Her Private Hell : La critique

Date : 25 / 09 / 2026 à 11h00
Sources :

Unification


HER PRIVATE HELL

– Date de sortie : 23/09/2026
– Titre original : Her Private Hell
– Durée du film : 1 h 50
– Réalisateur : Nicolas Winding Refn
– Scénariste : Nicolas Winding Refn, Esti Giordani
– Interprètes : Sophie Thatcher, Charles Melton, Kristine Frøseth, Havana Rose Liu, Dougray Scott, Diego Calva, Aoi Yamada, Shioli Kutsuna

LA CRITIQUE

Her Private Hell est le dernier film de Nicolas Winding Refn qui n’était pas revenu au cinéma depuis son très bon The Neon Demon sorti en salle 10 ans plus tôt.

L’œuvre a toutes les qualités, et les défauts, de son réalisateur. C’est-à-dire qu’elle est visuellement absolument merveilleuse, qu’elle bénéficie d’une mise en scène remarquable et fascinante, d’une direction d’acteurs particulière, et qu’elle repose sur un scénario qui est parfois presque anecdotique.

Ce qui fait que les amateurs du réalisateur seront enchantés par sa dernière proposition, tandis que les autres risquent de ne vraiment pas l’apprécier. Car il s’agit clairement d’un long métrage extrêmement clivant et soit on l’apprécie beaucoup, soit on le déteste. Ce qui explique la note moyenne de ma part. En effet, j’ai trouvé l’esthétique et la mise en scène absolument merveilleuse, sans que le scénario m’ait particulièrement convaincue, ce qui risque d’avoir un impact négatif sur une partie des spectateurs.

Le scénario de Nicolas Winding Refn et d’Esti Giordani tourne autour de trois récits qui s’entremêlent étroitement. On a ainsi une jeune fille riche qui voudrait que son père soit plus présent, un militaire américain à la recherche de sa fille disparue et un étrange croque-mitaine qui, lorsque la brume surgit, se met en quête de sa propre fille et assassine des jeunes femmes.

Le tournage a eu lieu exclusivement en studio, ce qui permet d’avoir des décors complètement maîtrisés, et d’obtenir un travail effectué sur la lumière absolument formidable, doublé d’une utilisation subtile de la fumée.

Les décors de Gitte Bundgaard-Malling et de Simone Sparsø sont splendides. On a parfois l’impression d’être plongé aussi bien en plein cauchemar que dans un rêve où les éléments, soigneusement éclairés, révèlent régulièrement de nouveaux endroits presque envoûtants. Les costumes de Jane Whittaker sont aussi très beaux et participent beaucoup au charme que l’on a de s’immerger dans ce conte de fées noir et vénéneux qui est régulièrement envoûtant.

D’autant que la photographie de Magnus Nordenhof Jønck est somptueuse et qu’elle apporte beaucoup de charme au récit qui se déroule devant les yeux des spectateurs. Sans compter que la mise en scène de Nicolas Winding Refn est merveilleuse et qu’entre les mouvements de caméra, les décors où les personnages surgissent de l’ombre et de la brume et les effets stroboscopiques, à déconseiller pour les spectateurs épileptiques, en mettent plein les yeux.

Sophie Thatcher est formidable en jeune fille riche ayant du mal à gérer l’absence récurrente de son père. La comédienne traîne son mal-être et réussit à faire une composition intéressante de femme n’arrivant pas à trouver sa place. Kristine Frøseth est superbe en nouvelle venue devant jouer dans le même film qu’elle. Havana Rose Liu est impeccable en belle-mère du personnage principal qu’elle adore. Et Charles Melton est excellent en soldat cherchant désespérément sa fille dans un Japon post deuxième Guerre Mondiale.

En effet, l’œuvre est fantastique et mélange les périodes et les lieux, proposant une étrange cité futuriste crépusculaire et un enfer étonnant, qui n’est d’ailleurs pas s’en rappeler en beaucoup plus propre celui de Bertrand Monico dans son formidable Conan. De plus, l’imbrication des histoires des divers personnages permet aussi de s’immerger dans un étrange film de science-fiction, kitch à souhait.

L’atmosphère est vraiment impressionnante et la superbe musique de Pino Donaggio entraîne le spectateur au gré de ses fluctuations. D’ailleurs, il s’agit réellement d’un long métrage où il faut se laisser porter pour l’apprécier au mieux, en évitant de se poser des questions. D’autant que bien qu’entremêlée, l’histoire est plutôt simple et ne réserve pas vraiment de surprises.

Les personnages sont aussi filmés presque comme des êtres non naturels. Dans certains passages, ils posent carrément et avec leurs maquillages et coiffures impeccables, leurs tenues soignées et les effets lumineux utilisés, l’impression rend fort bien pour ceux qui y sont sensibles.

Her Private Hell est un bon film qui visuellement est merveilleux et qui ne convainc pas forcément par sa narration discontinue. Aussi, si vous n’appréciez pas forcément le travail de Nicolas Winding Refn et aimez des histoires moins artificiellement compliquées, vous risquez de ne pas apprécier son dernier long métrage. Mais si vous êtes sensible à l’atmosphère, à une ambiance délétère et onirique portée par une musique entêtante, à une mise en scène travaillée et à des personnages fascinants, n’hésitez pas à faire ce voyage au cœur d’un cauchemar coloré, aux émotions aussi bien lisses qu’exacerbées.

Étonnant et envoûtant.

SYNOPSIS

Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

– Photographie : Magnus Nordenhof Jønck
– Montage : Matthew Newman
– Musique : Pino Donaggio
– Costumes : Jane Whittaker
– Décors : Gitte Bundgaard-Malling, Simone Sparsø
– Producteur : Nicolas Winding Refn pour Neon, byNWR Originals
– Distributeur : The Jokers Films

LIENS

– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB

GALERIE PHOTOS

Her Private Hell


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