La Lune et le Serpent - Le grand livre de la magie : La critique

LA LUNE ET LE SERPENT
LE GRAND LIVRE DE LA MAGIE
Date de sortie : 22 octobre 2025
Éditeur : Éditions Delcourt
Scénario : Steve Moore, Alan Moore
Dessin : Steve Parkhouse, Ben Wickey, Rick Veitch, John Coulthart, Kevin O’neill
ISBN : 978-2413088868
Nombre de Pages : 352
Prix : 49,95 euros
DESCRIPTION
Cet ouvrage est sans doute le tout dernier ouvrage impliquant de la BD par ALAN MOORE ! Il est co-écrit par Steve Moore (son mentor) et illustré notamment par Kevin O’Neill, Rick Veitch ou encore Melinda Gebbie. Un thème, sa passion : la Magie !
Cet ouvrage est exceptionnel. Il fut tout d’abord annoncé en 2007, mais le projet a connu plusieurs coups d’arrêts, à commencer par le décès de Steve Moore (en 2014) puis la disparition de Kevin O’Neill (en 2022). Alan Moore avait annoncé sa retraite de la BD juste après la publication du dernier opus de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (en 2019), afin de se consacrer entièrement à la fiction en prose.

LA CRITIQUE
La Lune et le Serpent - Le grand livre de la magie, par Alan Morre, est un ouvrage hybride hors normes. C’est un mix entre grimoire, essai, livre d’illustrations et fragments de bande dessinée. La Lune et le Serpent explore la magie dans ses formes historiques, philosophiques, occultes et personnelles. Alan Moore, associé à Steve Moore (son ami et mentor mais sans aucun lien de parenté), revient sur les traditions ésotériques, mythologiques, symboliques de la magie, sur ce que cela signifie de “pratiquer” la magie, dans le sens de l’imagination, du rituel et du mythe.
Moore n’y va pas à moitié : plus de 350 pages, des textes de réflexion, des illustrations de qualité, plusieurs styles graphiques selon les artistes. Le résultat est un pavé érudit et visuellement riche. Ce n’est pas une BD classique, ce n’est pas un manuel purement théorique. C’est quelque chose entre les deux, un ouvrage hybride et unique. Ce mélange donne une fraîcheur, pour qui aime les idées, les mythes, les symboles. Les amateurs de Moore, les passionnés d’occultisme, curieux de grimoire visuel y trouveront leur bonheur.
Les différents contributeurs offrent des images variées, chacune avec une signature forte. Il y a de la virtuosité dans les planches, mais aussi dans les illustrations plus contemplatives ou ésotériques. Cela aide à maintenir l’attention sur un texte parfois dense.
Ce genre de livre exige un lecteur actif, qui accepte de réfléchir, d’aller au-delà du spectacle visuel, de se perdre dans les digressions. Le style de Moore est ce qu’il est : érudit, souvent hermétique, parfois ésotérique au point de perdre le lecteur non habitué. Le pavé peut sembler décousu : textes, illustrations, digressions. Certains morceaux parleront fortement à tous, d’autres moins selon les affinités pour l’occultisme ou la mythologie. Le rythme n’est pas celui d’une BD d’action ou d’une narration traditionnelle — il est contemplatif, philosophique, en miroir. Cela peut donner des creux.
Étant donné l’attente, annoncée dès 2007, plusieurs reports, disparition des artistes, etc..., certains lecteurs peuvent avoir des attentes très élevées, le “dernier Moore” dans le genre, une sorte de chef d’œuvre ultime. Le livre est très bon, mais il ne débarrasse pas Moore de ses contradictions ou de ses complexités. Ce n’est pas un Moore populaire, ce Moore-là est pour les passionnés, les curieux, moins pour le grand public.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, La Lune et le Serpent est une œuvre majeure, à la hauteur du nom d’Alan Moore pour ceux qui s’ouvrent à son univers mystique. C’est un gros, beau livre (cher aussi) à caresser, à relire, à contempler. Il ne donne pas de réponses faciles, mais c’est précisément là son charme. Pour les amateurs des travaux de Moore, de magie, de mythes, cet ouvrage est indispensable et ça reste une expérience unique.

Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.















