Jabberwocky : La critique

Date : 23 / 12 / 2019 à 10h30
Sources :

Unification


Jabberwocky est le nom d’un monstre né dans un poème de Lewis Carroll en 1871, à la fin du dix-neuvième siècle, emprunt des avancées les plus spectaculaires et des inventions les plus délirantes. Un climat favorable pour un auteur fantastique, s’il en est, qui trouve en Terry Gilliam, quelques cent ans après, le réalisateur idéal pour le faire apparaître sur un écran de cinéma.

Fasciné par l’univers du célèbre auteur d’Alice au pays des merveilles, le cinéaste a été particulièrement marqué par le style de Jabberwocky, à son sens une sublime illustration du "non sense" si cher aux Britanniques, et matière première de son travail avec la Troupe des Monthy Python.

Dont les membres, s’ils ne signent pas avec lui ce film, y ont amicalement et efficacement contribué.

Un premier film pour Gilliam qui, tout en conservant le style et la facture de la célèbre équipe de déjantés, maque un tournant dans sa carrière. Affirmant son envie de mener seul, ses propres délires à l’écran.
Et si à l’évidence on reste dans l’ambiance de Sacré Graal, puisque qu’on est encore dans une comédie "fantastico-médiévale", on commence à voir poindre des accents plus sombres et une utilisation de l’absurde un tantinet plus frondeuse. Qui fera du cinéaste un modèle du genre.

Ce grand maître de la dérision a su par la suite démontrer combien on peut combattre par l’absurde les idées et les comportements les plus dangereux. Comme avec le fantastique Brazil en 85.

Sur le plan technique, la version 4 K est parfaite et donne un nouveau relief à un film qui en possède déjà pas mal sur le fond. Il ne faut pas trop se fier à l’aspect parfois foutraque et limite gore (très en vogue à la fin des années soixante-dix) de l’ensemble.
C’est certes parfois un peu sanglant, mais pas plus effrayant qu’un dessin animé de Tex Avery. Tellement "trop" que la violence passe pour une blague.

Le discours contient bel et bien quelques joyeux coups de griffe envers la société. Les personnages, caricaturaux à souhaits, sont malheureusement intemporels. Et si la période moyenâgeuse est fort commode quand il s’agit de dénoncer une certaine forme d’obscurantisme, elle l’est encore plus pour se laisser aller à la fantasmagorie.

Une fantaisie dont ne prive pas Gilliam qui combine avec bonheur les ingrédients de genres à la mode dans cette seconde moitié du vingtième-siècle. Eh oui, tout cela peut sembler bien lointain, mais cela reste d’une extraordinaire modernité.

Et mérite sa place au panthéon des oeuvres iconoclastes et périlleuses qui font la joie des cinéphiles et interroge les curieux.
Du cinéma qui bouscule, décoiffe, envoie tous azimuts et se paye le luxe de laisser à réfléchir.

Une pépite.

DB


Jabberwocky est le premier film réalisé par Terry Gilliam, un cinéaste qui aura réalisé des films aussi influents que cultissimes, tout au long d’une carrière qu’on espère encore prolifique. Il est toujours intéressant de voir les débuts en solo d’un artiste aussi atypique, car elles permettent toujours d’y découvrir les principales les influences et thématiques qui traverseront ses futures œuvres.

La présence dans le casting de plusieurs de ses comparses des Monty Python nous fait dire que le cordon de Gilliam avec eux n’était pas encore totalement coupé, faisant de cette première œuvre une sorte film héritier de Sacré Graal. Jabberwocky est néanmoins traversé de moments plus sombres et d’une violence plus marquée. Cependant si cette dernière est assez gore son aspect volontairement cartoonesque la rend légère, légèreté encore plus marquée par les standards actuels.

On se retrouve donc avec une œuvre de d’heroic fantasy traversé de moments burlesques où les archétypes narratifs du conte de fée initiatique sont sans cesse déconstruits avec brio, mais aussi un mauvais goût qui ne plaira pas à tout le monde. L’aspect le plus marquant du film est sans aucun doute la description d’un monde au système de fonctionnement absurde qui empêche l’individu d’être véritablement libre. On pense bien entendu à Brazil, peut-être le film le plus réussi de Gilliam.

Si Jabberwocky souffre parfois d’un rythme un peu décousu, il n’en reste pas moins un film aussi intéressant qu’agréable à regarder grâce à une esthétique atypique, des expérimentations de mise en scène sans doute novatrices pour l’époque et surtout un récit transgressif qui détonne avec la standardisation de ce qu’on peut voir dans la majorité des œuvres proposées actuellement au cinéma. Tous ceux voulant découvrir les débuts d’un artiste majeur du septième art ne seront pas déçus !

AN


SYNOPSIS


À la mort de son père, le jeune Dennis décide de tenter sa chance en ville dans l’espoir de conquérir le coeur de sa dulcinée, Griselda, restée au village. Pendant ce temps, un horrible monstre surnommé Jabberwocky fait régner la terreur, tuant et anéantissant tout sur son passage. Voyant son royaume menacé, le roi Bruno le Contestable promet la main de sa fille à celui qui terrassera la bête…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 1 h 45
 Titre original : Jabberwocky
 Date de sortie version restaurée 4K : 25 décembre 2019
 Sortie initiale : 1977
 Réalisateur : Terry Gilliam
 Scénaristes : Terry Gilliam, Charles Alverson
 D’après le poème de Lewis Caroll
 Interprètes : Michael Palin, Harry H. Corbett, John Le Mesurier, Terry Gilliam
 Photographie : Terry Bedford
 Montage : Michael Bradsell
 Musique : De Wolfe
 Costumes : Charles Knode, Hazel Pethig
 Effets spéciaux : John Brown
 Producteur : Sandy Lieberson-Python Films, Umbrella Films
 Distributeur : Carlotta Films

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