Évolution : La critique

Date : 11 / 03 / 2016 à 11h30
Sources :

Unification


Évolution est un film curieux qui flirte avec le genre sans assumer vraiment ses intentions.

L’eau est très présente dans l’histoire, ainsi qu’un hôpital décatit lieu d’un certain nombre de sombres manipulations et opérations.

L’histoire se concentre sur un jeune garçon pré-pubère qui accepte sans sourciller l’étrange traitement que sa mère lui donne ainsi que les examens parfois intrusifs qu’il subit à l’hôpital. Le film se veut d’ailleurs en quelque sorte le pendant de l’œuvre précédente de la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic Innocence qui mettait en scène des jeunes filles pré-pubère. C’est donc à travers l’acceptation de son sort et la tentative de s’éloigner d’un chemin tout tracé que le jeune garçon entreprend sa transformation en un être plus mature prélude à l’adolescence.

Lucile Hadzihalilovic a aussi voulu faire de cette « évolution » un événement à la limite de l’onirisme et du cauchemar dans lequel les pistes sont brouillées et la volonté du garçonnet mise à l’épreuve.

Une belle intention mais qui ne convainc pas vraiment. En effet, le jeune garçon présent à l’écran n’a aucune détermination et se fait balloter au gré de l’histoire sans vraiment prendre en charge son destin. Son attitude, tout comme celle des autres garçons du même âge de l’île, est d’ailleurs comme anesthésié et le personnage n’arrive jamais à créer un lien d’empathie avec le spectateur.

D’ailleurs dans cette île perdue, qui pourrait rappeler celle du Docteur Moreau en plus aride, et au centre de laquelle un hôpital délabré trône, seules des jeunes femmes et des garçons d’une douzaine d’années habitent. Un mélange surprenant qui finalement ne dévoile que des protagonistes caricaturaux qui semblent être les clones des uns et des autres avec une seule expression faciale.

Si notre imagination nous porte à nous interroger sur les étoiles de mer, on peut comprendre ce manque d’émotion qui caractérise les femmes. Mais l’idée n’est qu’évoquée et au lieu de donner naissance à de la science-fiction originale, traitée subtilement, elle se complait dans la facilité d’une perception brouillée qu’aurait les garçons, et le spectateur, des faits qui sont entraperçus. A vrai dire, on est très loin de L’Enfant miroir de Philip Ridley dans ce domaine là.

La photographie de Manuel Dacosse est très travaillée et a valu à ce dernier deux prix pour le film. La prise de vue légèrement trouble de la mer et l’ajout de grain en postproduction pour donner un certain cachet au film tourné en numérique est intéressant. Mais une jolie esthétique alliée à un scénario trop léger entraîne malgré tout rapidement de la lassitude, d’autant que la mise en scène se veut réaliste et intègre peu d’éléments surprenants qui pourraient réveiller l’attention du spectateur.

Les acteurs ont visiblement reçu pour consigne d’être monolithique ou peu passionné par ce qui les entoure. Du coup, à moins de réussir à s’identifier au garçon, les sentiments ne traversent pas l’écran et le sort de ce dernier devient progressivement indifférent à l’observateur de ses atermoiements.

Évolution n’est pas un film que je conseillerais, surtout pour les amateurs de genre comme moi. Toutefois, j’ai croisé des personnes qui avaient adoré le film, aussi votre sensibilité vous poussera peut-être à en tomber sous le charme.

Le film a d’ailleurs eu de nombreux prix : Prix du Jury, Prix de la meilleure photographie au San Sebastian Film Festival 2015, Grand Prix du Jury au Utopiales de Nantes, Prix Ciné + Frisson au PIFFF - Paris International Fantastic Film Festival et Prix de la meilleure photographie au Stockholm International Film Festival. Mais je partage entièrement l’avis du public qui ne l’a jamais nominé.

Toujours est-il que le film divise vraiment. Peut-être aurez-vous un coup de cœur, ou partagerez-vous mon ressenti. Après tout un film, c’est aussi l’envie intrinsèque que l’on a de le découvrir.

IA

On "rêve" cette Evolution comme un cauchemar... avec la désagréable impression qu’on va se réveiller, mais qu’on n’y parvient pas.
J’avoue qu’il m’a été difficile de rester jusqu’au bout... même si je reconnais des qualités techniques indéniables, notamment esthétiques, au film, qui trouvera sans doute son public, auprès de cinéphiles au goût plus sophistiqué que le mien.

L’image est effectivement magnifiquement travaillée... mais cela suffit-il pour faire un bon film ?
Le scénario est biscornu et les personnages aussi flous que dans un mauvais rêve, dont je ne suis, décidément, toujours pas réveillée...

A nouveau cette étrange impression m’étreint que je ne fais pas partie de "la cible" du genre. Comme chaque fois que je suis confrontée à l’art contemporain, extrême en couleurs ou au contraire en sombres contrastes... je ne comprends pas toujours. Et l’œuvre ne me parle pas forcément.
Idem, ici, je n’ai pas compris.

Je laisse à d’autres la faculté d’apprécier... Fascinant pour les uns, dérangeant pour les autres, dont je suis.

Etrange...

DB

SYNOPSIS

Nicolas, onze ans, vit avec sa mère dans un village isolé au bord de l’océan, peuplé uniquement de femmes et de garçons de son âge. Dans un hôpital qui surplombe la mer, tous les enfants reçoivent un mystérieux traitement. Nicolas est le seul à se questionner. Il a l’impression que sa mère lui ment et il voudrait savoir ce qu’elle fait la nuit sur la plage avec les autres femmes. Au cours des étranges et inquiétantes découvertes qu’il fera, Nicolas trouvera une alliée inattendue en la personne d’une jeune infirmière de l’hôpital…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 21
 Titre original : Évolution
 Date de sortie : 16/03/2016
 Réalisateur : Lucile Hadzihalilovic
 Scénariste : Lucile Hadzihalilovic, Alanté Kavaïté
 Interprètes : Max Brebant, Roxane Duran, Julie-Marie Parmentier, Mathieu Goldfeld, Nissim Renard, Pablo-Noé Etienne, Nathalie Legosles
 Photographie : Manuel Dacosse
 Montage : Nassim Gordji Tehrani
 Musique : Jesús Díaz, Zacarías M. de la Riva
 Costumes : Jackye Fauconnier
 Décors : Laia Colet
 Producteur : Julien Naveau, Sylvie Pialat, Benoît Quainon, Sebastián Álvarez pour Les Films du Worso, Scope Pictures
 Distributeur : Potemkine Films

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