Notre enfance à Tbilissi : La critique
Notre enfance à Tbilissi n’est pas simplement l’histoire de deux frères dans un lieu et un temps compliqués, c’est également une histoire de résistance et de résilience. " Face à la guerre, au crime organisé, au racket et aux exécutions sommaires, les habitants du quartier où vivent Datuna et Giorgi s’entraident et espèrent un futur meilleur. Thierry et moi, nous souhaitions examiner comment les événements qui ont bousculé l’histoire de mon pays ont affecté les vies de certaines personnes et les membres d’une communauté, mais en privilégiant le parcours émotionnel des personnages plutôt que la pure chronique politique." évoque Téona Grenade.
Un film très personnel sur le fond, pour le couple de réalisateurs et le scénariste, qui se sont inspirés de faits réels et de leurs proches pour dessiner ce triste épisode de l’Histoire de la Géorgie. Qui leur a pris du temps et a demandé pas mal de recul : " L’écriture a pris presque deux ans.
Le plus difficile, c’était d’éviter la retranscription historique et de ne pas tomber dans les schémas convenus des films de gangsters. On voulait que le spectateur ressente d’abord cette histoire avant d’y réfléchir. Que ce qui était suggéré entre les plans soit plus fort que les événements qui traversent le récit. "
De facture classique, voire un peu académique sur la forme, plutôt agréable à l’oeil du cinéphile, parce que faits par des cinéphiles, dont les influences qui patinent le film d’une ambiance tout à fait raccord avec les années 90, se retrouvent ici et là, au fil de la projection.
"J’ai grandi dans l’ex-URSS où l’accès au cinéma mondial a longtemps été limité aux grands classiques du cinéma : Bergman, Rossellini,Fellini, Bresson, Kurosawa. C’est ce cinéma-là qui m’a influencé et donné envie d’en faire. J’ai découvert ensuite Angelopoulos, Tarkovski, Paradjanov..." livre Teona, tandis que Thierry a apporté une vision plus occidentale au projet : "J’ai eu la chance de grandir à Paris, la ville qui projette chaque semaine le plus grand nombre de films sur grand écran. La découverte de Truffaut est peut-être celle qui m’a le plus marqué, mais il y a eu aussi Kubrick, Kurosawa, Costa-Gavras, Scorsese..."
Teona et Thierry Grenade se sont rencontrés sur le tournage d’un court
métrage il y a dix ans et, depuis, ont travaillé ensemble sur de nombreux
projets avant de se lancer ensemble dans leur premier long métrage.
Un travail léché, prometteur. Un très bon premier film.
SYNOPSIS
Tbilissi, Géorgie, début des années 90. Giorgi, 17 ans, fasciné par Tony Montana et Vito Corleone, vit aux côtés de sa mère Maia et de son petit frère, Datuna, pianiste prodige. Alors que peu à peu la ville, en proie au marché noir, s’embrase, Giorgi, devenu l’un des caïds du quartier, tente d’aider Datuna à accomplir son rêve de musicien tout en essayant de le protéger.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h 34
– Titre original : Dzma
– Date de sortie : 10 décembre 2014
– Réalisateurs : Téona Grenade, Thierry Grenade
– Scénaristes : Teona Grenade, David Chubinishvili
– Interprètes : Irakli Basil Ramishvili, Zuka Tsirekidze, Natasha Shengelaia, Kahi Kavsadze, Elena Glurjidze
– Photographie : Julie Grunebaum
– Montage : Pauline Rebière
– Son : Thomas Fourel
– Costumes : Ketevan Phalavandishvili
– Producteur : Marie-Pierre Macia, Juliette Lepoutre (MPM Film, France)
– Distributeur : Zootrope Films
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