Etre : La critique
Peut-on être et avoir été ? Se donner les moyens de devenir ?
L’ambitieux projet de Fara Sene de répondre à ces questions existentielles plonge le spectateur dans une humeur dubitative, sans vraiment lui donner l’occasion de s’attacher aux personnages.
Le style, quelque peu expérimental, qui donne à penser qu’on observe des cobayes, est un peu froid à mon goût et empêche toute identification. Si tant est qu’on ait envie de s’identifier à l’un ou l’autre des protagonistes, englués dans de sérieux problèmes...
On ne peut pas dire que c’est un mauvais film, loin de là. Les interprètes font de leur mieux pour coller au discours peut-être un peu pompeux, en dépit des milieux sociaux choisis, inspirant la simplicité, que la mise en scène ne reflète pas vraiment.
Les acteurs sont raides et manquent un peu de naturel, on les sent pris au piège d’une direction rigide, peut-être due à la rigueur toute particulière de l’hiver au coeur duquel a eu lieu le tournage. Quoiqu’il en soit, les destinées, ordinaires, qui se croisent, sont traitées, comme le souligne Salim Kechiouche, chacune à la manière d’un court métrage pour s’agréger et finir par former le long métrage attendu. C’est peut-être là que le bât blesse... ce genre est assez dangereux. Et mérite peut-être plus de fantaisie dans les destins, qui se percutent à la fin.
Fara Sena évoque parmi ses sources d’inspiration Collision de Paul Haggis et Amours Chiennes d’Iñarritu, et revendique son goût pour les films chorale où s’imbriquent plusieurs histoires. L’exercice est périlleux. Et le danger c’est que le public n’entre pas dans le jeu.
J’avoue, pour ma part avoir eu bien du mal. A vrai dire, je suis restée dehors. Dans l’observation. Comme à regarder un reportage de télé-vérité où l’on suit des personnes dans leur morne quotidien, à peine fictif... loin de l’exotisme de Mexico ou de Los Angeles, qui ont sans doute contribué au succès des oeuvres de ses prédécesseurs. Là je rejoins Sena, c’est du lourd.
Je ne remets pas en cause le décor, le climat, on est ici dans une approche différente. Le sombre est une voie intéressante. Il s’agit typiquement du genre de film dont l’atmosphère capte ou non l’attention du public. Gageons qu’il adhèrera, en grande partie.
C’est question de goût. A vous de voir.
SYNOPSIS
Un policier au bout du rouleau, François.
Une fille adoptive mal dans sa peau, Ester.
Un provincial qui rêve de visiter le monde, Christian.
Un garagiste qui rêve de fuir sa cité par tous les moyens, Mohamed.
Et une SDF.
Ils ne se connaissent pas, pourtant, en 24 heures, leurs destins vont se croiser, transformant leur existence douloureuse en un chemin vierge où tout reste à construire...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 24
– Titre original : Etre
– Date de sortie : 10 juin 2015
– Réalisateur, Scénariste : Fara Sene
– Interprètes : Bruno Solo, Salim Kechiouche, Benjamin Ramon
– Photographie : Federico d’Ambrosio
– Montage : Véronique Lange
– Musique : François Petit
– Costumes : Lily Beca
– Décors : Damien Hamon
– Producteur : Cinétévé, France 3 Cinéma, Les Films du Carré, Artémis Productions
– Distributeur : Cinétévé
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