
L’homme qui rit : La critique
SYNOPSIS
En pleine tourmente hivernale, Ursus, un forain haut en couleurs, recueille dans sa roulotte deux orphelins perdus dans la tempête : Gwynplaine, un jeune garçon marqué au visage par une cicatrice qui lui donne en permanence une sorte de rire, et Déa, une fillette aveugle.
Quelques années plus tard, ils sillonnent ensemble les routes et donnent un spectacle dont Gwynplaine, devenu adulte, est la vedette. Partout on veut voir "L’Homme qui rit", il fait rire et émeut les foules. Ce succès ouvre au jeune homme les portes de la célébrité et de la richesse et l’éloigne des deux seuls êtres qui l’aient toujours aimé pour ce qu’il est : Déa et Ursus.
NOTRE AVIS
JP Améris s’est exprimé ainsi : « Enfant j’avais été impressionné par la série réalisée en 1971 par Jean Kerchbron pour l’ORTF. Puis j’ai lu et relu le livre. C’est à la fois un roman philosophique sur la monstruosité et un livre politique dans lequel Hugo s’intéresse une nouvelle fois au sort que les riches réservent aux pauvres. Au milieu du livre il y a cette longue tirade que le héros Gwynplaine adresse à la chambre des Lords et que l’on a gardée pratiquement in-extenso dans le film : "Silence, pairs d’Angleterre ! Juges, écoutez la plaidoirie. Si vous saviez en bas ce que j’ai vu... le genre humain est au cachot" ».
J’ai moi même été dans mon enfance très impressionnée par la série de l’ORTF, qui a marqué les esprits et n’a pourtant jamais été rediffusée me semble-t-il.
Peut-être un peu plus fidèle, quoi que très personnelle, au roman qui a inspiré assez peu d’adaptations (un ou deux films au plus) cette série, en noir et blanc, avait quelque chose de "flippant"...
Ameris s’est lancé dans une adaptation plus large, évacuant le contexte historique choisi par Hugo pour se permettre de rendre le propos plus intemporel : « ... je ne voulais pas qu’il soit situé de manière précise dans un temps ou dans un lieu . Je voulais faire un film de genre entre le fantastique et le mélodrame, un conte qui commence par "Il était une fois..." »
Et de fait, plus actuel dans sa facture "à la Tim Burton" (parfaitement assumée, JP Améris se déclare fan de cet univers), l’adaptation recèle un message qui défie les époques. A cela de déprimant qu’il fustige encore le clivage, toujours plus intolérable, entre riches et pauvres.
Eh oui... pas grand chose de mieux à cet égard...
La difficulté de s’accepter soi-même et se faire accepter. Trouver sa place dans un monde fait d’apparences et de grande violence, voilà qui fait douloureusement écho à la fois à la crise économique actuelle et au discours philosophique d’Hugo.
C’est avec talent que toute l’équipe, comédiens, techniciens et réalisateur, sert l’histoire, qui garde tout son aspect mystérieux et assez effrayant, par moments.
Un très bon film. Troublant à souhait.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h 33
– Date de sortie : 26 décembre 2012
– Titre original : L’Homme qui rit
– Réalisateur : Jean-Pierre Améris
– Scénaristes : Jean-Pierre Améris, Guillaume Laurant
D’après l’oeuvre de : Victor Hugo
– Acteurs : Gérard Depardieu, Marc-André Grondin, Emmanuelle Seigner
– Directeur photo : Gérard Simon
– Décors : Franck Schwarz
– Costumes : Olivier Beriot
– Musique : Stéphane Moucha
– Producteur : EuropaCorp, Incognita Films
– Distributeur : EuropaCorp Distribution
LIENS
– Lien vers site officiel du film
– Lien vers fiche allociné.fr
– Lien vers fiche imdb.fr
PORTFOLIO
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