Sinisterra : La critique du tome 1

Date : 12 / 03 / 2026 à 08h00
Sources :

Unification


SINISTERRA
T1 - POUR UNE ÉTOILE OU DEUX

 Date de sortie : 18 février 2026
 Éditeur : Éditions Oxymore
 Scénario : Christophe BEC
 Dessin : Germano GIORGIANI
 ISBN : 978-2385611378
 Nombre de Pages : 52
 Prix : 16,50 euros

DESCRIPTION

Quand le désert s’embrase et que les colts parlent, un nom résonne dans la poussière : « Sinisterra ».

Angel Luis Sinisterra, Texas Ranger métis au passé trouble, arrive à El Paso pour prêter main-forte au shérif Barret. Ensemble, ils se lancent à la poursuite de Jésus Blanco, bandit charismatique qui vient d’enlever l’institutrice de la ville. Mais derrière l’autorité de Barret se cache un lourd secret, qui pourrait bien changer le sens de cette traque. Solitaire, partagé entre ses deux sangs – mexicain et américain –, Sinisterra avance dans un monde où la frontière entre justice et banditisme, loyauté et trahison, s’efface à chaque pas. Et dans le désert brûlant, il découvrira que le véritable danger n’est pas toujours celui qu’on croit.

LA CRITIQUE

1879, El Passo, Texas. Angel Luis Sinisterra, Texas Ranger métis au passé trouble, débarque à El Paso pour épauler le shérif Barret. Leur mission sera de remonter la piste de Jésus Blanco, bandit aussi charismatique que dangereux, responsable notamment de l’enlèvement de l’institutrice de la ville. Très vite, la traque se double d’une autre chasse, plus sourde, celle d’un secret qui colle à la peau du shérif et pourrait faire basculer le sens même de cette “mission de maintien de l’ordre”.

Dans Sinisterra – Tome 1 : Pour une étoile ou deux, Christophe Bec plante ses bottes dans un western âpre, aux frontières chargées de poudre et de non-dits. Ce premier tome fonctionne comme une mise à feu. Bec prend le parti d’un démarrage en apparence classique, un duo forcé, une zone frontalière instable, des “révolutionnaires” et des hors-la-loi, pour mieux installer une tension morale. Qui fait réellement la loi, et au nom de quoi ?

Ce qui accroche, c’est la manière dont l’album organise la suspicion. Sinisterra n’est pas présenté comme un héros propre sur lui, mais comme un homme déjà fêlé, déjà ambigu, qui avance dans la poussière avec ses propres comptes à régler. Sinisterra porte en lui cette frontière des deux côtés, ses origines mixtes l’empêchent de regarder la misère de haut et l’amènent, presque instinctivement, à se ranger près des opprimés, comme ces gamins envoyés à la mine, chair à canon d’un système qui les broie. En face, Barret n’a pas la transparence rassurante du représentant de l’ordre, il a quelque chose à cacher, et cette opacité donne au récit son vrai carburant. Résultat : la traque devient surtout une descente vers la vérité, avec cette sensation très “spaghetti” que la morale est un luxe de salon et que, sur le terrain, tout se paie.

Le dessin de Germano Giorgiani sert parfaitement le projet, des gueules marquées, une sécheresse dans les postures, et un sens du décor qui fait exister la frontière comme un personnage à part entière. L’album respire la chaleur, la distance, l’hostilité, pas besoin d’en faire des tonnes, une ruelle, un saloon, une étendue minérale, et on comprend que personne ne sort indemne de ce genre de territoire. La couleur de Sandrine Cordurié accentue ce côté “poussière et soleil dur”, en installant des ambiances qui soutiennent la tension plutôt que de joliment vernir l’ensemble.

ET FINALEMENT ?

Et finalement, avec ce tome 1, Sinisterra lance une série qui vise clairement le western de caractère. Une chasse à l’homme qui ressemble à une chasse au mensonge, des figures d’autorité douteuses, et un protagoniste dont l’identité même (métis, ranger, homme seul) devient un angle dramatique. Ce n’est pas un album qui “boucle”, il installe, il promet, et il le fait avec suffisamment de nerf et de mystère pour donner envie de voir jusqu’où Bec va pousser la logique de cette frontière pourrie. Si la suite densifie encore les enjeux et laisse davantage de place à l’imprévisible, on pourrait tenir une vraie bonne trilogie de poussière, de sang… et de comptes impayés. Et bonne nouvelle pour tous les fans c’est la troisième sortie de monsieur Bec ces jours-ci avec les très réussis Greenlander et Thorgal.


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