
Le mur invisible : la critique
SYNOPSIS
Une femme se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s’être pétrifiée durant la nuit. Tel un moderne Robinson, elle organise sa survie en compagnie de quelques animaux familiers et s’engage dans une aventure humaine bouleversante.
NOTRE AVIS
Le propos se veut fantastique et introspectif. On est pile dans le ton. Mais le risque était grand de se faire piéger. Et finalement, à l’instar de la pauvre héroïne, on tourne vite en rond.
Premier long métrage de Pölsler, réalisateur à la télévision qui a mis en scène aussi des opéras, Le Mur Invisible est l’adaptation du roman de Marlen Haushofer, qui représente beaucoup à ses yeux : « Je crois que chacun de nous a un livre-frère comme il a une âme sœur. Mon livre-frère est Le Mur invisible. » explique-t-il, « Ce roman occupe une place très particulière dans ma vie. Je l’ai lu une première fois il y a 25 ans et depuis, il me colle à la peau ».
Et depuis, le projet est resté une obsession latente : « J’ai dû prendre mon mal en patience pendant près de vingt ans parce que les droits étaient déjà pris, et c’est seulement en 2003 que j’ai pu les acquérir. Je crois que j’étais prédestiné à faire ce film : il fallait que ce soit moi qui le fasse ».
Devant une telle détermination, il n’y avait pas d’échappatoire, mais "se faire enfermer dehors" n’est pas si simple. Et la solitude du personnage principal, partagée par des animaux a été difficile à tourner. Évidemment, on est dans un univers où les dialogues sont exclus, et de fait la narration est le fil conducteur qui attache encore la jeune femme à son humanité.
La performance de Martina Gedeck est à saluer : « J’ai vécu pendant le tournage dans un chalet isolé et peu équipé, pour me rapprocher le plus possible de la situation du personnage. On pourrait peut-être dire qu’elle se situe dans un endroit entre vie et mort, où elle doit faire front avec ses forces primitives – et ses animaux. Cette situation et l’état d’esprit de cette femme, ce ne sont pas des choses que l’on peut jouer, il faut les vivre », raconte la comédienne, qui s’est impliquée avec force.
De fait, le film vaut par cette performance dans un cadre magnifique. Le chien joue très bien lui aussi.
Mais tout ça est tout de même un peu long à mon goût. Si je me vois bien dans la réalité apprécier de longues heures, voire des jours entiers de solitude dans la montagne, à contempler et à écrire, voir à l’écran cette expérience défiler ainsi, au rythme mélancolique de l’écriture d’un journal de bord sur un support improvisé, ne m’a séduite qu’à moitié.
Pourtant, je comprends bien le sentiment de Julian Roman Pölsler, le roman doit être fascinant à lire. Mais si obsédant puisse-t-il avoir été pour le réalisateur, j’ai peur qu’il peine à faire l’unanimité dans les salles.
Pour les amateurs du genre.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 48
– Date de sortie : 13 mars 2013
– Titre original : Die Wand
– Réalisateur : Julian Roman Pölsler
– Scénariste : Julian Roman Pölsler
D’après l’oeuvre de Marlen Haushofer
– Acteurs : Martina Gedeck, Wolfgang Maria Bauer, Karlheinz Hackl
– Directeur photo : Helmut Pirnat
– Costumes : Ingrid Leibezeder
– Création sonore : Uve Haussig
– Producteur : Coop99 Filmproduktion
– Distributeur : Bodega Films
LIENS
– Lien vers site officiel du film
– Lien vers fiche allociné.fr
– Lien vers fiche imdb.fr
PORTFOLIO
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