La vie d’Adèle : La critique

Date : 30 / 05 / 2013 à 20h10
Sources :

Source : Unification-France


SYNOPSIS



A 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...


NOTRE AVIS

Pas assez. C’est peut-être ce qu’on se dit à la fin de la projection de La vie d’Adèle, le dernier film d’Abdellatif Kechiche et surtout nouveau palmé de Cannes. Car oui, si le film s’étale sur trois heures et qu’il s’évertue à nous présenter l’évolution d’une jeune femme de ses années de lycée à ses débuts dans la vie active, on serait quand même tenté d’en redemander.

Nul besoin de revenir sur l’histoire dont vous avez sans doute entendu mille et une variantes ces derniers jours, on se contentera de dire que La vie d’Adèle est une histoire d’amour. Un amour que l’on suit par le prisme d’Adèle, jeune lycéenne ébouriffée qui ne sait pas encore ce qu’elle veut, ce qu’elle aime. Trainant avec un groupe de camarades aussi superficielles que peu tolérantes, Adèle semble éprise de doutes et bloquée par des barrières que commencent à instaurer ce même groupe de camarades. Mais gare cependant à voir dans ce film la caricature d’un monde qui a encore aujourd’hui du mal à accepter certains droits aux homosexuels, ce qui fait le sel de La vie d’Adèle est son universalité.

Même si Adèle fréquente des "amies" à la limite de l’homophobie (rapidement éclipsées dans le récit), cette tendance n’est pas généralisée dans son entourage. En effet, Adèle croise aussi souvent cette élève décomplexée (jouée par Alma Jodorowsky) qui aime jouer un jeu de flirt avec elle ou bien cet autre camarade bien sous tous rapports (Jérémie Laheurte) en plein béguin pour elle. A vrai dire, tout au long du film, Adèle traverse le monde, elle fait la rencontre d’une multitude de figures de caractères et de milieux diamétralement opposés. Évidemment, celle qui ressort de cette foule de personnages est cette fille aux cheveux bleus, qui accaparera l’attention d’Adèle pendant une très grosse partie du film. Mais il n’en reste pas moins que l’héroïne évolue dans un monde que son réalisateur a voulu sans parti pris. Si Adèle a voulu concentrer son attention sur Emma, c’est parce qu’elle l’a voulu, pas parce que le réalisateur a posé tous les pions dans son film pour qu’elle se découvre lesbienne. En introduisant le personnage de Jérémie Laheurte, intelligent, charmant et sans aucun défaut apparent, Kechiche donne à Adèle son libre-arbitre. Le réalisateur casse les préjugés en lui donnant la possibilité de tourner le dos à l’homme idéal. Adèle avait le choix, elle a fait son choix. Point barre.

On suit donc la vie en couple d’Adèle et de cette fameuse Emma. Ce segment dans La vie d’Adèle est bien sûr le plus important du film, c’est de là que vont découler la plupart des scènes les plus captivantes du film. Il faut dire que l’alchimie entre les deux actrices, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux est telle que l’on ne peut que rester accrocher à son fauteuil jusqu’au bout attendant de voir comment va évoluer leur histoire. Le choix des deux actrices est d’ailleurs cohérent avec le parti pris de départ du réalisateur à vouloir réaliser le film d’une simple histoire d’amour sans artifice. Les deux interprètes regorgent en effet de spontanéité donnant un naturel parfait aux différents états d’âme du couple.

Le film est de ce fait une réussite, une Palme d’Or évidente et surtout un classique instantané. A sortir le 9 octobre prochain, ce sera très certainement le film à ne pas rater de la rentrée.

BANDE ANNONCE




FICHE TECHNIQUE




– Durée du film : 2 h 55
– Titre original : La vie d’Adèle
– Date de sortie : 9 otobre 2013
– Réalisateur : Abdellatif Kechiche
– Scénariste : Julie Maroh
– Interprètes : Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Salim Kechiouche, Mona Walravens, Jérémie Laheurte
– Directeur photo : Sofian El Fani
– Maquillage : Linda Boykin-Williams
– Costumes : Paloma Garcia Mertens
– Producteur : Olivier Thery Lapiney, Abdellatif Kechiche, Vincent Maraval, Laurence Clerc, Brahim Chioua
– Distributeur : Wild Bunch Distribution

LIENS



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