Lanterns : Analyse critique 1.01
Après Superman et Supergirl, le DCU de James Gunn et Peter Safran poursuit son développement avec Lanterns, sans doute l’un de ses projets les plus atypiques.
Car malgré les anneaux, les pouvoirs cosmiques et toute la mythologie Green Lantern en arrière-plan, ce premier épisode ressemble finalement beaucoup plus à un polar noir teinté de science-fiction qu’à une série de super-héros traditionnelle.
Et c’est probablement sa principale qualité.
Un polar avant d’être une série de super-héros
La comparaison avec True Detective avait largement accompagné la promotion de la série, et ce premier épisode confirme clairement cette orientation.
Hal Jordan et John Stewart se retrouvent associés autour d’une enquête menée dans une petite ville américaine, tandis que la dimension extraterrestre reste encore relativement discrète.
Les pouvoirs sont présents, mais ils ne prennent jamais le contrôle du récit. La série préfère installer une ambiance, des suspects, des tensions locales et surtout un mystère suffisamment intrigant pour donner envie d’aller plus loin.
Cette retenue fonctionne particulièrement bien. Lanterns ne donne pas l’impression d’être une production DC qui essaie artificiellement de ressembler à une série HBO. Pour le moment, c’est plutôt l’inverse : une série HBO dans laquelle des personnages de comics viennent progressivement s’inviter.
Hal Jordan et John Stewart : une opposition efficace
L’autre grande force de ce pilote repose évidemment sur son duo principal.
Kyle Chandler incarne un Hal Jordan fatigué, désabusé et volontiers provocateur, presque construit comme le vieux flic d’un polar noir. Face à lui, Aaron Pierre campe un John Stewart beaucoup plus jeune, discipliné, méthodique et presque trop parfait.
Cette opposition fonctionne bien grâce au charisme des deux acteurs, mais elle représente aussi le principal risque de la série.
Pour installer rapidement leur dynamique, Lanterns pousse parfois ses personnages assez loin dans leurs archétypes : le vétéran cassé face au jeune prodige exemplaire.
Tout l’enjeu sera donc de voir si les épisodes suivants sauront dépasser ces premières caricatures.
Une série qui préfère poser des questions
Le premier épisode commence également à développer une idée intéressante autour de la peur et du courage.
Être un héros signifie-t-il ne jamais avoir peur ? Ou simplement être capable d’agir malgré elle ?
Une question assez classique, mais particulièrement pertinente dans l’univers des Green Lantern, où la volonté occupe une place essentielle.
Cette notion pourrait surtout permettre d’enrichir progressivement les deux personnages principaux : Hal semble avoir tout perdu ou presque, tandis que John apparaît encore comme quelqu’un qui pense pouvoir tout contrôler.
Pour le moment, difficile de savoir jusqu’où la série ira dans cette direction. Mais ce premier épisode possède au moins le mérite de poser suffisamment de pistes pour donner envie de revenir.
Au final, Lanterns démarre plutôt bien.
Le mélange entre enquête policière et mythologie super-héroïque fonctionne, Kyle Chandler et Aaron Pierre forment déjà un duo efficace et la série évite pour l’instant de tomber dans la surenchère visuelle.
Quelques clichés dans la caractérisation invitent encore à la prudence, mais ce premier épisode possède surtout une vraie identité. Et dans un univers partagé, c’est déjà beaucoup.
Dans ma vidéo, je reviens beaucoup plus en détail sur les personnages, les indices disséminés dans ce premier épisode et les nombreuses théories qu’il ouvre pour la suite de la saison. Une analyse complète avec spoilers pour tenter de comprendre ce que Lanterns prépare réellement derrière son apparence de simple polar.
















