Les fleurs de Shangaï : La critique
Les fleurs de Shangaï en question, sont de splendides courtisanes, filmées avec force élégance et moult lenteur, par un grand-maître du cinéma asiatique, féru de chroniques chinoises.
On entre dans un univers confiné et l’intrigue se déroule à huis clos, à l’abri des regards et de la vie quotidienne du reste de la population.
Le public est en somme invité à partager les splendeurs et misères des courtisanes, presque en voyeur, devant une longue litanie de plans-séquences.
Marque de fabrique du grand réalisateur Hou Hsiao-hsien, remarquables au demeurant, dans une ambiance feutrée, à la lumière tamisée et au son discret.
Étouffé, comme le sont les sentiments des protagonistes, prisonniers d’une société et d’un mode de vie, ultra codifiés. Où tout semble n’être que transaction et marchandage.
Ce qui pose un gros problème à au moins un couple, en pleine tourmente amoureuse, que les contraintes de leurs positions respectives, fait voler en éclats, puis se ressouder, dans un contexte trouble, parasité par les contingences et les devoirs de chacun.
Leur histoire n’est pas la seule à capter l’attention des différents personnages qui commentent allègrement des vies, en somme publiques et sujettes aux rumeurs. Un peu comme dans les tabloïds, aujourd’hui.
Tout cela est filmé comme au théâtre. Chaque scène est un épisode de vie, qui alimente un acte d’une tragi-comédie, où se croisent maîtres et servantes, souvent bien arrogantes, et pour le moins écoutées, par les différents partis. Où le rang, défini dans la société, disparaît, dans ce monde mystérieux pour le reste du monde.
Les décors et les costumes sont magnifiques. La lumière orangée, des intérieurs éclairés à la lampe à pétrole, donne un ton sépia à une scénographie travaillée en tableaux de maître.
C’est beau, c’est lent. Un peu ennuyeux peut-être, pour les non-contemplatifs.
Raffiné. Pour les amateurs du genre et les esthètes.
SYNOPSIS
À fin du XIXe siècle, dans la concession britannique de Shanghai. Plusieurs « maisons des fleurs », réservées à l’élite masculine, forment un monde clos où l’on vient autant pour dîner, fumer de l’opium, jouer au mah-jong et se distraire que pour rencontrer des courtisanes. Les femmes qui y travaillent sont appelées « les fleurs de Shanghai ». Wang, un haut fonctionnaire, est le client officiel de la sublime et dépensière Rubis. Dans une autre maison, il fréquente aussi Jasmin…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h 54
– Titre original : Hai shang hua
– Date de sortie version restaurée : 22 juillet 2020
– Date de sortie initiale : Novembre 1998
– Réalisateur : Hou Hsiao-Hsien
– Scénariste : T’ien-wen Chu
– D’après l’oeuvre de : Bangqing Han
– Interprètes : Tony Leung Chiu Wai, Carina Lau, Michele Reis
– Photographie : Mark Lee Ping Bin
– Montage : Liao Ching-Sung
– Musique : Yoshihiro Hanno, Duu-Chih Tu
– Costumes : Suan-Fong Chang , Wei-zen Lee, Kuan-Yi Wang
– Décors : Wen-Ying Huang
– Producteurs : YANG Teng-kuei et ICHIYAMA Shozo-3H Films, Shochiku Films LTD
– Distributeur : Carlotta films
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