Tanna : La critique
Tanna est un lieu enchanteur aux yeux des citadins que nous sommes.
Et l’invitation au voyage de Bentley Dean et Martin Butler est un ravissement.
Même si l’histoire de ces deux amoureux est en fait une tragédie.
Les deux hommes sont littéralement eux aussi, tombés en amour, semble-t-il, de cette magnifique région du monde, si peu connue. Et de leurs habitants, derniers vestiges d’une humanité disparue, fondue dans "l’Evolution", plus technologique que spirituelle.
Ils nous plongent avec délice, dans un récit hors du temps et de toute référence à la société dans laquelle nous évoluons.
C’est un départ vers l’inconnu. Bienvenu et qui donne à réfléchir. On ne peut évidemment pas "revenir" à cette façon de vivre (encore que...) et pourtant on y trouve matière à réfléchir à la notre.
"Les habitants de Yakel, sur l’île de Tanna, chassent toujours avec un arc et des flèches. Ils confectionnent leurs vêtements et leurs habitations uniquement à partir des matériaux trouvés dans la jungle environnante." racontent les réalisateurs. "Leur journée commence au lever du soleil et s’achève avec la cérémonie du kava au coucher du soleil. C’est un mode de vie qui a pratiquement disparu aujourd’hui, mais le peuple reste fier de sa culture, la « Kastom », et souhaite la faire connaître au reste du monde."
Et expliquent leur désir de partager leur expérience, par la fiction :
"Pendant sept mois, nous avons vécu ensemble, partagé nourriture, histoires, cérémonies, rires et peines, toutes les aventures du quotidien. Les enfants de Bentley ont joué avec ceux de Yakel, apprenant leur langue et leur mode de vie. Un jour, les hommes ont interprété un chant très émouvant parlant de deux amants qui ont osé défier les lois ancestrales des mariages arrangés, il y a une vingtaine d’années. L’histoire de ces deux amants a remis en question la Kastom sur l’île. Tanna est une traduction cinématographique de ce chant, qui est au cœur d’une histoire universelle sur le pouvoir de l’amour. Travailler si étroitement avec les habitants de Yakel a été l’une des expériences les plus enrichissantes de notre vie. Ensemble, nous avons ouvert la porte d’un monde en train de disparaître, et pourtant bien vivant et plein d’espoir."
On ressent beaucoup d’amour dans la facture du film, très soignée. Les images sont superbes et toutes empruntes de sens. Aucun gâchis dans cette oeuvre qui respecte la vie dans toute son essence. Qui raconte simplement une histoire, soutenant des idées "basiques" et éternelles. Si importantes pour l’Humanité, qui pourtant les a remisées, loin derrière le sensationnel.
Si ici on éprouve des sensations, elles ne sont pas dues à des effets spéciaux... à moins que l’on considère les effets produits par la Nature, comme quelque chose de spécial.
Tout est donc naturel dans ce film et "coule de source". De la narration à l’interprétation en passant par la photo et la mise en scène, si légère, qu’on a la sensation de suivre les acteurs dans leur véritable quotidien.
Une parenthèse dépaysante et utile pour s’interroger simplement sur la condition humaine, de nos jours. En confrontant nos stéréotypes actuels à une "pensée fossile", des moeurs d’un autre âge qui ont encore cours dans une partie de la planète qui nous est inaccessible. Et j’ai envie de dire, qui devrait le rester, pour le bien de ses habitants... mais n’est-il pas déjà trop tard ?
C’est cependant un récit merveilleux, illustré par des images somptueuses.
Exotique, dans le sens noble du terme.
Rare.
A voir.
SYNOPSIS
Dans l’une des dernières tribus traditionnelles du monde, une jeune fille rompt son mariage arrangé pour s’enfuir avec l’homme qu’elle aime. Les amoureux déclenchent ainsi une guerre qui menace leur clan. Tanna est l’histoire vraie qui bouleversa la vie des habitants d’une petite île du Pacifique et fit réviser la constitution d’un pays.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 44
– Titre original : Tanna
– Date de sortie : 16 novembre 2016
– Réalisateur : Bentley Dean, Martin Butler
– Scénaristes : Bentley Dean, Martin Butler, John Colle et le peuple Yakel
– Interprètes : Marie Wawa, Mungau Dain, Marceline Rofit, Chef Charlie Kahla
– Photographie : Bentley Dean
– Montage : Tania Michel Hehme
– Son : Emma Bortignon
– Musique : Antony Parthos
– Chant : Lisa Gerrard
– Producteur : Contact Films
– Distributeur : Urban Distribution
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