Retour à Innawanga : La critique du tome 3 d’Autopsie

Date : 24 / 07 / 2025 à 08h00
Sources :

Unification


AUTOPSIE
3. RETOUR A INNAWANGA

 Date de sortie : 25/06/2025
 Éditeur : Oxymore Éditions
 Scénario : Antoine Tracqui
 Dessin : Philippe Vandaële & Živorad Radivojevic
 ISBN : 978-2385610968
 Nombre de Pages : 56
 Prix : 16,50 euros

DESCRIPTION

Une jeune légiste aborigène, tiraillée entre passé et modernité. par 50 °c à l’ombre, un piège mortel. Dans le désert, personne ne vous entend crier.

Australie-Occidentale. Amanda Munumgurr est une jeune médecin légiste aborigène, aussi douée qu’ambitieuse. Mais malgré son talent, le poids des discriminations l’a contrainte à accepter un poste subalterne dans une minable bourgade isolée. La découverte d’un mystérieux cadavre momifié en plein désert, loin de toute civilisation, va changer la donne : un nouvel élan pour sa carrière, qui sait ? Aidée du séduisant policier Alex Winslow, Amanda va se lancer à corps perdu dans une enquête mêlant gangs ethniques et labos clandestins. À ses dépens, elle découvrira qu’elle n’est pas seule dans la partie… et bientôt, le piège va se refermer. La mort en embuscade, Amanda devra faire la paix avec elle-même et accepter le legs de ses ancêtres : et si la clé de sa survie se trouvait dans son passé ?…

LA CRITIQUE

Ça lui fait une belle jambe, à Amanda Munumgurr, d’être considérée comme l’une des légistes les plus brillantes de sa génération… Un titre prestigieux qui, en l’état, ne lui sert guère à autre chose qu’à tuer le temps – ou du moins essayer – dans la torpeur étouffante de Karratha City, bourgade paumée du nord-ouest australien où elle a échoué, bien malgré elle, après ses études. Et comme si l’univers aimait jouer avec ses nerfs, voilà qu’au moment où elle demandait une mutation plus excitante, son supérieur lui tend, comme une maigre consolation, une nouvelle mission : aller examiner un corps. Pas n’importe où, bien sûr… mais pile au cœur de la terre de ses ancêtres. L’occasion rêvée – ou le cauchemar annoncé – de se confronter non seulement à une enquête aussi étrange que glaçante, mais aussi à tout ce qu’elle s’évertuait jusqu’ici à fuir : son héritage spirituel, ses racines aborigènes, et les fantômes qu’on croyait laissés derrière.

Une fois de plus Antoine Tracqui nous fait voyager loin, et après Göteborg et Chicago, il nous emmène cette fois en Australie occidentale. L’intrigue prend un tournant plus introspectif et culturel, elle mélange avec finesse, investigation criminelle et voyage intérieur. Le scénario fait apparaître des éléments de la mythologie aborigène, des rituels de connexion à la terre et aux ancêtres, mais aussi les blessures laissées par la colonisation et le racisme institutionnel toujours latent. L’auteur en profite aussi pour parler de la situation climatique catastrophique sur certaines parties de ce continent. Loin des seuls codes du thriller ou du polar, on plonge cette fois au cœur des origines de l’héroïne, Emily.

On sent que les auteurs ont voulu faire de ce tome un pont entre le polar et le récit de transmission culturelle. Emily, qui jusque-là apparaissait comme une légiste brillante mais tourmentée, révèle ici une facette plus intime, plus vulnérable. Sa double identité – tiraillée entre son métier très “rationnel” et ses racines spirituelles – est le fil rouge du récit. L’enquête elle-même prend des allures de quête initiatique. Certaines scènes, particulièrement celles qui se déroulent dans le bush australien ou lors des passages oniriques, sont empreintes d’une charge symbolique forte. La manière dont les rêves, les visions et les récits ancestraux viennent s’entremêler avec l’investigation donne à l’ensemble un souffle unique.

Graphiquement, ce tome est peut-être le plus riche et le plus audacieux de la série jusqu’ici (et le niveau était déjà pourtant très haut). Les auteurs se permettent des incursions graphiques dans l’art aborigène : motifs en pointillé, palettes ocre, rouge et terre, jeux de textures qui évoquent les peintures traditionnelles. Les séquences de flashbacks ou de rêves sont particulièrement réussies, jouant sur les contrastes entre réalité crue et visions mystiques. L’expressivité des personnages reste un point fort, et la mise en scène dans les grands espaces australiens désertiques donne une dimension cinématographique à l’ensemble.

ET FINALEMENT ?

Avec ce tome 3, Autopsie franchit un cap et devient bien plus qu’une simple série policière. En mettant en avant les racines aborigènes de son héroïne, les auteurs offrent un récit à la fois dense, poétique et engagé. Emily est un personnage qui gagne en épaisseur psychologique, et le lecteur découvre, au-delà de l’enquête, une plongée passionnante dans la culture aborigène australienne : respect de la terre, poids de l’histoire coloniale, et spiritualité omniprésente. Un album fort, nécessaire, et qui enrichit considérablement l’univers de la série. À lire absolument, surtout pour ceux qui aiment quand le polar s’ouvre à d’autres horizons culturels.


Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


Cauchon... ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc : La critique
DC KO : La critique du Tome 1
The kids : La critique
La longue marche de Lucky Luke : La critique
Supergirl - Woman of Tomorrow : La critique de l’édition augmentée
Star Wars - The Mandalorian & Grogu : Un retour aux sources (…)
Man Of Tomorrow : Des tournages dans une prison qui suscitent la (…)
John Rambo : Noah Centineo pense avoir triché pour obtenir son rôle
Paris Police 1910 : Critique des deux premiers épisodes Canal+
Avengers - Endgame : Jon Favreau reconnaît qu’il a eu tort
L’Enfant bélier : La critique
Antonio Banderas : Il ne pouvait jouer que des méchants en raison (…)
Brèves : Les informations du 28 avril
The Boys Universe : Marie Moreau qui pleure, le Petit Soldat qui rit !
Netflix - Bandes annonces : 28 avril 2026
Unification france est copyright (c) 1997 - 2026 Unification France. Tous droits réservés.