Paul : La critique de la série

Date : 30 / 09 / 2026 à 14h00
Sources :

Unification


PAUL - LA SÉRIE

– Date de diffusion : 02/10/2026
– Diffusion : Prime Video
– Épisode : 1.01 à 1.06
– Créée par : Paul Mirabel, Antoine de Bary, Nathanael Munnich
– Interprètes : Paul Mirabel, Abraham Wapler, Enya Baroux, Eva Huault, Marine Leonardi

À 6 semaines de sa première, Paul Mirabel est dans une impasse. Il vient de vendre à Amazon l’enregistrement de son spectacle ET un documentaire sur sa vie. Problème : il a passé plus de temps sur sa PlayStation qu’à écrire et n’a aucune image d’archives. Bref, il a menti. Jusqu’où ce coup de bluff le mènera-t-il ? Ajoutez à cela un amour de jeunesse qui refait surface et un meilleur pote ingérable, parce qu’un problème n’arrive jamais seul…

LA CRITIQUE

Salam les roya...

La série Paul, a de quoi étonner. On croit tout d’abord que les six épisodes ne seront en fait qu’une suite de sketchs pour exploiter au maximum l’air benêt de Paul Mirabel qu’il a si magnifiquement mis en scène dans ses spectacles. Mais il n’en est rien, car, même si ces éléments sont bien entendu présents, il y a bien plus.

Le générique de début fait penser à toutes ces productions plutôt feel-good de tribulations naïves tournant autour d’un personnage, façon film d’animation. Mais dans le cas de Paul, l’on connaît déjà ses anecdotes face au monde réel. Le décalage est encore plus grand dans la série, qui, pour ainsi dire, comble l’interstice de ses histoires racontées en one-man show. On appréciera d’ailleurs d’emblée la dimension méta de l’œuvre qui parle de la production pour Prime Video d’un nouveau spectacle et d’un documentaire. Ce documentaire, finalement, c’est la série que nous regardons diffusée sur Prime Video, et le spectacle, c’est son second opus seul sur scène, Par Amour, qui fut même diffusé au cinéma, comme un serpent qui se mord la queue.

Je sors d’une chatte... j’ai les couilles en sachet de thé... tu veux une infusion ?

Dans la série, c’est d’ailleurs son meilleur ami, Dan "Blackberry" (incarné par Abraham Wapler) qui l’emmène dans une multitude de galères qui nourriront l’écriture des sketchs que nous connaissons, et qui s’occupe de filmer le documentaire dont nous aurons des images, fatalement. Surtout que Paul, doit gérer la reconquête d’un crush du lycée, Livia, et une tornade des quartiers, Sandra. Les bonnes pioches au casting sont bien ces deux dernières, aux antipodes l’une de l’autre. Enya Baroux incarne une amoureuse charmante, mais en plein questionnement, et Eva Huault (que l’on retrouve aussi en ce moment dans Surveillant, la série Disney+) une pole danseuse opulente, à la vulgarité des quartiers très assumée. Ce dernier personnage, absolument cliché et énervant, devient tout au long de la série, au contraire, attachant et même assez profond. Nous faire finir par l’aimer est une prouesse. S’ajoute à cela, son frère et Inès (Marine Leonardi), une attachée de presse lesbienne et parisianiste jusqu’aux veines, et nous aurons un panorama du groupe rapproché de notre petit Paul, que tout le monde s’arrache d’une certaine façon. Bien entendu, il y a aussi une panoplie d’invités célèbres (dont une toute petite apparition de feu Guillaume Bats). Mais laissons la surprise.

Il connait pas Charlie Bafouilles !

Des clins d’œil, vous en verrez d’autres d’ailleurs, sans que l’on sache si c’est vraiment voulu. Il y a un peu de Bref dans ces petits moments en humour de rupture, mais même certains personnages semblent avoir été écrits en pensant à d’autres. Dan ressemble à Alex (Jean-Baptiste Shelmerdine) dans Nos Chers Voisins, Inès aux différentes incarnations de Géraldine Nakache, Sandra aux interprétations les plus trash de Laura Felpin (dans le sketch du Confessional surtout), et le futur mari de Livia ressemble à s’y méprendre à Cédric (Loup-Denis Elion) dans Scènes de ménages... tout ceci constituant un petit microcosme. Le scénario en profite aussi pour évoquer un certain "public" qui pense bon de manifester pour interdire un spectacle vivant, devant la salle, sans rien comprendre à rien.

Vous êtes plutôt Goebbels ou Google ?

Paul - la série est finalement un voyage intérieur, une histoire d’amour et d’amours qui explique en partie, et sans que l’on sache vraiment la part de vérité, la vie (fantasmée ?) de Paul Mirabel. Elle surprend par sa méta-structure et son style, qui évoluent tout au long des épisodes, même si elle connaît une sorte de ventre mou moins intéressant au milieu de son histoire. Et sachez que oui, le final, sous forme de petit twist, appelle une seconde saison, des éléments d’enfance de Paul et de son ami sont d’ailleurs juste évoqués et pourraient servir dans une éventuelle suite, que l’on espère aussi fraîche.

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