Je me tue à le dire : La critique
S’il n’y a pas de quoi mourir de rire, on peut tout de même révéler combien Je me tue à le dire va vous faire sourire...
Plus tragique que comique, cette fable des temps modernes, pas toujours très drôle, parfois même un peu tristounette, appelle néanmoins, envers et contre tout, à "relativiser" face au décès d’un proche. Surtout lorsqu’on a le temps de s’y préparer.
Evidemment, ici le côté "barré" est censé "faire passer la pilule" plus facilement...
Abordé sur le plan de l’absurde, il y a effectivement des sujets qui "font moins mal", tel le deuil, la mort... la disparition d’un être cher, voire indispensable.
Le noir et blanc apporte ici une touche "nostalgie", rappelant la "grande époque" des comédies françaises et italiennes des années soixante, et leur folie. Comme une sorte d’insouciance qui autorise tous les discours, sur tous les sujets, même les plus graves... en rigolant.
L’aspect foutraque de la mise en scène évoque un peu celle des "maîtres actuels du genre" Kervern et Delépine. L’interprétation, aussi.
Les comédiens sont justes parfaits.
On se sent presque à l’aise dans les baskets du protagoniste, totalement déconnecté de la réalité. Dans un univers tellement décalé, quasi cartoonesque, qu’on se laisse volontiers "trimballer" dans cette histoire rocambolesque et déjantée, sans vraiment se poser de question.
J’ai envie de dire "c’est ça le cinéma"... Il y a donc "un truc qui s’explique pas", là. Qui donne envie de suivre toute la troupe dans son délire. Comme pour exorciser sa propre peur d’affronter ce genre de terrible moment. Se marrer, au lieu de pleurer.
Le terrain de l’humour noir est toujours "un peu glissant" et si nos amis Britanniques sont souvent une référence en la matière, on peut dire que Xavier Seron démontre à nouveau que nos acolytes Belges n’ont décidément rien à leur envier !
Des récompenses qui en disent long :
FIFF 2015 / Prix Cinevox du meilleur long-métrage belge francophone
27e Festival International du Film de Palm Springs/Prix du meilleur premier long-métrage
13ème Monte-Carlo Film Festival de la comédie/Mention spéciale du jury pour l’interprétation de Jean-Jacques Rausin
18ème Festival International du Cinéma Indépendant de Buenos Aires - Prix de la meilleure photographie pour Olivier Vanaschen-Boonjing
Le type même de film "qui fait du bien où ça fait mal"...
A voir.
SYNOPSIS
Michel Peneud va mourir. Comme vous, comme moi, et comme sa mère, sauf que sa mère, c’est son médecin qui le lui a dit.
Alors elle a décidé de vivre.
Et vivre pour la maman de Michel Peneud, ça veut dire nourrir ses chats, boire du mousseux comme si c’était du champagne, et aimer Michel.
Mais cet amour, Michel le trouve parfois un peu encombrant. A tel point qu’il semble soudain développer des symptômes très proches de ceux de sa mère.
Et si Michel avait lui aussi un cancer du sein ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 30
– Titre original : Je me tue à le dire
– Date de sortie : 6 juillet 2016
– Réalisateur, Scénariste : Xavier Seron
– Interprètes : Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Fanny Touron
– Photographie : Olivier Boonjing
– Montage : Julie Nass, Julien Mizac
– Musique : Thomas Barrière
– Costumes : Laure Maheo
– Décors : Erwan Le Floc’h
– Producteur : Novak Prod-Tobina Film
– Distributeur : Happiness Distribution
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