
Two Gates of Sleep : La critique
Date de sortie cinéma : 14 décembre 2011
Titre original : Two Gates of Sleep
LE FILM
Synopsis :
A la frontière entre la Louisiane et le Mississippi, deux frères entreprennent une expédition pour honorer la dernière volonté de leur mère.
Note de l’auteur :
« Ce qui m’importe le plus en ce qui concerne l’art et le cinéma est de concevoir un ensemble, une expérience passionnante et expressionniste pour le spectateur, une réaction viscérale. … je me suis d’avantage tourné vers la création d’un conte parlant de régénération et de transcendantalisme, de la terre et de l’esprit : fugacité du corps, consommation, béatitude. … j’ai renoncé à la structure logique d’une histoire dramatique pour privilégier la tension émotionnelle et l’atmosphère. »
Ce qu’on en pense :
Exactement. Et ça, ça passe ou ça casse.
Sélectionné dans les plus grands Festivals du genre, de Cannes - la Quinzaine des Réalisateurs (en compétition pour la Caméra d’Or)- à Sao Paulo, Tokyo, ou Deauville et encensé par la critique, cette œuvre définitivement vouée à parler aux sens, « Visuellement extatique », comme le dit Jordan Mintzer de Variety- va sans doute plaire aux cinéphiles avertis.
Un magnifique exercice de style à réserver aux cinémathèques.
Je crains plus de réticence du côté du grand public qui aura peut-être plus de mal à entrer dans l’univers discordant et magnifique d’Alistair … Personnellement, « c’est pas ma came » … et si je conçois aisément qu’on puisse faire un tel film en temps de crise, je doute qu’il soit bien reçu par des spectateurs déjà déprimés.
Un peu perdue, moi-même, j’ai versé dans un premier temps vers un sommeil latent … pour finalement me sentir agressée par ce concert avant-avant-gardiste et tonitruant de sensations diverses, projetées tous azimuts et sans respect pour les tympans.
Les sons naturels poussés jusqu’à la saturation et la musique dissonante rappelant les « mélodies expérimentales des années soixante-dix » inscrivent délibérément l’ensemble dans une sorte de nouvelle « nouvelle vague », qui n’en finit pas de venir se briser sur les rochers du consumérisme cinématographique de ce début du vingt-et-unième siècle.
Dieu sait pourtant que j’aime à me balader dans la nature pour écouter le vent jouer avec les feuilles des arbres, ou le chant de la voie ferrée étrillée par le plat aux roues d’une loco hors d’âge- sincèrement, je suis cheminote …
Les propriétaires de salles plus enclins à présenter des blockbusters que des films indépendants à leur audience, laissent ce genre aux festivals, donc.
Et pourtant … je suis la première à faire l’apologie voire la promotion du cinéma indépendant … pourvu qu’il se montre un peu moins hermétique. De l’indépendance à l’égoïsme, il y a un pas, si facile de franchir. Et si l’on n’y prend garde, jusqu’à l’égocentrisme qui fait oublier au meilleur des cinéastes, que le cinéma, à l’origine, ça se partage.
Evidemment, on ne peut pas plaire à tout le monde. Et le cas d’Alistair Banks Griffin est loin d’être désespéré, loué qu’il est par les plus éminents critiques … Pour autant, je sors de cette projection frustrée. J’ai assisté à une magnifique présentation. Les images sont époustouflantes. Je salue le travail de photographie et Jody Lee Lipes qui mérite tous les éloges.
Mais, je n’ai à aucun moment senti la moindre générosité dans le travail du réalisateur, qui s’est « tout gardé pour lui ». Hyper présent. Forçant sur tout. Et surtout, sur le jeu des acteurs. Sur lequel je sens peser la volonté de l’auteur aussi bien esthétique que directionnelle. Il a du caractère le garçon !
Une œuvre personnelle, ça oui. Très personnelle. Trop à mon goût, moi qui admire rien moins que l’humilité des grands « faiseurs de films », raconteurs d’histoires.
Ici, le film est « déconstruit » à dessein, j’entends bien. Tant, qu’on y adhère comme on regarde une œuvre baroque, dans un musée d’art moderne. Faudrait un mode d’emploi.
Je supplie Allistair de pardonner mon ignorance, il est probablement très doué. Mais il ne m’a rien offert. Et je n’ai pas la force d’aller chercher son art. Reste qu’en me bouchant les oreilles, j’ai adoré les images. Cette partie de l’Amérique est définitivement magique.
LA FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h18
– Réalisateur : Alistair Banks Griffin
– Scénariste : Alistair Banks Griffin
– Acteurs : Brady Corbet, David Call et Karen Young
– Directeur photo : Jody Lee Lipes
– Décors : Kris Moran
– Costumes : Lisa Hennessy
– Musique : Saunder Jurriaans
– Producteur : Andrew F. Renzi et Josh Mond pour BorderLine Films
– Distributeur : Damned Distribution
– Presse : Miam
ON EN PARLE
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