Euphoria : Retour sur la troisième et dernière saison
Cet article comporte des spoilers sur la saison 3 d’Euphoria
Le clap de fin d’Euphoria a été donné avec le dernier épisode de la saison 3.
Cette ultime saison de la série est très différente des deux précédentes. Fini l’euphorie de la vie adolescente et ses affres, les personnages ont grandi et doivent faire face aux conséquences de leurs actes. L’ambiance créée par Sam Levinson baigne toujours entre sexe et drogue mais cette fois-ci la plupart des filles ont glissé vers le milieu de la prostitution et ses différentes facettes.
La saison est construite selon son créateur, Sam Levinson ,comme un film noir. Il y sera question de guerre de clans et de rédemption. La dynamique se met peu à peu en place avec de vraie surprises. Si la réalisation est particulièrement soignée et les acteurs toujours aussi impliqués. L’écriture est moins fine. Par exemple, la révélation de la surveillance de la DEA à Alamo est assez lourde et peu crédible au niveau de personnages.
Cette saison n’échappe pas aux images racoleuses et il y a une objectivation évidente du corps de la femme : les filles du club d’Alamo mais aussi Cassie qui se retrouve dénudée, en position sans équivoque dans d’innombrables scènes. Elle semble même parfois inconsciente de la portée ce qu’elle fait. Le personnage a bien changé et manque de profondeur.
Euphoria est avant tout l’histoire de Rue, cette jeune fille un peu paumée qui tombe dans l’enfer de l’addiction en entrainent souvent ses proches dans une sale situation. La série a commencé avec sa naissance et se terminera avec sa fin. C’est son chemin dans l’addiction qui est narré tout au long des trois saisons. Une plongée sans fin où chaque lueur d’espoir est bien vite éteinte.
La mise en scène de la mort de Rue, est un des bons points de cette saison. La série décroche de sa temporalité et nous montre la jeune femme partir à la rescousse dans d’un de ses amis, puis rentrer chez elle, en paix. Sam Levinson en a profité pour un hommage à l’acteur Angus Cloud en le faisant apparaître à l’écran dans une scène onirique à partir d’images tournées la saison précédente mais jamais utilisées. La mort de Rue est assez logique. Elle ne tombe pas dans le spectaculaire comme on aurait pu le craindre. C’est la mort ordinaire d’une junkie avec un des produits les plus mortifère actuellement aux Etats-Unis : le fentanyl. Elle est certes orchestrée, par Alamo, mais, malheureusement, la vie de Rue la destinait à cela.
La présence de Jules est réduite. Le personnage ne semble exister que pour du fan service. Son arc très peu développé. On a un peu l’impression qu’elle apparaît dans la saison juste pour faire plaisir aux fans. Certes, il était nécessaire de conclure son histoire avec Rue mais cela aurait pu être aussi fait en donnant un peu plus d’épaisseur au rôle.
La saison se termine avec l’intervention d’Ali. Le décès de Rue est le déclencheur, il décide de changer de vie et de venger Rue. Son intervention chez Alamo est inespéré pour Maddy et Cassie. Pourtant, penser qu’il y a happy end pour les filles est utopique, elles continuent malheureusement toutes à flirter avec le milieu de la prostitution.
Cette saison est aussi très marquée par la présence de la religion. Rue semble y chercher un sens et peut-être même un rédemption. Cela est bien éloigné du premier épisode où elle ironisait sur cela.
Le dernier plan est une maison d’une famille ultra croyante avec un drapeau américain. Ce plan est-il volontairement dans l’air du temps politique des USA ? Car si la série a suivi des jeunes gens sur la pente descendante, elle est aussi le reflet d’une certaine Amérique et de ses dérives.
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