Kwaïdan : La critique
KWAÏDAN
– Date de sortie : 01/07/2026
– Titre original : Kwaïdan
– Durée du film : 3 h 03
– Réalisateur : Masaki Kobayashi
– Scénariste : Yôko Mizuki d’après l’œuvre de Lafcadio Hearn
– Interprètes : Michiyo Aratama, Misako Watanabe, Rentarô Mikuni, Tatsuya Nakadai, Keiko Kishi, Katsuo Nakamura, Osamu Takizawa, Haruko Sugimura, Ganjirô Nakamura, Kei Sato
LA CRITIQUE
Kwaïdan est un excellent film composé de quatre histoires de fantômes durant chacune environ 40 minutes.
Le scénario de Yôko Mizuki s’appuie sur le livre de Lafcadio Hearn s’inspirant des légendes et du folklore japonais. On découvre ainsi, tout d’abord, un samouraï qui, des années après avoir abandonné sa femme, est obsédé par cette dernière, un jeune homme qui croise le chemin d’une étrange femme en pleine tempête de neige, un musicien qui réveille les morts d’une terrible bataille et un homme qui trouve un étrange individu dans sa tasse de thé.
Le film de Masaki Kobayashi est parti particulièrement spectaculaire. Il a entièrement été tourné en studio et les reconstitutions, notamment grâce au magnifique travail fait sur les décors par Dai Arakawa et sur les costumes par Masahiro Katô, force l’admiration.
Les environnements sont très variés en fonction des histoires et on se retrouve aussi bien devant une maison tombant en ruine, qu’au milieu d’un paysage spectaculaire recouvert de neige, en plein cœur d’une bataille navale ou dans une maison riche.
La photographie de Yoshio Miyajima est d’ailleurs magnifique et elle capte parfaitement les tableaux incroyables composant les arrière-plans somptueux des différentes séquences. Car l’un des points forts du film sont bien ces tableaux gigantesques qui offrent aussi bien des couchers de soleil, que des paysages très sombres, une nature illimitée, ou des nuits inquiétantes.
On peut même se demander régulièrement comment ces derniers ont été déployés et la manière dont, parfois, ils semblent s’animer pour rendre les aventures des différents protagonistes encore plus étranges, troublantes et angoissantes.
La composition de Tôru Takemitsu participe aussi beaucoup au malaise qui plane sur les différents récits. Alors que le travail effectué sur les différents sons que l’on entend fonctionne parfaitement. Un mélange d’instruments est aussi à attendre dans la musique proposée, tandis que le théâtre No s’invite parfois dans la récitation de certaines séquences.
Une voix off vient aussi commenter ce qu’il se passe, apportant à la fois une distance avec les événements qui sont narrés, et renforçant l’attachement que l’on peut avoir vis-à-vis d’un protagoniste se retrouvant en mauvaise posture.
Car si certains méritent leur sort, d’autres sont parfois des victimes malheureuses ou des individus qui se sont trouvées au mauvais endroit, au mauvais moment.
L’interprétation est collégialement très bonne et offre des protagonistes variés qui sont fascinants à découvrir. Sans compter que le comportement de certains renforcent parfois le malaise que l’on ressent. Et, même si on devine la non-humanité de quelques individus, ils n’en restent pas moins particulièrement marquants, voire touchants.
La restauration est absolument magnifique et l’œuvre à une puissance crépusculaire et poétique qui reste longtemps en mémoire. Ce n’est donc pas surprenant de savoir qu’il a eu un impact majeur sur la création ultérieur de la J-Horror, et sur la représentation des histoires de fantômes, la signification du mot Kwaïdan.
Kwaïdan est un excellent film d’horreur qui offre quatre histoires pas toujours complètement sombres qui sont aussi des réflexions sur le sens de la vie et sur la manière de se comporter. Ses récits variés sont associés à une réalisation grandiose portée par de très bons comédiens. Quant au visuel, il est incroyable et mérite assurément de voir, et revoir, cette œuvre qui n’a pas pris une ride.
Impressionnant et spectaculaire.
SYNOPSIS
Quatre histoires de fantômes issues du folklore japonais.
Les Cheveux noirs : Un samouraï choisit d’abandonner sa femme pour fuir la pauvreté et épouse la fille d’un riche gouverneur. Hanté par le souvenir de son premier amour, il finit par retourner sur ses pas...
La Femme des neiges : Pris dans une tempête de neige, deux bûcherons trouvent refuge dans une cabane. Le plus jeune voit son compagnon mourir sous le souffle glacial d’une mystérieuse femme, qui fait promettre au survivant de ne jamais révéler cette histoire à quiconque...
Histoire de Hoichi sans oreilles : Un jeune aveugle du nom de Hoichi est recueilli par des moines près de la baie de Dan-no-ura, théâtre d’une sanglante bataille qui opposa jadis les clans Heike et Genji. Par son chant, Hoichi va réveiller les fantômes des vaincus...
Un bol de thé : Un samouraï voit apparaître le visage d’un homme au fond de son bol de thé. Agacé, il chasse au plus vite cette vision qui semble le narguer. Bientôt, l’homme fait son apparition en chair et en os...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Yoshio Miyajima
– Montage : Hisashi Sagara
– Musique : Tôru Takemitsu
– Costumes : Masahiro Katô
– Décors : Dai Arakawa
– Producteur : Shigeru Wakatsuki pour Ninjin Club
– Distributeur : Carlotta Films Distribution
LIENS
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