Gaz de France : La critique

Date : 07 / 01 / 2016 à 10h46
Sources :

Unification


Pour ne rien vous cacher, lorsqu’il a fallu décider qui de la rédaction allait voir ce film au titre pas très vendeur, il n’y a pas vraiment eu de bousculade. J’aurai dû écouter mon intuition et peut-être celles de mes collègues, mais je me suis néanmoins proposé pour assister à l’une des projections de presse. Fidèle à mes habitudes, je me suis imposé de ne pas me renseigner du tout sur le sujet du film pour ne pas avoir d’à priori, surtout pour un film qui était déjà porteur de beaucoup de préjugés à cause de son titre. Ce n’est donc qu’au moment de la lecture rapide du très léger dossier de presse distribué juste avant la séance de projection que j’ai découvert le sujet du film. La grande originalité de ce dossier de presse étant de pouvoir lire une interview du réalisateur par son cardiologue. Pourquoi son cardiologue ? Je ne sais pas, mais je suggère quand même une réponse à la fin de cette critique. En tout cas, ce premier "Pourquoi ?" a été suivi par de nombreux autres pendant la vision du film, et j’aurai déjà dû à ce moment là, me préparer au pire, car autant le dire d’emblée : Gaz de France est à mes yeux l’un des pires film qui m’a été donné de voir de ma vie. Un ratage total et absolu. Oui, ni plus ni moins.

Le film se veut être une critique de la communication politique et navigue pour cela entre la comédie et le thriller. Le partie comédie ne m’a pas fait décrocher un seul sourire. J’ai trouvé l’humour du film lourd et surtout incompréhensible. S’il y a eu quelques rares rires dans la salle en début de projection, ils se sont faits de plus en plus rares au fur et à mesure que le film avançait. La partie thriller est à la fois ridicule et improbable, et les moindres situations de crises ou de suspens finissent systématiquement par être désamorcées de manière miraculeuse.

La bande originale, m’a presque fait saigner des oreilles, et l’envie de les boucher m’a effleuré à de nombreuses reprises. Peut-être que certains parmi vous sauront l’apprécier, mais en ce qui me concerne, je l’ai trouvé vraiment insupportable à écouter.Vous pourrez d’ailleurs en savourer quelques bouts dans la bande-annonce qui suit cette critique. C’est d’ailleurs une bande-annonce très réussie dans le sens où elle vous fait comprendre très rapidement que le film n’est pas drôle et qu’esthétiquement, il est carrément affreux. Les décors épurés cherche à suggérer un esthétisme futuriste, mais au final il en résulte une laideur esthétique rarement atteinte. A la vision du film il est difficile de comprendre les intentions réels du réalisateur du film. On en vient même à se demander s’il en avait. En tout cas, s’il a cherché à faire une parodie de film politique portée vers l’absurde, cela a tellement fonctionné que l’absurdité des situations m’a perdu en cours de route.

N’était-ce qu’une impression, mais certains acteurs semblaient perdus voire gênés de se retrouver dans un film aux situations de plus en plus improbables. Le président joué par Philippe Katerine est d’ailleurs aussi maladroit et ennuyeux que le film qu’il est sensé porter. Pour vous montrer à quel point le film va loin (dans l’absurdité), je pense qu’il est nécessaire de vous évoquer un moment (fort) du film. Préparez vous à quelque chose de très, très fort. Une réunion entre plusieurs conseillers issus de la société civile est donc organisée afin de trouver une idée qui permettrait au président de remonter sa côte de popularité. Au final, parmi toutes les idée évoquées, la seule qui est retenue, avec beaucoup de gravité, est probablement la plus absurde que j’ai pu entendre dans un film : Lors d’un discours adressé aux Français, le président devra annoncer qu’il est amoureux... D’une enfant d’environ 12 ans. Mais What The F***ck ??!!! Ne me demandez pas pourquoi, ni le sens, sans doute profond de cette annonce.

J’avoue que cette idée m’a beaucoup déstabilisé par son incongruité. Je ne préfère pas évoquer d’autres moments tout aussi "WTF" du film, car à ce stade de la critique, j’ai déjà l’impression de m’acharner sur une plaie béante à coups de fourchette et avec du gros sel, mais sachez que le film en recèle une plâtrée. Gaz de France est un ratage abyssale au contenu abscons. Il a été difficile pour moi de ne pas m ’endormir et je pense que ce sont les nombreux soupirs d’exaspération que j’ai poussé qui m’ont permis de rester éveillé.

La fin au-delà du ridicule du film a été un réel soulagement et était peut-être le meilleur moment du film. D’ailleurs, ni le contenu du film, ni sa fin ne permettent de comprendre de manière explicite le choix du titre. On trouve en fait l’explication dans le fameux interview du réalisateur avec son cardiologue qui raconte que le titre fait « référence au sous-sol, où se passe la quasi totalité du film et également à « la matière romanesque et mythologique qui constitue la principale ressource énergétique du pays. Invisible, impalpable, mais capable de remplir tout l’espace. » Ces paroles constituent très certainement l’explication au premier pourquoi de cette critique : seul son cardiologue pouvait interviewer le réalisateur, tant les substances qu’il semble prendre, pourraient arrêter de faire battre son cœur à tout moment. Gaz de France n’est même pas un nanar, car il me semble impossible de prendre le moindre plaisir à le regarder. C’est un film inutilement prétentieux que je ne conseillerai qu’à ceux qui ont du temps à perdre, avec le risque non négligeable de dégoûter les spectateurs les plus sensibles de cette chose merveilleuse et unique qu’est le cinéma. Vous voilà prévenus.

SYNOPSIS

Dans la France des années 2020, Michel Battement, l’éminence grise du chef de l’état, doit d’urgence remonter la cote de popularité du président Bird afin d’empêcher la chute imminente du régime. Au fin fond des sous-sols surchargés de l’Élysée, il organise une consultation secrète, en compagnie des meilleurs cerveaux du pays.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 26
 Date de sortie : 13/01/2016
 Réalisateur : Benoît Forgeard
 Scénariste : Benoît Forgeard, Emmanuel Lautréamont
 Interprètes : Philippe Katerine, Olivier Rabourdin, Alka Balbir, Antoine Gouy, Philippe Laudenbach
 Photographie : Thomas Favel
 Montage : Bertrand Burgalat
 Musique : Bertrand Burgalat
 Costumes : Annie Melza Tiburce
 Décors : Benoît Bechet
 Producteur : Emmanuel Chaumet pour Ecce Films et Le Fresnoy Studio National des Arts Contemporains
 Distributeur : Shellac

LIENS

 ALLOCINÉ
 IMDB

Gaz de France


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