lantern semble loin d’être véritablement terminée.
La série continue ainsi son travail autour d’un personnage qui possède toutes les qualités nécessaires pour devenir un héros mais qui semble constamment chercher des raisons de refuser ce rôle.
Malheureusement, tout n’est pas aussi convaincant. Certains éléments liés à sa famille ou à son évolution donnent parfois l’impression de contredire ce que les épisodes précédents avaient installé. C’est un problème récurrent de cette saison : Lanterns possède de très bonnes idées, mais ce qu’elle raconte par les dialogues ne correspond pas toujours parfaitement à ce qu’elle nous a montré auparavant.
Hal Jordan, l’ombre qui plane toujours sur la série
Et paradoxalement, c’est peut-être encore Hal Jordan qui donne à cet épisode ses moments les plus intéressants.
Depuis le début de Lanterns, le personnage de Kyle Chandler est traité comme une figure profondément imparfaite : un héros vieillissant, difficile à aimer, parfois lâche, parfois admirable, et surtout beaucoup plus complexe que l’image légendaire que pourrait laisser son passé.
Cet épisode pousse cette logique très loin. Peut-être même trop loin.
La série semble parfois tellement déterminée à déconstruire son personnage qu’elle risque d’effacer ce qui faisait également de lui un héros. Et pourtant, quelques scènes viennent heureusement réintroduire davantage de nuances : derrière les erreurs, l’orgueil et les regrets apparaît un homme qui semble avoir réellement essayé de réparer certaines choses.
C’est là que l’épisode devient émotionnellement beaucoup plus intéressant. Hal et John sont deux hommes qui ont passé des années à se juger mutuellement sans jamais réellement parvenir à se comprendre. Et cette incapacité à communiquer pourrait finalement devenir l’un des enjeux les plus importants de cette fin de saison.
La question n’est alors plus simplement de savoir qui avait raison, mais ce que chacun ignorait encore de l’autre.
Une enquête qui relance enfin la dernière ligne droite
Car derrière son côté très introspectif, l’épisode 6 relance surtout le mystère.
La série retrouve ici son ADN de polar qui fonctionnait particulièrement bien au début de la saison. Des détails paraissent suspects, certains comportements interrogent et plusieurs éléments donnent clairement l’impression qu’une partie de la vérité nous échappe encore.
Et c’est probablement ce qui rend l’épisode aussi frustrant qu’intéressant.
L’ellipse de dix ans laisse volontairement un énorme trou dans le récit. Pour l’instant, difficile de déterminer si certaines incohérences sont réellement des problèmes d’écriture ou si la série compte justement utiliser ses deux derniers épisodes pour révéler ce qui s’est passé pendant cette période.
La seconde possibilité pourrait permettre de remettre beaucoup de choses en perspective.
Surtout, malgré quelques dialogues ou considérations politiques que je trouve toujours maladroitement intégrés au récit, Lanterns retrouve heureusement dans sa dernière partie quelque chose de plus universel : l’héritage, la culpabilité, le pardon et ce que signifie réellement être digne de devenir un héros.
C’est notamment ce qui ressort des derniers moments consacrés à Hal : derrière l’homme imparfait demeure l’idée qu’un héros devrait laisser quelque chose derrière lui et pousser ceux qui lui succèdent à faire mieux. C’est probablement l’une des plus belles idées de cet épisode.
Étrange, imparfait… mais très intrigant
Après un épisode 5 particulièrement puissant, ce sixième chapitre apparaît forcément plus déroutant. Il multiplie les contradictions et certains choix d’écriture me laissent encore perplexe. Mais il réussit en même temps à réinstaller un véritable mystère et à donner énormément d’intérêt aux deux derniers épisodes.
Et malgré mes réserves, je reste donc plutôt confiant : la série possède encore suffisamment de cartes pour transformer toutes ces interrogations en une fin de saison particulièrement ambitieuse.
Dans ma vidéo, je reviens évidemment beaucoup plus en détail — et avec spoilers — sur l’ellipse de dix ans, l’évolution de John, le traitement très particulier réservé à Hal Jordan, l’arrivée de Guy Gardner et surtout les nombreux indices et théories autour du mystère qui devrait porter les deux derniers épisodes.











