War Requiem : La critique
WAR REQUIEM
– Date de sortie : 17/06/2026
– Titre original : War Requiem
– Durée du film : 1 h 29
– Réalisateur : Derek Jarman
– Scénariste : Wilfred Owen d’après l’œuvre de Wilfred Owen
– Interprètes : Tilda Swinton, Claire Davenport, Antony Gabriel, Alex Jennings, Kim Kindersley, Spencer Leigh, David Meyer, Linda Spurrier, Richard Stirling
LA CRITIQUE
War Requiem est une expérience vraiment étonnante avec cette mise en image de l’oratorio de Benjamin Britten inspiré du poème d’un jeune soldat mort pendant la Première Guerre mondiale.
Le scénario de Wilfred Owen est très antimilitariste et démontre à la fois la dérision et la multiplicité de guerres qui ne mènent qu’à accumuler encore plus de morts de jeunes gens.
La démonstration de Derek Jarman est d’autant plus forte qu’il utilise des images d’archives, parfois glaçantes, et déploie tout le long de son film un argumentaire visuel d’une grande force se reposant sur les paroles du soliste qui sont traduites pour appuyer encore plus cette démonstration glaçante de l’impact d’une guerre sur les personnes concernées. Une vision peu glamour et fantasmée de combattants se battant pour leur pays, et pour l’honneur.
La mise en scène, brillante et inspirée, intègre aussi des passages filmés donnant l’occasion de se replonger dans les souvenirs d’un vieux soldat, à l’orée de sa mort, se remémorant les traumatismes qu’il a vécu dans sa jeunesse.
Ainsi, d’un côté, on a un fil rouge incarné par un jeune soldat confronté à la violence et à la mort, à l’attente et à une longue descente en enfer. Une thématique qui est fort bien personnalisée dans le poème que l’on découvre au début du long métrage et qui est transposé dans les paroles puissantes d’un soliste contant une plongée intense et perturbante au cœur du royaume d’Hadès. Et de l’autre, une infirmière représentant à la fois celle qui aide les soldats dans leurs moments les plus difficiles, et une figure féminine qui leur permet de tenir face aux horreurs qu’ils rencontrent.
On découvre ainsi des passages extrêmement puissants, dont l’un intense où l’on voit Tilda Swinton, qui incarne aussi bien une infirmière que d’autres personnages féminins, filmée de près pendant une séquence très forte agrémentée d’une musique aux envolées lyriques.
Tandis que celui de la mort d’un soldat, centrale dans la narration, possède une force très grande et va droit au cœur. D’autant que des réminiscences de celle-ci ressurgissent jusqu’à un final laissant un grand trou dans le cœur et occasionnant une pensée pour tous les individus tombés dans des guerres ou ils n’étaient que des simples pions, oubliés par une Histoire ne s’intéressant pas aux récits individuels de figurants morts dans l’anonymat.
Certaines scènes proposent des superpositions d’images frappantes et des séquences très bien choisis. Alors que la dernière partie du long métrage propose une ode à tous ceux tombés sur les champs d’affrontements « humanicides » entres différents pays.
Les différents comédiens sont très investis dans leurs rôles muets. Ainsi, l’on voit ces derniers évoluer dans leurs occupations, souffrir et espérer un avenir meilleur. Tandis que Tilda Swinton illumine l’écran de sa présence et propose une multitude de femmes généreuses et bienveillantes confrontées, elles aussi, aux horreurs de la guerre et aux départs, parfois sans retour, de ceux qu’elles aiment.
On se retrouve donc devant un véritable pamphlet d’une grande virulence, sans aucune compromission, montrant l’inanité des guerres et l’impact de ces dernières sur des individus qui ne pourront jamais oublier ce qu’ils ont vécu. Des situations d’une grande violence et la disparition de compagnons de mésaventure qui les hantent jusqu’à leur dernier souffle.
War Requiem est un très bon film qui est intemporel dans son traitement et dans sa démonstration et qui est une expérience cinématographique sortant de l’ordinaire. La musique magnifique, opposée aux paroles terribles qui sont chantées et aux images marquantes que l’on découvre créent, à la fois, un environnement sonore et visuel extrêmement fascinant et envoûtant qui restent longtemps en mémoire. Il ne faut donc pas hésiter à découvrir sur grand écran cette œuvre engagée qui est inédite en salle et qui reste, malheureusement, toujours d’une grande actualité.
Étonnant et marquant.
SYNOPSIS
Réflexion sur les horreurs de la guerre, celles de la Première Guerre mondiale en particulier, ce film expérimental mêle images d’archives, visions cauchemardesques et réminiscences d’un ancien soldat, dernière apparition de Laurence Olivier à l’écran.
Ce film fait partie d’une rétrospective Derek Jarman en 5 films avec Sebastiane, Jubilee, La Tempête et The Last of England.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Richard Greatrex
– Montage : Rick Elgood
– Musique : Benjamin Britten
– Costumes : Linda Alderson
– Décors : Kevin Rowe Assistant
– Producteur : Don Boyd pour Anglo International Films
– Distributeur : Malavida Films
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