Allah n’est pas obligé : La critique

ALLAH N’EST PAS OBLIGÉ
Date de sortie : 04/03/2026
Titre original : Allah n’est pas obligé
Durée du film : 1 h 23
Réalisateur : Zaven Najjar
Scénaristes : Zaven Najjar, Karine Winczura d’après l’œuvre de Ahmadou Kourouma
Interprètes : SK07, Thomas Ngijol, Marc Zinga, Annabelle Lengronne
LA CRITIQUE
Allah n’est pas obligé est l’adaptation cinématographique du roman éponyme d’ Ahmadou Kourouma qui avait remporté le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens en 2000. Il retrace le parcours d’enfant-soldat du jeune Birahima.
Après la mort de sa mère en Côte d’Ivoire, le jeune garçon doit rejoindre sa tante au Liberia. Il est accompagné de Yacouba, marabout et escroc. Tous deux seront interceptés par une milice qu’ils ne tarderont pas à rejoindre pour avoir la vie sauve.
Le choix a été fait de présenter l’histoire au travers du regard du jeune garçon comme le roman qui est aussi à la première personne. Le film nous est donc conté par l’enfant-soldat. Les mots sont au cœur de l’histoire d’ailleurs un dictionnaire sera un important compagnon pour l’enfant.
Le sujet est rude pour un film d’animation mais le réalisateur va tirer parti de ce choix original. Les graphismes sont très bons tant au niveau des personnages que des décors ou des couleurs. L’animation sert le récit avec des effets portant les émotions.
Le film ne nous épargne pas les violences commises ou subies par ces enfants. Mais il n’hésite pas à montrer aussi une certaine euphorie malsaine à cette violence attisée par un attrait de l’argent et du pouvoir et portée par la consommation de différentes drogues.
Régulièrement, des scènes un peu plus anodines, viennent alléger le poids de la vision de cette enfance volée notamment des fourmis et des oiseaux menant leur vie.
Des références historiques et géographiques parsèment le récit. Celles-ci sont les bienvenues et éclairent les spectateurs sur le contexte du film.
Allah n’est pas obligé est un film poignant et réussi.

G
Allah n’est pas obligé est un film exceptionnel qui se focalise sur un enfant soldat et montre de près ses tribulations.
Le scénario du réalisateur Zaven Najjar et de Karine Winczura se base sur le livre éponyme d’Ahmadou Kourouma. On y découvre un jeune garçon qui, dans les années 90, doit aller retrouver sa tante au Liberia après le décès de sa mère. Il s’embarque alors avec un étrange tuteur dans un voyage qui ne cesse de réserver des surprises et qui va le pousser à devenir enfant soldat.
Le film de Zaven Najjar est très fort. Il montre sans complaisance la manière dont des jeunes gens ont été embringués dans des armées locales lors de la guerre qui a fait rage au Liberia et en Sierra Leone. On suit de près les deux personnages principaux, alors qu’ils tombent de charybde en Sylla, et se retrouvent régulièrement au milieu de conflits armés auxquels ils prennent part.
L’animation est magnifique. Elle en met plein les yeux et sa beauté visuelle renforce encore plus l’horreur qui se niche en son cœur. Cette dernière est d’ailleurs stylisée et esquissée, ce qui permet à un public plus jeune de ne pas y être confronté de plein fouet. Toutefois, les plus grands verront les références aux horreurs de la guerre, qui ne font aucun cadeau.
L’œuvre s’inspire d’une histoire vraie et revient sur de nombreux événements que l’on ne connaît pas forcément en France. Le réalisateur s’est d’ailleurs déplacé dans les différents lieux présentés dans le film pour y faire des repérages. Il y a aussi rencontré d’anciens enfants soldats et des militaires hauts placés, y compris des généraux, avec qui il s’est entretenu sur les événements de l’époque.
Cette documentation précise apporte un grand degré de réalisme à ce qui est montré. D’autant que l’humour parfois désespéré du jeune garçon renforce l’immersion que l’on a de se plonger dans ses aventures et de découvrir quelles nouvelles horreurs l’attendent au détour de son chemin.
La musique de Thibault Agyeman est magnifique. Quelques superbes chansons ponctuent l’œuvre et lui apporte une grande dimension. Celle du générique final est d’ailleurs de toute beauté.
Les décors sont extrêmement nombreux et très détaillés. Les couleurs sont vivaces et l’exubérance de la forêt et la présence d’une chouette, qui est un animal à l’apparition récurrente, n’édulcorent pas les exactions dont sont capables les humains.
D’ailleurs, il y a vraiment une dichotomie entre des séquences plus joyeuses, voire légères, et des passages extrêmement marquants et de temps en temps d’une grande violence, ce qui tranche beaucoup. Alors que quelques pointes d’onirisme viennent s’immiscer dans la trame narrative.
L’animation est un parfait support pour raconter des histoires vraies d’une certaine violence. Elle permet de manière plus aisée de reconstituer le passé ou des passages qui seraient compliqués à finaliser avec un budget réduit. Ces dernières années, on l’a d’ailleurs vu avec des œuvres remarquables aussi diverses que Funan, Interdit aux chiens et aux Italiens, Ma famille afghane, ou encore Jungle rouge, pour n’en citer que quelques-unes.
Et que l’on ne s’y trompe pas. Sous couvert de dessin, c’est un immense film qui se présente. Ainsi, si vous aimez ce type de programme, ne vous arrêtez pas sur la manière dont l’histoire est racontée. Vous oublierez bien vite qu’il s’agit d’un film d’animation.
D’autant que les personnages ont une grande personnalité à l’écran et ont des designs soignés. Ils sont d’ailleurs remarquablement interprétés en français par des doubleurs investis qui leur apportent une grande épaisseur.
Allah n’est pas obligé est un film remarquable à voir absolument. À travers l’histoire d’un pays en guerre, et des drames humains que cela entraîne, les tribulations de ce jeune enfant soldat pris au milieu du conflit est passionnante à suivre. L’animation merveilleuse et le grand soin porté au film en font vraiment une œuvre à côté de laquelle il ne faut pas passer.
Superbe et intense.

IA
SYNOPSIS
Birahima, orphelin guinéen d’une dizaine d’années, doit quitter son village pour tenter de passer la frontière et retrouver une tante qui se serait installée au Libéria. Le jeune garçon se met dans les pas de Yacouba, bonimenteur de grands chemins jouant les guides de substitution. Mais sur la route, la rencontre avec des enfants soldats fait basculer le destin de Birahima. Engagé involontaire, que lui réserve le sentier de la guerre ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
Photographie : Thomas Ngijol
Montage : Zaven Najjar, Flavio Perez
Musique : Thibault Agyeman
Producteurs : Adrien Chef, Paul Thiltges, Sebastien Onomo, Anne-Laure Guégan, Eric Idriss Kanango, Daniel Múgica, Nadine Mombo pour Special Touch Studio, Paul Thiltges Distributions, Need Productions
Distributeur : Bac Films Distribution
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